Von Allmen rêve du globe plus que d'un titre à domicile
Triple champion olympique et double champion du monde, le Bernois se projette déjà sur l'hiver prochain, entre sa domination sur la piste de Crans-Montana et sa quête d'un premier gros globe de cristal.
Une saison 2026 complètement dingue avec trois médailles d'or olympiques, deux titres mondiaux glanés en 2025 : Franjo von Allmen a déjà tout gagné ou presque, mais l'appétit reste intact. À 25 ans, le skieur bernois vise désormais son tout premier gros globe de cristal, tout en rêvant secrètement d'un exploit chez lui, à Crans-Montana.
Une piste qui lui sourit particulièrement
Existe-t-il un tracé sur lequel un skieur devient quasi invincible ? Chez les Suisses, deux noms viennent immédiatement à l'esprit. Marco Odermatt règne sur Adelboden, où il a signé cinq victoires en cinq ans. Von Allmen brille à Crans-Montana, théâtre des prochains mondiaux : deux descentes disputées, deux succès à la clé.
Cette piste me convient, ce n'est un secret pour personne. Mais bien sûr, je peux être battu ici.
Ambassadeur des Championnats du monde 2027, il a profité cette semaine d'une visite estivale pour arpenter la piste Nationale, terrain de ses deux victoires.
J'aime les longs virages amples, ces sections lentes et maîtrisées.
Interrogé plus en détail sur les raisons de sa réussite à cet endroit précis, il a préféré couper court, laissant planer un peu de mystère sur sa méthode : « Je n'ai rien d'autre à ajouter. »
L'écho de 1987 et la bénédiction des anciens
Pirmin Zurbriggen et Erika Hess, deux figures marquantes des Mondiaux de Crans-Montana en 1987, avaient elles aussi fait le déplacement.
Le Valaisien avait alors décroché deux médailles d'or et deux d'argent, tandis qu'Hess était devenue championne du monde de combiné et de slalom.
Von Allmen connaît bien cette épopée suisse vieille de quarante ans, mais Zurbriggen refuse toute comparaison entre les générations.
Il ne faut pas comparer. C'était une autre époque. Franjo et les autres n'ont rien à faire ; ils peuvent écrire leur propre histoire en février.
Pas de précipitation avant l'échéance de février
Malgré son statut de grand favori annoncé, von Allmen refuse pour l'instant de se projeter trop loin sur ces Mondiaux à domicile.
Je me concentre sur la préparation, puis sur les premières courses. Le reste viendra plus tard. Je prends mon temps et j'appliquerai la même stratégie que lors des dernières grandes compétitions. Cela a bien fonctionné.
Une formule qui, dit sobrement, résume mal l'ampleur de son récent bilan : deux titres mondiaux à Saalbach en 2025, puis trois médailles d'or aux Jeux olympiques de 2026.
De quoi se demander si cette accumulation de succès ajoute de la pression sur ses épaules, ou au contraire l'en libère.
On peut voir les choses des deux côtés. Soit je n'ai plus rien à prouver à personne, soit tout le monde attend de moi que je gagne ici.
Le skieur penche visiblement vers la première interprétation, sans pour autant relâcher ses exigences personnelles.
Je prends les choses tranquillement. Mais évidemment, je ne suis pas là pour faire plaisir ; je veux donner le meilleur de moi-même.
Il reconnaît d'ailleurs être son propre juge le plus sévère, et sait déjà ce qui fera la différence en février prochain.
Ma santé doit être au top, tout comme mon état mental.
Le globe de cristal, priorité affichée
Reste une question qui en dit long sur ses véritables priorités pour la saison à venir : entre un globe de cristal et une victoire mondiale à domicile, que choisirait-il ?
Probablement le globe de cristal de descente, car je ne l'ai pas encore gagné.
Que ce vœu se réalise ou non dès cet hiver, von Allmen n'a, à seulement 25 ans, aucune raison de s'inquiéter : le temps joue clairement en sa faveur pour cocher un jour cette dernière case.
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