Quelques minutes après avoir livré une prestation d'anthologie pour éliminer Jannik Sinner en cinq sets, Novak Djokovic n'avait pas seulement le sourire du vainqueur.
Il avait le regard de celui qui vient de remettre l'église au milieu du village.
Interrogé sur son niveau de jeu surréaliste à presque 39 ans, le Serbe a profité de l'occasion pour régler ses comptes avec ses détracteurs.
Le message aux "Experts" : Merci pour la motivation !
Il y a deux jours, après un quart de finale chaotique contre Musetti, beaucoup pensaient que la fin était proche. Djokovic, lui, n'a jamais douté. Mieux, il s'est nourri de ces critiques.
« Je n'ai jamais cessé de croire en moi. Il y a beaucoup de gens qui doutent de moi et des experts qui veulent me mettre à la retraite.
Je tiens à les remercier parce qu'ils me donnent de la force, de la motivation pour leur prouver qu'ils ont tort. Pour moi, ce n'est pas une surprise, je sais de quoi je suis capable. »
McEnroe a-t-il raison ? Est-ce son meilleur match ?
John McEnroe lui-même a qualifié cette victoire de "meilleure performance" de la carrière du Serbe. Si Djokovic reste modeste, il admet que le contexte rend cette victoire unique face au double tenant du titre.
« Je n'oserais pas dire que c'est la meilleure de ma carrière, mais c'est certainement ma meilleure de ces dernières années », analyse-t-il froidement.
« Je me posais des questions, comme de savoir ce que je cherchais. Et je m'imaginais jouer contre Jannik et Carlos en finale... Je suis chanceux d'avoir atteint cet objectif dès le premier rendez-vous de l'année. »
Cap sur Alcaraz : "Biologiquement, il a l'avantage"
Désormais, une montagne l'attend dimanche : Carlos Alcaraz. Et le vieux renard des courts a déjà commencé son travail de sape psychologique, en jouant la carte de l'outsider vétéran face à la jeunesse fougueuse.
« Je pense que l'histoire est en jeu pour nous deux à chaque fois que nous nous affrontons... Il a 15 ou 16 ans de moins que moi. Biologiquement, je pense que ce sera un peu plus facile de récupérer pour lui. »
Mais ne vous y trompez pas. Djokovic est exactement là où il voulait être. Et pour lui, le travail est presque déjà fait dans la tête :
« Je penserai à cette finale plus tard parce que la victoire de ce soir équivaut presque à remporter un Grand Chelem. »
C'est la 11ème finale de Novak Djokovic à l'Open d'Australie. Il n'en a jamais perdu une seule une fois arrivé à ce stade (10 sur 10). Alcaraz est prévenu : dimanche, il affronte l'invincibilité.
