« Les intérêts commerciaux l'emportent. Notre polyvalence n'est plus recherchée. »
Avant la décision du CIO sur le maintien ou non du combiné nordique aux JO 2030, la légende allemande Hermann Weinbuch sort du bois. Il ne dit pas qu'il a confiance. Il dit qu'il espère. Et il dénonce sans détour la logique qui pourrait tuer la discipline la plus ancienne du programme olympique d'hiver.
Le combiné nordique est né avec les Jeux olympiques d'hiver — 1924, Chamonix, première édition. Un siècle d'histoire olympique. Et ce lien pourrait être rompu d'un trait de plume, mardi, lors de la décision du CIO sur le programme des JO 2030. Hermann Weinbuch, 66 ans, ancien sélectionneur national allemand de 1996 à 2023, dit tout ce qu'il pense au Badische Neueste Nachrichten. Ce n'est pas rassurant.
Sur les rumeurs, Weinbuch reste prudent, trop prudent pour y croire vraiment.
Deux scénarios seulement sur la table selon lui : soit une intégration des femmes pour la première fois, une demande portée depuis des années par les militantes du combiné féminin, soit la suppression pure et simple de la discipline. Le CIO justifie sa réflexion par le manque de diversité des nations au plus haut niveau et un intérêt mondial jugé trop faible. Weinbuch réfute point par point.
La dernière phrase dit tout et elle est sans appel.
Un sport qui associe saut à ski et ski de fond dans une même compétition, c'est précisément ce qui le rend unique, exigeant, et difficile à vendre dans un monde du sport spectacle qui veut des formats courts, télégéniques et accessibles sans clé de lecture. Weinbuch sait tout cela. Il espère que le CIO saura faire la différence entre intérêt commercial à court terme et héritage sportif centenaire. Mais il ne le croit pas vraiment.
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