Col de l'Aubisque · 1 709 m · Pyrénées · Laruns · Argelès-Gazost · Tour de France Col de l'Aubisque
Cirque du Litor · Tour de France
· 1910 · Pyrénées · Mythique ·
1 709 mètres d'altitude. Depuis 1910, le Col de l'Aubisque est l'un des passages obligés du Tour de France dans les Pyrénées. Route étroite, sinueuse, sauvage — l'Aubisque n'a rien perdu de son caractère pastoral et montagnard. Le Cirque du Litor, visible depuis le sommet, rappelle que les Pyrénées ne sont pas les Alpes : ici, la montagne est plus douce en apparence, mais tout aussi impitoyable pour les jambes. Depuis Laruns ou Argelès-Gazost, l'Aubisque se mérite par 16 à 17 kilomètres de montée régulière où l'on croise davantage de moutons que de voitures.
01Le col historique des Pyrénées
L'Aubisque fait partie de la garde rapprochée des grands cols pyrénéens du Tour de France. Avec le Tourmalet, le Soulor et l'Aspin, il dessine le parcours classique des étapes de montagne dans les Pyrénées depuis plus d'un siècle. Premier passage en 1910 — soit la deuxième année où le Tour s'aventure dans les Pyrénées — l'Aubisque devient immédiatement un juge de paix pour le classement général. À 1 709 mètres d'altitude, ce n'est pas le plus haut des Pyrénées, mais c'est l'un des plus réguliers et des plus sauvages. La route qui monte depuis Laruns (versant est) ou Argelès-Gazost (versant ouest) traverse des paysages pastoraux où les troupeaux de brebis paissent tranquillement pendant que les cyclistes souffrent à 7-8% de pente moyenne.
Ce qui distingue l'Aubisque des autres cols, c'est son caractère authentique et préservé. Contrairement au Tourmalet voisin, plus touristique et plus fréquenté, l'Aubisque reste un col sauvage où l'on se sent vraiment en montagne. La route est étroite par endroits, le goudron irrégulier, les virages serrés. Pas de stations de ski tape-à-l'œil, pas de complexes touristiques — juste des granges en pierre, des bergeries, et le silence pyrénéen. Le Cirque du Litor, visible depuis le sommet côté sud, est l'un des panoramas les plus spectaculaires des Pyrénées : une cuvette rocheuse entourée de sommets qui rappelle que la montagne basque n'a rien à envier aux Alpes en termes de beauté brute.
L'Aubisque est le col pyrénéen par excellence pour les cyclistes qui cherchent l'authenticité. Pas de foule compacte comme à l'Alpe d'Huez, pas de route ultra-lisse comme sur certains cols alpins récemment refaits. Juste une montée régulière, exigeante, belle, dans des paysages pastoraux où le temps semble s'être arrêté. Si vous voulez comprendre ce que signifie "grimper dans les Pyrénées", faites l'Aubisque.
02Deux versants — deux ambiances
L'Aubisque se franchit par deux versants principaux, assez similaires en difficulté mais différents en ambiance. Depuis Laruns (versant est), on grimpe 16,6 kilomètres à 7,2% de moyenne depuis la vallée d'Ossau. C'est le versant le plus utilisé par le Tour de France — la route passe par le Col du Pourtalet avant d'attaquer l'Aubisque proprement dit. Le paysage est pastoral : alpages, troupeaux, granges en pierre. La montée est régulière, sans section violente, mais implacable. Depuis Argelès-Gazost (versant ouest), c'est 17 kilomètres à 7% de moyenne depuis le Val d'Azun. Le parcours passe par le Col du Soulor avant de redescendre légèrement puis de remonter vers l'Aubisque — une succession de bosses qui use davantage qu'une montée linéaire. Les deux versants offrent des vues spectaculaires sur les sommets pyrénéens environnants.
03Les deux versants en détail
Versant Est — Depuis Laruns (Vallée d'Ossau) Le Versant du Tour Hors Catégorie
Le versant est depuis Laruns (520 m d'altitude) est le plus fréquemment emprunté par le Tour de France. La montée débute dans la vallée d'Ossau, traverse le village d'Eaux-Bonnes (station thermale historique), puis grimpe progressivement vers le Col du Pourtalet avant de bifurquer vers l'Aubisque. La pente est régulière entre 6 et 8%, sans section de repos mais sans pourcentages extrêmes non plus. C'est une montée d'usure qui récompense les grimpeurs capables de tenir un rythme constant sur 16 kilomètres. Le paysage est typiquement pyrénéen : alpages verts en été, troupeaux de brebis, granges en pierre, sommets enneigés à l'horizon. Le sommet à 1 709 m offre une vue plongeante sur le Cirque du Litor au sud — l'un des panoramas les plus spectaculaires des Pyrénées.
Versant Ouest — Depuis Argelès-Gazost (Val d'Azun) Le Versant du Soulor Hors Catégorie
Le versant ouest depuis Argelès-Gazost (450 m) passe obligatoirement par le Col du Soulor (1 474 m) avant de redescendre légèrement puis de remonter vers l'Aubisque. Cette succession montée-descente-montée est plus usante qu'une montée linéaire — on perd du dénivelé durement gagné, ce qui pèse psychologiquement. La route traverse le Val d'Azun, vallée verdoyante typique des Pyrénées atlantiques. La pente oscille entre 6 et 9%, avec quelques passages plus raides dans la section finale avant le sommet. Le versant ouest est moins fréquenté que le versant est, ce qui en fait le choix des cyclotouristes qui cherchent la tranquillité. Le panorama au sommet est identique au versant est : vue sur le Cirque du Litor et les sommets environnants (Pic du Midi d'Ossau, massif du Balaitous).
04Le Cirque du Litor — spectacle naturel au sommet
Au sommet du Col de l'Aubisque, côté sud, s'ouvre l'un des panoramas les plus spectaculaires des Pyrénées : le Cirque du Litor. C'est une cuvette rocheuse entourée de sommets qui culminent entre 2 000 et 2 600 mètres d'altitude, creusée par les glaciers quaternaires et façonnée par l'érosion. Le cirque est visible depuis la route — impossible de le manquer, il s'impose dans le paysage avec une présence presque écrasante.
Le Cirque du Litor rappelle que les Pyrénées ne sont pas les Alpes. Pas de glaciers permanents, pas de sommets à 4 000 mètres, mais une beauté plus douce et plus sauvage à la fois. Des pentes herbeuses jusqu'à 2 000 m, puis de la roche nue au-dessus. Des crêtes déchiquetées, des à-pics vertigineux, des névés qui persistent jusqu'en juillet. Le cirque abrite une faune riche : marmottes, isards (chamois pyrénéens), vautours fauves. C'est un sanctuaire naturel préservé, accessible uniquement à pied depuis le col.
Pour les cyclistes qui atteignent le sommet de l'Aubisque, le Cirque du Litor est la récompense visuelle après l'effort. On oublie les jambes qui brûlent, on oublie les 16 kilomètres de montée — on regarde le cirque, on respire l'air pur à 1 709 mètres, et on comprend pourquoi les Pyrénées exercent une telle fascination sur les grimpeurs.
051910 — Le Tour découvre l'Aubisque
En 1910, le Tour de France franchit pour la première fois les Pyrénées. Après avoir découvert le Tourmalet et le Soulor, le peloton s'attaque à l'Aubisque dans la foulée. Les coureurs sont épuisés, les routes sont des pistes caillouteuses, les vélos pèsent 15 kg. Octave Lapize, futur vainqueur du Tour, passe au sommet de l'Aubisque en tête — mais il est à bout de forces. En voyant les organisateurs Henri Desgrange et Alphonse Steinès au bord de la route, il leur crie : « Vous êtes des assassins ! » La phrase reste dans l'histoire comme le symbole de la violence de ces premières incursions pyrénéennes.
Depuis 1910, l'Aubisque est revenu régulièrement au programme du Tour de France. Contrairement à l'Alpe d'Huez ou au Mont Ventoux, l'Aubisque n'a jamais accueilli d'arrivée d'étape au sommet — il est toujours franchi en milieu d'étape, souvent en combinaison avec le Tourmalet ou le Soulor. C'est un col de transition, un col d'usure, un col qui fait le tri sans faire le show. Les Pyrénées dans leur essence la plus pure.
06L'Aubisque au Tour — les moments qui marquent
07Les records — ce qui fait la légende de l'Aubisque
08Palmarès — les vainqueurs mythiques
« L'Aubisque n'a pas la démesure du Tourmalet, ni la foule de l'Alpe d'Huez. Mais c'est peut-être le col le plus authentique des Pyrénées. Quand on arrive au sommet et qu'on voit le Cirque du Litor s'ouvrir devant soi, on comprend que les Pyrénées ont leur propre magie — différente des Alpes, mais tout aussi puissante. »
— Ce que disent les cyclistes après avoir gravi l'Aubisque
