Les adieux d'un monument 

Il était là avant l'ère Fourcade, avant l'ère Boe. À 43 ans, Simon Eder a décidé de fermer le livre de sa carrière à Holmenkollen, le cadre qu'il a jugé « parfait » pour dire stop.

Après 23 ans de Coupe du monde, rien que ça, l'Autrichien au tir éclair ne cache rien de son long combat pour rester au sommet, lui qui jouait déjà les « prolongations » depuis les JO de Pékin.

Surentraînement et problèmes cardiaques : le combat secret

Derrière son sourire permanent, Eder a aussi traversé des zones de turbulences majeures. Dès 2004, il sombre dans le surentraînement.

« Une certaine mégalomanie va probablement avec le territoire. Mon corps ne coopérait plus. Personne ne savait si j'allais redevenir apte un jour », explique-t-il.

Plus inquiétant encore, des arythmies cardiaques récurrentes ont jalonné son parcours.

« Quand votre rythme cardiaque monte à 200 pour la première fois, c'est vraiment effrayant.

J'ai eu ces problèmes pour la première fois en 2004, et ils revenaient régulièrement, la dernière fois il y a deux ans. J'ai une dette de gratitude envers les médecins de l'équipe. »

Le rôle crucial de sa famille : mom, dani et kati

Simon Eder n'aurait jamais tenu sans son clan. Si son père était obsédé par le biathlon, sa mère et sa sœur Dani ont été ses ancres de stabilité.

« Ma sœur a été ma tutrice jusqu'en terminale. Sans elle, je n'aurais pas géré les maths bien longtemps (rires). Elle et ma mère étaient une source d'équilibre dans la folie du biathlon familial, qui n'était pas toujours saine. »

Plus tard, sa femme Kati et la naissance de sa fille ont agi comme un nouveau « boost » de performance.

 

10.01.2013, Ruhpolding, Germany (GER): L-R: Simon Eder (AUT), Friedrich Pinter (AUT), Dominik Landertinger (AUT), Christoph Sumann (AUT), 

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De Oslo 2016 à l'héritage d'un « papa »

Vainqueur tardif de médailles individuelles (à 33 ans), il n'oubliera jamais le bronze de 2016 à Oslo : « Landi (Landertinger) était juste devant moi, je savais qu'il avait une médaille.  Je me suis dit : "j'en veux une aussi". »

Ces dernières années, il avait accepté avec plaisir son rôle de vétéran, de « papa » du groupe, tout en restant un éternel bricoleur de skis et de carabines, inspiré par un certain Hermann Maier, légende du ski alpin.

« Maintenant, je vais terminer ma formation d'entraîneur. Je veux aider la génération actuelle à revivre les succès que nous avons connus.

Je veux apprendre le métier depuis la base, à Hochfilzen, et ne pas sauter directement dans la mêlée de la Coupe du monde. »