🇨🇭 Canton du Valais · Tessin · Suisse ⛰ 2 478 m · 2 Versants · Ulrichen · Airolo 🏆 Plus Haut Col Suisse · 1969 · Glaciers · Goms-Bedretto

Col du Nufenen · Nufenenpass · Passo della Novena · 2 478 m · Alpes valaisannes · Goms · Bedretto Col du Nufenen

2 478 m Ulrichen · Airolo · 2 Versants
Plus Haut Col Suisse · 1969
· Glaciers · Valais · Tessin ·

2 478 mètres d’altitude. Le Col du Nufenen est le plus haut col entièrement situé en territoire suisse — sans frontière, sans partage, uniquement suisse. Il relie le haut Valais germânique (vallée du Goms) au Tessin romanophone (valle di Bedretto), deux mondes que la montagne a longtemps séparés. Ouvert seulement en 1969, l’une des dernières grandes routes alpines construites, le Nufenen reste l’un des cols les moins fréquentés de l’arc alpin suisse. Paysage de haute montagne prisérvé, glaciers, plateau sommital à couper le souffle — et deux montées radicalement différentes : 13,5 km de lutte acharnée depuis Ulrichen, ou 20 km depuis Airolo par la longue et magnifique valle di Bedretto.

 
2 478 mAltitude sommet
N° 1Plus haut col CH
13,5 kmDepuis Ulrichen
8,4%Pente moy. nord
1969Ouverture route
HCCatégorie

01Le toit de la Suisse — le plus haut col entièrement helvétique

Le Col du Nufenen ne joue pas dans la même catégorie que le Gothard ou le Simplon. Pas de route napoléonienne, pas de tunnel ferroviaire millénaire, pas d’armée de Souïvorov. Le Nufenen, c’est autre chose : le plus haut col entièrement situé en territoire suisse à 2 478 m d’altitude. L’Umbrailpass à 2 501 m est plus haut, mais il trace la frontière avec l’Italie. Le Grand-Saint-Bernard à 2 469 m partage la crête avec la Valle d’Aoste. Le Nufenen, lui, relie deux cantons suisses — le Valais germânique du Goms au Tessin romanophone de la Bedretto — sans jamais quitter la Confédération. Un col cent pour cent suisse, à plus de 2 400 m, dans un environnement glaciaire exceptionnel.

Sa relative discrétion dans le monde du cyclisme professionnel tient à une raison simple : le Nufenen n’a été ouvert à la circulation automobile qu’en 1969, soit parmi les plus tardifs des grandes routes alpines. Avant cette date, il n’était qu’un sentier muletier françhi par les bergers et quelques contrebandiers. L’infrastructure routière est donc moderne, le trafic de transit est quasi inexistant — le col ne relie aucun axe international majeur — et l’environnement est préservé comme peu d’endroits à cette altitude en Europe. Pour le cyclotouriste, le Nufenen est une révélation : peu de voitures, des paysages de haute montagne authentiques, et deux versants qui figurent parmi les plus exigeants des Alpes suisses. La montée nord depuis Ulrichen — 13,5 km à 8,4% de moyenne — ne fait aucun cadeau.

⚡ Notre avis

Le Nufenen est le col le plus méconnu de sa catégorie, et c’est exactement ce qui en fait un bijou. Le plus haut de Suisse à 2 478 m, sans trafic de transit, dans un environnement glaciaire prisérvé. La montée nord depuis Ulrichen — 13,5 km à 8,4% de moyenne, pas de répit — est l’une des plus exigeantes et des plus belles des Alpes suisses. Le versant sud depuis Airolo, plus long et progressif, offre la traverse magnifique de la valle di Bedretto. Col fermé en hiver (octobre-mai), peu fréquenté, pas d’axe international : le paradis du cyclotouriste exigeant.

02Deux versants — deux Suisses

13,5 km Ulrichen (nord) 1 132 m D+ · 8,4% moy · Valais · Goms
20 km Airolo (sud) 1 336 m D+ · 6,7% moy · Tessin · Bedretto

Le Nufenen se franchit par deux versants aux profils radicalement opposés. Depuis Ulrichen (1 346 m, versant nord, Valais), la montée est brève, directe et implacable : 13,5 kilomètres à 8,4% de moyenne sans section vraiment plate, avec des passages à 12-13% dans la partie haute. C’est le versant des cyclistes pressés de souffrir. Depuis ce village du Goms — la vallée de la haute Rhône, grenier à neige du Valais — la route grimpe sans détour vers le sommet à travers des paysages d’alpage puis de haute montagne minérale. Depuis Airolo (1 142 m, versant sud, Tessin), le profil est tout différent : 20 kilomètres dont les dix premiers kilomètres traversent la tranquille valle di Bedretto à peine plus de 3-4% de moyenne, avant que la route ne se redresse brutalement à partir d’All’Acqua. Les dix derniers kilomètres montent à 10-11% de moyenne — aussi durs que le versant nord, mais précédés d’un long prologue dans une vallée préservée et quasi déserte.

03Les deux versants en détail

Versant NordHC

Versant Nord — Depuis Ulrichen (Valais, Goms) Le Versant Implacable Hors Catégorie

13,5 km 1 132 m D+ 8,4% moy. 13% max

Le versant nord est le plus court et le plus dur. Ulrichen (1 346 m) est un petit village du Goms, cette vallée du haut Rhône où les maisons de bois noirci semblent taillées dans la montagne depuis des siècles. La route quitte immédiatement la vallée pour attaquer la pente frontalement : pas de vrai replat, pas de long faux-plat pour souffler. Les premiers kilomètres à 7-8% traversent des alpages verdoyants avec vue sur le massif valaisan ; à mi-pente, le paysage devient minéral, la route plus étroite, la pente franchit régulièrement les 10-12%. La partie terminale, depuis 2 200 m environ, atteint 13% sur certains passages — une lutte contre la gravité dans un décor de haute montagne saisissant, avec les glaciers du massif du Blindenhorn visibles plein sud. Le trafic est quasi inexistant — c’est l’un des attraits majeurs du col. Au sommet, la vue embrasse les Alpes bernoises au nord, les 4 000 m valaisans à l’ouest et le massif du Gothard à l’est. Pas de fla-fla : juste 2 478 m de silence et de granit.

Versant SudHC

Versant Sud — Depuis Airolo / Valle di Bedretto (Tessin) Le Versant Bedretto Hors Catégorie

20 km 1 336 m D+ 6,7% moy. 12% max

Le versant sud se divise en deux actes très distincts. Premier acte : la valle di Bedretto (~12 km, 3-5% de moyenne depuis Airolo). Après avoir quitté Airolo, la route s’engage dans une vallée latérale longue et encaissée, quasi deserte, où les cascades dévalalent des pentes boisées et où les villages — Ronco, Ossasco, Bedretto, Villa — semblent arrêtés à une autre époque. Ce prologue en douceur contraste violemment avec ce qui suit. Deuxième acte : depuis All’Acqua (1 620 m), la route se redresse brutalement — environ 8 kilomètres à 10-11% de moyenne, avec des passages à 12%, pour gravir 858 m de dénivelé jusqu’au sommet. Ce final est aussi exigeant que le versant nord, mais arrivent après avoir déjà avaler 12 km. Le paysage bascule progressivement vers la haute montagne, la végétation disparait, le granite prend le dessus. Il est également possible de lier Nufenen et Gothard depuis Airolo en une seule sortie en boucle — deux cols de 2 000+ m dans la journée, un programme qui sélectionne.

04Le sommet — glaciers, panorama et hôtellerie alpine

⛰ Le Sommet du Nufenen — 2 478 m de silence

Le plateau sommital du Nufenen est l’un des plus beaux de l’arc alpin suisse. À 2 478 m d’altitude, la route s’apaise sur un replat minéral battu par le vent où rien ne semble vouloir pousser. Le panorama s’étend à 360 degrés sur un ballet de hauts sommets : le massif du Blindenhorn (3 374 m) et du Blinnen dominent côté ouest, les 4 000 m valaisans s’aperçoivent vers le nord-ouest par temps clair, le massif du Gothard ferme l’horizon à l’est. Le glacier de Griess (Griesgletscher), accroché au flanc du Blinnenhorn, était l’un des glaciers les plus spectaculaires de la région — son recul rapide depuis plusieurs décennies est une leçon de géographie physique à ciel ouvert.

Au sommet, un restaurant d’altitude accueille les cyclistes et randonneurs depuis l’ouverture de la route. On peut y manger, s’y réchauffer, y acheter de quoi repartir. C’est un luxe rare à cette altitude dans un environnement aussi désertique — à comparer avec d’autres cols suisses de plus de 2 400 m où rien ou presque n’existe au sommet. La frontière invisible entre les cantons du Valais et du Tessin court quelque part sur ce plateau : d’un côté, l’Europe germanique et la vallée du Rhône ; de l’autre, l’Europe latine et le versant méditerranéen du continent.

Pour le cycliste qui arrive au sommet depuis Ulrichen — après 13,5 km à 8,4% de moyenne — la récompense est à la hauteur de l’effort. L’air de haute montagne, le silence, l’absence de trafic, le panorama glaciaire : le Nufenen offre une expérience de sommet brute et authentique que peu de cols alpins égalént encore aujourd’hui, précisément parce qu’il est resté éloigné des grandes routes internationales.

051969 — L’une des dernières grandes routes alpines

🛠 1969 — La naissance tardive d’une route alpine

Alors que le Simplon était carrossable depuis 1805, le Gothard accessible en automobile depuis le début du XXe siècle et la plupart des grandes routes alpines construites dans l’entre-deux-guerres, le Nufenen n’a été ouvert qu’en 1969. L’idée d’une route carrossable reliant la vallée du Goms au Tessin par ce col était ancienne — les projets se multipliaient depuis la fin du XIXe siècle — mais l’altitude, la difficulté du terrain et le manque de trafic de transit justifiable avaient toujours repoussé la réalisation. Les travaux, lancés dans les années 1960, sont typèiques des grands chantiers alpins de l’ère moderne : routes de chantier temporaires, dynamite dans le granite, ouvrages contre les avalanches. Le résultat est une route sobre, bien traçée, sans les excès architecturaux qui caractérisent certains cols plus touristiques.

La conséquence directe de cette ouverture tardive est la faible empreinte touristique du col. Il n’existe pas d’infrastructure hôtelière massivé dans les villages de départ, pas de remonte-pentes, pas d’urbanisation des versants. Ulrichen reste un village agricole du Goms, une des plus belles et des mieux prisérvées vallées de haute montagne de Suisse. La valle di Bedretto côté tessinois est quasi déserte, ses villages en cours de dépeuplement depuis plusieurs décennies. Pour le cycliste, cet isolement est une aubaine : des routes quasi vides, des paysages authentiques, et le sentiment rare de gravir un col qui n’a pas encore été "consommé" par le tourisme de masse.

Le col est fermé de novembre à la mi-mai environ, selon l’enneigement. L’été, les conditions de conduite sont excellentes : la route est étroite mais bien revêtue, le trafic extêremement faible comparé aux grands cols touristiques suisses (Furka, Grimsel). Un avantage stratégique pour les cyclistes qui cherchent à éviter la circulation estivale.

06Le Nufenen dans le cyclisme — un col de connaisseurs

⏱ Le Nufenen dans l’histoire et le cyclisme
Ant
Âge du Bronze — Antiquité
Des traces archéologiques attestent le franchissement du col depuis des milliers d’années, probablement par des bergers et des chasseurs. Le Nufenen était déjà connu comme passage de haute montagne entre les populations du Valais germânique et du Tessin, bien avant l’ère romaine. Le commerce était secondaire comparé aux grands cols comme le Simplon ou le Gothard, mais le passage existait.
MA
Moyen Âge
Sentier muletier utilisé par les bergers transhumants et quelques contrebandiers entre Valais et Tessin. L’altitude élevée (2 478 m) et l’absence de débouché sur un grand axe commercial maintenaient le Nufenen comme col secondaire — mais fréquenté régulièrement par les communautés montagnardes des deux versants. Les relations culturelles et commerciales entre Goms et Bedretto passaient par ce col.
1890
Fin XIXe siècle
Premiers projets écrits de route carrossable. Les alpinistes et explorateurs de l’ère victorienne fréquentent le col, le décrivent dans leurs carnets de voyage. Plusieurs députés valaisans déposent des requêtes pour une route, arguant des bénéfices économiques pour les vallées enclavées du Goms et de la Bedretto. Les projets s’accumulent sans aboutir — le territoire est jugé trop difficile et le trafic potentiel trop faible.
60s
Années 1960
Lancement du chantier de la route du Nufenen. Les travaux mobilisent des techniques modernes — dynamite, engins de terrassement, béton — pour ouvrir une route praticable à 2 478 m d’altitude dans un terrain de granite et de moraines glaciaires. Le chantier dure plusieurs années, marquées par les conditions climatiques extrêmes de cette haute vallée. C’est l’un des derniers grands chantiers routiers alpins de la Suisse du XXe siècle.
1969
1969 — Inauguration
Inauguration de la route du Nufenen, derniers grands col alpin suisse ouvert à la circulation automobile. Le Nufenenpass devient officiellement le plus haut col entièrement situé en territoire suisse à 2 478 m. La route relie pour la première fois directement par voie carrossable la commune d’Ulrichen (Valais) à Airolo (Tessin), ouvrant une liaison longtemps rêvée entre deux cantons séparés par la montagne.
Cyc
Depuis 1969 — Cyclisme
Le Nufenenpass intègre progressivement les itinéraires cyclotouristiques suisses et europées. Sa réputation de col d’exception pour cyclistes exigeants se bâtit tranquillement, hors des projecteurs du cyclisme professionnel. Le col apparait dans des événements régionaux et des cyclosportives suisses ; des cyclotouristes du monde entier l’inscrivent sur leur liste des cols à gravir. Faible fréquentation automobile, route préservée, panorama glaciaire exceptionnel — le bouche-à-oreille fait le reste.

07Ce qui fait la singularité absolue du Nufenen

⛰ N° 1 — Plus haut col entièrement suisse
2 478 m d’altitude — le Nufenenpass est le plus haut col entièrement situé en territoire helvétique. L’Umbrailpass (2 501 m) est plus haut mais forme la frontière italo-suisse. Le Grand-Saint-Bernard (2 469 m) partage la crête avec l’Italie. Le Nufenen, lui, relie deux cantons suisses sans franchir aucune frontière internationale — un record absolu sur sol suisse.
❄ Paysage glaciaire — Griesgletscher
Le versant ouest du col est dominé par le glacier de Griess (Griesgletscher), accroché au Blinnenhorn (3 374 m). Ce glacier alimente le lac de Griess, lui-même retenu par un barrage hydroélectrique. Le recul accéléré du glacier depuis plusieurs décennies est visible à l’œil nu en comparant photos actuelles et historiques. Un témoignage de haute montagne sur le changement climatique alpin.
🛠 1969 — L’un des derniers cols ouverts
La route du Nufenen, inaugurée en 1969, est l’une des dernières grandes routes alpines suisses construites au XXe siècle. Son ouverture tardive explique la quasi-absence d’infrastructure touristique sur ses versants — et donc la préservation exceptionnelle des paysages et la faible fréquentation automobile. Un paradoxe : son ouverture récente est sa meilleure protection.
🚘 Boucle Gothard-Nufenen — Le double tes­sinois
Depuis Airolo, les cyclistes ambitieux réalisent la boucle Gothard (via Tremola) + Nufenen en une seule journée. C’est l’une des sorties les plus exigeantes des Alpes suisses : deux cols HC, plus de 2 300 m de dénivelé positif total, deux ambiances radicalement différentes — les pavés historiques de la Tremola d’un côté, la haute montagne silencieuse de la Bedretto de l’autre.

08Passages & repères — ceux qui ont franchi le Nufenen

🏆 Passages et repères du Nufenen
🇨🇭 Bergers et transhumants (Goms / Bedretto) Depuis l’Âge du Bronze — Premier passage documenté entre Valais germânique et Tessin romanophone
🇨🇭 Contrebandiers Valais-Tessin Moyen Âge et époque moderne — Sel, tabac, marchandises illicites via le sentier muletier du Nufenen
🇨🇭 1 Ingénieurs & ouvriers du chantier 1969 1969 — Construction et inauguration de la route, l’une des dernières grandes routes alpines suisses
🌎 Cyclotouristes internationaux Depuis 1969 — Col inscrit au tableau de chasse des cyclotouristes exigeants du monde entier
🇨🇭 Cyclosportives & événements régionaux Depuis les années 1980 — Intégré dans les parcours de plusieurs cyclosportives et randonnées cyclistes des Alpes suisses

« Le Nufenen n’a rien à vendre. Pas de légende napoléonienne, pas de pavés mythiques, pas de tunnel ferroviaire centenaire. Juste 2 478 m d’altitude, le plus haut sol suisse accessible à vélo, 13,5 kilomètres de pente du versant nord qui ne vous lâchent jamais, et un silence au sommet que vous n’oublierez pas. C’est parfois suffisant. »

— Ce que retiennent les cyclistes après avoir gravi le Nufenen
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