Fils file en 8e à Madrid et arbitre : « Je préfère les conditions de Barcelone à 100 % »
Vainqueur de l'Américain Emilio Nava au 3e tour, le Français passe sans trembler. Ensuite il n'a pas mâché ses mots sur la comparaison avec sa victoire à Barcelone la semaine dernière.
Champion la semaine dernière à Barcelone, Arthur Fils (25e) confirme à Madrid en battant l'Américain Emilio Nava au troisième tour. Après avoir survécu de justesse au péruvien Ignacio Buse pour son entrée en lice, le Français a déroulé un tennis bien plus linéaire face à Nava : meilleur contrôle du fond de court, moins d'erreurs, et une confiance qui ne fait que grandir. À 21 ans, il devient l'un des grands acteurs de cette tournée européenne sur terre.
Madrid vs Barcelone : la comparaison
La question récurrente cette semaine au sein du circuit, Fils l'a tranchée avec sa franchise habituelle. Préfère-t-il les conditions du Mutua Madrid Open ou celles du Conde de Godó qu'il vient de remporter ?
Adaptation : jouer plus calme, frapper moins fort en coup droit pour ne pas envoyer la balle dehors.
Lecture Fils : « Mais c'est OK, c'est une autre façon de jouer. J'essaie de m'adapter et je le fais plutôt bien. »
Adaptation : aucune. Fils peut frapper à pleine puissance sans risquer la sortie.
Lecture Fils : « Je peux contrôler la balle plutôt bien, je peux frapper aussi fort que je veux. Je préfère à 100 %. »
Le match Nava : en maîtrise
Sur le déroulé de ce 3e tour, Fils raconte un scénario relativement maîtrisé, à un faux-pas près.
L'évolution physique est aussi notable. À Miami plus tôt cette saison, Fils s'était retrouvé à court d'énergie en demi-finales. Depuis, le travail mené avec son préparateur a payé : il tient désormais des matches longs sans s'effondrer.
L'équipe Fils : Ivanisevic, Lapo et la franchise
L'autre confidence majeure de cette conférence de presse, c'est la philosophie d'équipe de Fils.
Le Français a trouvé son entourage idéal basé sur une seule règle : la franchise totale. Pas de flatterie, pas de complaisance, du face-à-face cash dans les moments importants.
L'équipe Fils — qui dit quoi ?
Goran Ivanisevic (entraîneur principal). Le Croate, ancien architecte de la fin de carrière de Djokovic, est arrivé en février 2026. Selon Fils : « Goran est plutôt honnête. »
Lapo (préparateur physique). Le franc-tireur du staff. « Mais tu sais quoi ? Mon préparateur physique, Lapo, est encore plus dur. Beaucoup plus dur. Donc parfois je suis content quand c'est Goran qui me parle et pas Lapo. » Anecdote : c'est Lapo qui, lors du 1er tour à Madrid contre Buse, a hurlé à Fils de « la fermer » en plein match. Fils a gagné juste après.
Le revers transfiguré : 8 mois pour reconstruire
Le détail technique le plus important de cette interview, c'est le travail sur le revers. Fils a passé 8 mois sur le carreau en 2024-2025 à cause d'une blessure au dos.
Pendant cette période, il a complètement retravaillé son déplacement sur le côté gauche (côté revers pour un droitier) et la confiance dans la glissade sur le pied gauche.
Détail concret pour les passionnés de technique : quand on est droitier, glisser sur le pied droit (côté coup droit) est naturel. Mais glisser sur le pied gauche (côté revers) demande une confiance absolue dans la cheville, parce que la mécanique articulaire est inversée. Le risque ? Que le pied dérape ou que la cheville se torde. Fils l'admet :
Sa réponse aux critiques : Barcelone comme arme
Question piquante en conférence : Fils dit avoir lu un journaliste, à Barcelone, le critiquer durement. Un détail qu'il refuse de nommer mais qu'il n'a pas oublié.
Ton sec, voix grave : Fils a la peau dure, mais il n'oublie pas. Le titre comme réponse, c'est exactement la réponse qu'on attend d'un compétiteur de haut niveau.
Cinq Masters 1000 / 500 d'affilée dans le Top 8 minimum. Pour un joueur de 21 ans, c'est une régularité d'élite. Et Roland-Garros approche.
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