C'est une page majestueuse et tourmentée qui se tourne pour le biathlon allemand. Le 21 février dernier, sur la neige de Milan-Cortina, Franziska Preuss a définitivement rangé les skis.
À 31 ans, elle laisse derrière elle un superbe palmarès : un gros globe de cristal décroché au courage en 2025, un titre européen et deux médailles d'or mondiales.
Pourtant, c'est avec une belle franchise et un immense sentiment de soulagement que la championne évoque aujourd'hui sa nouvelle vie.
Le fardeau de la perfection et l'enfer des attentes
Derrière les sourires de façade, la machine était à bout de souffle. Si sa victoire au classement général la saison dernière reste son chef-d'œuvre, elle en a payé le prix fort.
« Il fallait être extrêmement rigoureux avec soi-même pendant trois semaines pour ne pas perdre confiance. Cela demandait beaucoup d'énergie », confie-t-elle, avouant avoir peiné cette année face à la pression médiatique étouffante qui pesait sur ses épaules.
La fin du calvaire quotidien
« C'est le meilleur courriel que j'aie jamais reçu : ne plus avoir à indiquer mon adresse aux autorités chaque soir. » ajoute l'Allemande
Libérée de la traque permanente des contrôles antidopage, de l'obligation de s'entraîner sous des trombes d'eau et de la peur de l'échec, Franziska Preuss savoure enfin sa liberté, notamment dans son nouveau rôle de consultante pour la chaîne ARD.
Une sélection allemande laissée au bord du gouffre ?
Son départ laisse un vide colossal. Sans sa leader charismatique, la fédération allemande (DSV) va devoir se réinventer en urgence.
Lucide sur le déclin actuel de son équipe, Preuss lance un avertissement teinté d'espoir :
« Si l'on regarde les résultats, nous sommes tout simplement à la traîne... Mais parfois, il faut être dos au mur pour progresser. »
Elle mise désormais sur la nouvelle garde, incarnée par Selina Grotian et Julia Tannheimer, et se tient prête à conseiller la fédération... si on le lui demande.
La malédiction olympique
Malgré une ultime médaille de bronze en relais mixte cette année, l'histoire retiendra ce douloureux constat : le divorce entre la championne et le rêve de toute une vie.
« L'or individuel était ma motivation tout l'été. Mais les Jeux olympiques et moi, ça ne collait pas, nous ne serons jamais amis. Il y avait quelque chose qui clochait. »
Une conclusion amère pour une athlète d'exception.
