🎿 Biathlon · Emilien Jacquelin 🇫🇷 

« J'ai maîtrisé mon propre destin. J'ai retrouvé le plaisir du biathlon. »

Il avait lutté pendant des années contre lui-même, trop concentré sur la technique, incapable d'être naturel sur le pas de tir. Puis il y a eu le Grand-Bornand, la foule, et enfin Milan-Cortina. Emilien Jacquelin raconte sa libération.

Deux titres de champion du monde de poursuite, un palmarès considérable — et pourtant, des années à ne pas être lui-même sur les pistes. Emilien Jacquelin, double champion du monde de la discipline, se confie sur la lente reconquête de son identité de biathlète, avec le Grand-Bornand comme déclencheur et Milan-Cortina comme aboutissement.

J'ai retrouvé le plaisir du biathlon. Cette médaille, je l'ai gagnée avec moi-même. J'ai maîtrisé mon propre destin. Emilien Jacquelin 🇫🇷 — BIATHLONWORLD

La confession est claire sur ce qu'il a vécu pendant des années. Trop de pression sur la technique, trop d'injonctions extérieures, une peur de perdre qui l'empêchait de gagner.

J'ai tellement souvent eu peur de perdre que je n'ai pas pu monter sur le podium. Depuis ma pause en 2022, je crois que je n'ai été moi-même qu'à deux reprises, au Grand-Bornand, grâce à la foule qui me porte à fond. Quand c'est la joie pure, je me fiche de gagner ou de perdre. Emilien Jacquelin

Le Grand-Bornand comme premier déclic, la foule du Chinaillon qui l'emporte dans quelque chose qui ressemble à de l'instinct pur. Puis Milan-Cortina, deux jours après avoir frôlé la quatrième place au sprint, la poursuite olympique comme révélation avec le bronze.

En poursuite olympique, je me suis senti à nouveau moi-même. C'était la première fois que le monde du biathlon acceptait ma façon de tirer, de skier et d'oser, même si ce n'est pas la meilleure façon de devenir champion olympique. J'étais tellement surpris de voir Ole Einar Bjørndalen venir me féliciter. Il aurait dû être le premier à dire après mes deux échecs : « Il est vraiment mauvais ! » Emilien Jacquelin

La visite de Bjørndalen, l'homme aux 8 titres olympiques, la référence absolue du biathlon pendant deux décennies, n'était pas anecdotique. Elle a eu sur Jacquelin un effet libérateur. Et les courses de fin de saison qui ont suivi lui ont confirmé qu'il avait trouvé quelque chose d'essentiel.

Sur la médaille elle-même, il en parle avec une fierté qui n'est pas celle d'un palmarès, mais celle d'une victoire sur soi.

Je suis fier de deux choses. D'abord, d'être un médaillé olympique individuel. Peu importe la couleur, j'en suis vraiment fier. Ensuite, j'ai réussi en restant fidèle à moi-même, avec mes forces et mes faiblesses. Peu de gens peuvent dire qu'ils étaient seuls lors du dernier tir, en route pour la médaille d'or. J'ai osé dès le premier tour et j'ai raté deux cibles à la fin, mais ça fait partie du jeu. Emilien Jacquelin