Cyclisme féminin : les budgets multipliés par 8, les salaires par 16 en six ans
Selon les données de l'UCI, le cyclisme féminin a vécu une mutation économique sans précédent entre 2018 et 2026. Les budgets des équipes World Tour ont été multipliés par 8 et les salaires moyens par 16. Les meilleures coureuses dépassent désormais le million d'euros annuel.
Le cyclisme féminin a connu une révolution économique silencieuse mais spectaculaire entre 2018 et 2026. Selon les chiffres officiels publiés par l'Union Cycliste Internationale (UCI), les budgets et les salaires du circuit professionnel féminin ont littéralement explosé en six saisons. Une croissance qui place désormais les coureuses au-dessus de la plupart des sports collectifs féminins en Europe.
Avant / après : la mutation chiffrée
L'écart entre les deux époques est saisissant. Le budget moyen d'une équipe du World Tour féminin a presque été multiplié par cinq.
Le salaire annuel moyen d'une coureuse de l'élite est passé de 8 000 € à 125 000 €, soit une multiplication par 16. Le budget total cumulé des équipes World Tour, quant à lui, a octuplé en six ans.
Plus rentable que le foot féminin à niveau équivalent
Les cyclistes professionnelles femmes gagnent mieux leur vie que dans le foot, à un niveau comparable. On en est très fier. Les plus grandes coureuses sont au-delà du million. Je n'aurais jamais cru ça possible.
La comparaison avec le football féminin, devenu pourtant la vitrine médiatique du sport féminin européen, est révélatrice.
Les meilleures coureuses du peloton World Tour atteignent désormais des contrats supérieurs au million d'euros, là où la plupart des joueuses des grands clubs européens plafonnent à des montants inférieurs.
Une croissance accompagnée d'un cadre minimum
L'augmentation n'est pas seulement portée par le sommet de la pyramide. L'UCI a imposé en parallèle un salaire minimum aux équipes World Tour féminines, fixé à 38 000 € annuels en 2026.
Ce socle protège les coureuses qui n'ont pas accès aux contrats les plus lucratifs et garantit une professionnalisation effective de la discipline. Le nombre de coureuses sous contrat avec une équipe World Tour ou ProTeam féminine a également augmenté chaque année jusqu'à cette saison.
La structuration du circuit, calendrier élargi, retransmissions télévisées internationales, partenariats avec des marques mondiales (sponsors techniques, marques de mode, équipementiers), a accompagné cette montée en puissance économique.
Le Tour de France Femmes (depuis 2022), le Giro Donne, la Vuelta Femenina et les classiques flandriennes féminines drainent désormais des audiences comparables à certaines courses masculines.
Reste maintenant à confirmer la trajectoire. Les six prochaines années diront si le cyclisme féminin est passé d'une discipline en construction à une discipline pleinement installée, économiquement et médiatiquement, au sommet du sport mondial.
Seule inquiétude, et non des moindres, une base de la pyramide fragile et probablement pas assez importante pour permettre un renouvellement régulier de l'élite.
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