On pense souvent que pour gagner une médaille olympique ou mondiale, il faut "juste" des jambes de feu et un mental d'acier. Faux.
Derrière chaque champion se cache une armée de l'ombre et surtout... un garage digne d'une concession automobile.
L'exemple de la star américaine Jessie Diggins avant les Jeux de Milan-Cortina donne le vertige : pour espérer l'Or, le talent ne suffit plus, il faut une armada industrielle.
Dans un sport où la météo et la qualité de la neige jouent toujours un rôle majeur, le choix du matériel est devenu une science d'une complexité absolue.
Jusqu'à 100 paires pour un seul skieur !
Oubliez votre paire unique louée en station. Ici, on parle de stock massif.
« Un skieur de coupe du monde possède généralement entre 50 et 70 paires de skis.
Certains dépassent même la limite de 100 paires ! J'apporterai probablement 50 à 60 paires aux Jeux olympiques. »
Des chiffres énormes qui sont devenus un standard pour les meilleurs fondeurs, d'où l'impossibilité de rivaliser pour les petites nations.
En biathlon le parc de skis des meilleurs athlètes est moins élevé, mais il atteint tout de même la soixantaine pour les stars, car le style classique n'est pas utilisé.
Une sélection impitoyable
Comment gérer un tel stock ? C'est là qu'entre en scène le technicien.
Il ne se contente pas de farter : il tient un registre ultra précis. Chaque paire est fichée : moule, usine d'origine, date de naissance, structure de la semelle...
Pire encore, les skis sont notés comme des écoliers ! Le technicien calcule une moyenne précise après chaque test.
« Une paire qui obtient 9,89/10 après 20 tests est plus fiable qu'une paire qui a eu 10/10 une seule fois »
Avant chaque course, c'est un véritable tournoi éliminatoire : les skis s'affrontent en duel. Ceux qui perdent ? « Mis de côté »
