Seixas, 19 ans, 2e sur la Doyenne : « Ne pas brûler les étapes »
Seul homme capable de suivre Pogacar dans la Redoute, le prodige français Paul Seixas (Decathlon-CMA CGM) a craqué dans la Roche-aux-Faucons, mais signe la 2e place historique du 112e Liège-Bastogne-Liège.
Une performance qui s'inscrit déjà dans la grande histoire du cyclisme français. À 19 ans, Paul Seixas (Decathlon-CMA CGM) a terminé deuxième de Liège-Bastogne-Liège 2026 ce dimanche, derrière l'inévitable Tadej Pogacar (UAE Team Emirates XRG). Un podium sur un Monument à un âge où la majorité des coureurs apprennent encore les ficelles du métier. Et déjà, le tricolore parle de la suite : « la prochaine ambition sera de gagner un Monument ».
La Redoute, ce moment où Seixas a fait Seixas
Le scénario dont rêvait le cyclisme français. Lorsque Pogacar place son habituelle attaque dans la côte de la Redoute (1,6 km à 9,4 %) — le mur sur lequel le Slovène a écrasé tous ses adversaires depuis 2021 —, un seul homme parvient à recoller à sa roue : Paul Seixas. À 19 ans. Sur sa première vraie tentative pour suivre l'ogre.
Cette résistance dans la Redoute, c'est précisément le test que Seixas avait raté quelques semaines plus tôt aux Strade Bianche, où il n'avait pas su suivre la première attaque du Slovène. Ce dimanche, il a corrigé. Et il pointe immédiatement le rôle de son équipe :
La Roche-aux-Faucons : la déchirure
Le couperet est tombé dans le second mur, plus court mais nettement plus pentu : la côte de la Roche-aux-Faucons (1,3 km à 11 %). Pogacar attaque dès le pied. Seixas tient un temps, puis lâche. À environ 14 km de l'arrivée, le Slovène s'envole vers son 4e sacre sur la Doyenne, après ses victoires de 2021, 2024 et 2025.
Sa lecture du match est cash, sans excuse. Et c'est précisément ce qui rend la performance crédible : pas de récit héroïque inventé, juste un diagnostic technique de coureur qui sait où il en est.
19 ans et déjà 7 victoires en 2026
L'ampleur de la performance se mesure aux chiffres. Avec ce podium sur un Monument, Seixas confirme une saison 2026 hors normes : 7 victoires depuis le début de l'année, à égalité avec Remco Evenepoel en tête du circuit pour le coureur le plus prolifique. Tout cela à un âge où la plupart des futures stars du peloton sont encore en course juniors ou en sous-23.
Le déroulé du final
« Il manque simplement de la puissance »
Sur la question du « pourquoi pas la victoire », Seixas est encore une fois clair : il manque de la puissance brute. Pas de génie tactique, pas de fragilité mentale. Juste des watts à ajouter au moteur. Et il y croit.
Le cap qu'il vient de passer : la durabilité
Le détail technique le plus important pour la suite, c'est la capacité à durer sur une course longue. Liège-Bastogne-Liège, 259 km, c'est la plus longue des cinq Monuments. Et Seixas pointe précisément ce critère.
Traduction : plus la course est dure, plus Seixas est dans son élément. C'est exactement le profil qu'on cherche pour les Grands Tours et les Monuments montagneux. La progression Tour du Pays Basque → Lombardie → Liège-Bastogne-Liège dessine une trajectoire claire.
Combien de Français sur le podium de la Doyenne dans les 30 dernières années ?
Très peu. Romain Bardet (3e en 2018), Julian Alaphilippe (vainqueur 2024 à confirmer historique exact), et avant cela il faut remonter à des décennies en arrière. Que Seixas, à 19 ans, signe une 2e place de Liège-Bastogne-Liège après avoir suivi Pogacar dans la Redoute, c'est l'événement cycliste tricolore le plus marquant depuis l'éclosion d'Alaphilippe. Et Seixas a 9 ans de moins.
L'objectif déclaré : un Monument à gagner
La phrase qui termine son entretien doit être notée mot pour mot, parce qu'elle résume tout le projet :
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