On parle souvent des 1 000 heures d'entraînement physique nécessaires pour atteindre les sommets, mais qu'en est-il de l'autre versant du biathlon ?
Jean-Pierre Amat, l'homme qui a façonné le tir français depuis des décennies, nous livre une plongée fascinante dans le quotidien des Bleus.
Entre volume de cartouches et travail invisible, la précision a un prix : celui de l'acharnement.
12 000 cartouches : le chiffre fou de la saison
Pour les athlètes de l'équipe de France, le tir n'est pas un simple complément, c'est une activité principale à plein temps.
Selon Amat, un biathlète d'élite va consommer entre 10 000 et 12 000 cartouches par an. Mais ce chiffre n'est que la partie émergée de l'iceberg.
« Le nombre de cartouches ce n'est pas le plus important. Il faut rajouter le temps passé au tir à sec. Pour certains, c'est indispensable pour entretenir les sensations et la stabilité.
Mais ce qui compte vraiment, c'est où l'on en est dans sa progression.
Pour bien tirer, il faut qu'une position soit solide, qu'elle passe tout seule, même malgré l'effort. » explique Jean-Pierre Amat sur Eurosport.
Julia Simon : au summum de son art
Quand on évoque la crème de la crème, un nom revient immédiatement dans la bouche de l'expert tricolore : Julia Simon.
Pour Jean-Pierre Amat, la Savoyarde a atteint un stade où le volume pur de travail n'est plus la priorité.
Elle a franchi la frontière entre le développement et l'exploitation pure de son talent.
« Son vrai problème aujourd'hui, ce n'est pas de continuer à développer son potentiel de stabilité, c'est de l'exploiter.
À l'inverse, les athlètes plus jeunes doivent encore construire ce socle. Eux doivent passer plus de temps sur le pas de tir et éventuellement brûler plus de cartouches. »
Stabilité, habileté et fraîcheur
L'entraîneur souligne la complexité de l'exercice : être stable est une chose, être habile en est une autre. Il faut savoir "prendre la cible au vol" ou composer avec les éléments et la fatigue.
C'est ce processus de croissance continue qui définit une carrière, passant d'un tir laborieux à un tir instinctif qui "tient bien en face" malgré le palpitant à 180 battements par minute.
Autre point crucial, rarement évoqué : la fraîcheur et l'envie de tirer. Voilà pourquoi certains biathlètes choisissent de zapper des séances de tir la veille des courses.
📖 À lire aussi




