TENNIS ATPMutua Madrid Open 2026·26 avril 2026

Vallejo, l'espoir paraguayen : « Tuer la tournée sud-américaine n'a aucun sens »

Sorti des qualifications, le jeune Paraguayen Daniel Vallejo s'est hissé en 8e à Madrid en sortant Tien. Et n'a pas mâché ses mots sur la disparition annoncée du calendrier sud-américain sur terre.

Sa fédération paraguayenne va l'adorer. Adolfo Daniel Vallejo, sorti des qualifications du Mutua Madrid Open, s'est offert le luxe de battre l'Américain Learner Tien au deuxième tour pour rejoindre les huitièmes  où il défiera l'Italien Flavio Cobolli (15e mondial). Et au-delà du résultat, le Sud-Américain a profité de sa conférence de presse pour défendre une cause qui ne fait pas du bruit dans la presse européenne : la survie de la tournée sud-américaine sur terre battue.

2e tour · Caja Mágica
Vallejo bat Tien — sortie des qualifs
Prochain : Cobolli (15e) en 8e

Coria, Nalbandian, et la mémoire qu'on efface

L'ATP envisage depuis plusieurs mois de réduire ou de basculer la tournée latino-américaine de février, traditionnellement sur terre, vers du dur ou tout simplement la fragmenter.

Pour les jeunes joueurs comme Vallejo, c'est purement et simplement tuer le tronc d'arbre dont sont issues les plus belles branches du tennis sud-américain. Le Paraguayen, calme mais ferme, s'en explique :

J'ai grandi en regardant les grands joueurs sur la tournée sud-américaine, sur terre. Cela n'a aucun sens que cette gira disparaisse ou se joue sur ciment. Coria, Nalbandian se sont formés là, ils ont donné énormément de joies. J'espère qu'elle se maintiendra, c'est une tradition du tennis. Daniel Vallejo — conférence de presse, Madrid

Sa position n'est pas isolée : Diego Schwartzman, Cerúndolo, Báez, Tirante, toute la nouvelle vague argentine et la vieille garde défend exactement la même chose. Mais la voix d'un joueur paraguayen porte différemment : c'est un pays sans circuit professionnel structuré, où la tournée sud-américaine est la seule porte d'entrée vers l'élite.

Madrid lui réussit, l'altitude lui colle bien

Sur le plan tennistique, Vallejo a livré le match qu'il visait : du fond de court, dans la durée, en utilisant l'altitude de la Caja Mágica pour faire rebondir la balle haut sur le revers de Tien. Ses propres mots :

Les conditions de Madrid me vont bien, il y a un peu d'altitude, la balle bondit plus. Je suis un joueur qui fait beaucoup rebondir la balle. Contre un joueur comme lui, ça me favorise. Je peux donner l'impression qu'on joue sur de la vraie terre battue. Daniel Vallejo

Le travail avec Igrino et Ramón paie

Vallejo a changé d'équipe il y a quelques mois. Travail avec Igrino et Ramón — il l'identifie comme le déclic. Et signale, à 22 ans, une approche peu fréquente dans son corps de génération :

Je ne regarde jamais le prize money, parce que pour moi le plus important est de me développer comme joueur. Je sais que si je fais bien les choses au fil des années, l'argent viendra. Le plus important est de prendre du plaisir. Daniel Vallejo

Référence nationale : Ramón Delgado, ex-tombeur de Pete Sampras à Roland-Garros 1998 et figure paternelle du tennis paraguayen. Modèles internationaux : Murray, Djokovic. Tout est cohérent, un profil de besogneux, peu spectaculaire mais redoutable de constance, qui s'inscrit dans une longue lignée latine. Reste à savoir si Cobolli, qui démarre fort sur cette tournée européenne, lui laissera une chance dimanche en huitièmes.