Wright : « Le travail acharné ne vous rend pas exceptionnel »
Né en Nouvelle-Zélande mais désormais américain faute de structure et de moyens dans son pays natal, le biathlète se livre sur sa philosophie d'entraînement, les JO et son adaptation à la vie européenne.
Faute d'argent et d'équipe nationale digne de ce nom en Nouvelle-Zélande, Campbell Wright a fait un choix radical pour poursuivre sa passion au plus haut niveau : devenir américain. Un parcours singulier que le biathlète a accepté de raconter, entre philosophie de l'entraînement, désillusions olympiques et nostalgie du pays natal.
Interrogé par l'IBU, Campbell Wright évoque son quotidien et les conseils qu'il aimerait donner aux plus jeunes
Pendant mon entraînement, je me répète souvent que « le travail acharné ne vous rend pas exceptionnel ». S'entraîner dur, c'est le strict minimum ; donner le meilleur de soi-même, c'est le minimum requis dans ce domaine. Tout le monde s'entraîne dur. Ce n'est pas parce que vous êtes capable de faire un entraînement difficile que vous êtes exceptionnel ; tout le monde le fait. Je pense qu'il est bon de se rappeler que si vous avez fait quelque chose d'important, d'intense et d'extrême, n'importe qui d'autre sur la ligne de départ peut en faire autant !
L'Américain parle ensuite des Jeux olympiques où beaucoup lui prédisaient une médaille. Il terminera finalement sa quinzaine avec une 8e place comme meilleur résultat
Je dirais que ça ne m'a rien appris de nouveau. Je savais déjà qu'obtenir une médaille olympique était difficile. Je pense que ça a surtout montré à mon entourage à quel point c'est difficile. Beaucoup s'étaient fait des illusions, mais cette médaille est vraiment difficile à gagner. Parfois, on oublie que ce n'est pas nous qui portons le dossard.
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Pour Campbell Wright, la vie de biathlète n'est pas si facile. Certes il a trouvé de meilleures conditions et un cadre stable au sein de l'équipe américaine, mais l'éloignement de son pays natal lui pèse beaucoup
Je crois que c'est l'acceptation de ne plus vivre en Nouvelle-Zélande. Je le savais depuis mon plus jeune âge, je savais à quoi m'attendre. Quand je me dis que je préférerais être en Nouvelle-Zélande, je dois me rappeler que j'ai fait un choix. Mais j'ai fini par m'y faire vers 16 ans, quand j'ai compris que je devrais passer la plupart de mon temps en Europe. Les gens et la culture me manquent.
Si vous allez jouer au golf en Nouvelle-Zélande et que vous arrivez en débardeur et short, personne ne vous regarde, vous allez passer un bon moment et ça vous coûtera 5 dollars. Si vous allez jouer au golf en Autriche, ça vous coûtera 100 dollars et si vous n'êtes pas habillé de façon décontractée, les gens vont se demander : « Qu'est-ce qu'il fait là, lui ? » Ce genre de choses commence à me peser un peu.
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