Vonn se confie : « C'est la pire chose qui me soit jamais arrivée »
Près de trois mois après son accident aux JO de Milan-Cortina, Lindsey Vonn a brisé le silence sur CBS. Huit opérations, des semaines d'isolement, et la question du retour sur les skis, à laquelle elle n'ose pas encore répondre.
Elle était peut-être à une minute de l'or olympique. Puis son destin a basculé. Lindsey Vonn a pris la parole cette semaine sur CBS pour raconter ce que ces trois mois ont réellement été après sa chute en descente aux Jeux de Cortina, en février. Une interview sans filtre, dans laquelle la skieuse américaine de 41 ans mesure le chemin parcouru et celui qui reste.
14 secondes qui ont tout changé
Vonn n'a besoin que d'une phrase pour résumer ce qui s'est passé : « C'est la pire chose qui me soit jamais arrivée. »
Ce jour de février à Cortina, elle était en lice pour l'or olympique en descente, à 41 ans, dans ce qui aurait été l'une des grandes histoires des Jeux de Milan-Cortina. Après 14 secondes de course, tout s'est arrêté. La course, les Jeux olympiques et peut-être sa carrière.
Les images du crash ont été repassées en boucle, dans les stades et sur les écrans du monde entier. Mais pour Vonn, ce n'était pas un spectacle c'était sa réalité. Hospitalisée dans la foulée, elle n'en est sortie qu'après deux semaines et demie, avant d'enchaîner six semaines en fauteuil roulant.
« Tout a été extrême »
Vonn n'a pas minimisé. La longue hospitalisation, l'isolement, les opérations qui s'enchaînent, chaque détail dit la violence de ce que les mots résument à peine. Elle remercie les médecins et les physiothérapeutes qui ont fait que tout « s'est aussi bien déroulé » au vu des circonstances car elle aurait pu perdre sa jambe.
Il y a eu tellement d'opérations et tellement de souffrance. Tout a été extrême. Rien n'a été facile ni simple.
Ce qui l'a aussi frappée, c'est l'isolement. Des semaines seule, entre la chambre d'hôpital et la salle de rééducation, sans le contact humain dont elle a besoin. Son passage sur CBS cette semaine, studio, caméras, équipes autour d'elle, avait donc une charge émotionnelle particulière.
Être ici compte beaucoup pour moi, être entourée de gens. J'étais tellement isolée. Je suis encore en train de digérer ce qui s'est passé. Je suis encore en mode survie.
Le 4 mai, premier jour sans béquilles
Ce lundi 4 mai sera une étape. Pour la première fois depuis l'accident, Vonn posera ses béquilles, au moins pour de courtes périodes. Un premier pas vers ce qu'elle espère être un abandon définitif. Mais elle ne se projette pas plus loin. Pas encore.
Ce sera la première fois que je poserai mes béquilles. Au début, pour de courtes périodes. Mais c'est le premier pas vers un abandon définitif. Je suis encore en mode survie.
Skier à nouveau ? « La question n'est pas de savoir si je peux »
La question qui hante tous les fans de ski alpin, Vonn ne l'a pas évitée, mais elle l'a retournée. Elle n'a pas osé demander aux médecins si elle pourrait rechausser des skis de compétition. Mais sa réponse intime est déjà là, entière, comme elle l'a toujours été depuis ses débuts.
Quand je serai de nouveau en bonne santé, physiquement et mentalement, je pourrai prendre cette décision. Je ne sais pas combien de temps cela prendra. Il ne s'agit pas de savoir « suis-je capable de le faire ? » mais plutôt « vais-je le faire ? et est-ce une bonne idée ? » De toute façon, le ski alpin n'est pas vraiment une activité très intelligente.
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