L'éloignement des terrains fait grandir, et Arthur Fils en est la preuve vivante.
Écarté du circuit professionnel pour cause de blessure au dos, le jeune prodige de 21 ans a profité de cette pause forcée pour réaliser une autocritique salutaire.
Fini l'insouciance de la jeunesse, place à une rigueur quasi-monacale. Le Français avoue avoir changé ses habitudes du tout au tout, notamment grâce à son nouveau préparateur, Christophe Seiler.
« C'est une relation complètement différente car je commence et termine ma journée avec lui », explique-t-il, admettant qu'il négligeait auparavant la machine qui lui sert d'outil de travail.
« Avant, j'avais plutôt tendance à penser : "Je suis jeune, je n'ai pas besoin de prendre soin de mon corps."... Ça m'a pris du temps car avant, je dormais environ cinq ou six heures. »

Désormais, le régime est strict : bains froids les jours difficiles et surtout, une discipline de sommeil de fer.
« Mes journées sont rythmées par les entraînements et les soins. Elles se déroulent ainsi : petit-déjeuner, entraînement, soins, déjeuner, sieste, entraînement, soins, dîner et au lit.
C'est la même routine depuis six mois ! Mais c'est fantastique ; c'est comme une nouvelle vie. »
J'essaie de bien dormir la nuit et de faire neuf, voire dix heures », confie-t-il au magazine GQ.
Retour prévu en février ?
Loin de s'apitoyer sur son sort, Fils affiche une maturité déconcertante face à cette blessure qui a stoppé son élan. Pas de frustration, juste du réalisme.
« On pousse souvent son corps à l'extrême, alors parfois, quelque chose casse... Six mois de compétition, ça ne passe pas.
C'est différent, mais honnêtement, je n'ai pas de mal à gérer ça mentalement. »
Toujours absent pour l'Open d'Australie, Arthur Fils s'est inscrit pour participer aux tournois de Montpellier et de Rotterdam prévus début février.
Cela pourrait bien ressembler à sa date de rentrée après tant de mois loin du circuit.
