La désillusion olympique

Participer à ses premiers Jeux olympiques d'hiver est le rêve de toute une vie pour une athlète.

Mais pour la jeune Allemande Julia Tannheimer, l'expérience de Milan-Cortina a eu un parfum d'inachevé.

Si le volet sportif a tenu toutes ses promesses, l'organisation géographique éclatée de ces Jeux a totalement anéanti la fameuse « magie olympique » pour les biathlètes, confinés loin de l'effervescence.

Un village fantôme et des cérémonies snobées

Interrogée sur ses attentes, la biathlète n'a pas manié la langue de bois :

« D’une certaine manière, oui, d’une autre, non. Sur le plan sportif, ce fut une expérience intense. En même temps, pour nous, biathlètes, c’était complètement différent de l’image que je m’étais toujours faite des Jeux olympiques. »

L'exil géographique des épreuves de biathlon a pesé lourd sur le moral des troupes.

« Nous étions totalement livrés à nous-mêmes et n’avions absolument aucun contact avec les autres disciplines sportives à Antholz. Il n’y a eu ni cérémonie d’ouverture ni cérémonie de clôture pour nous.

Honnêtement, je l’avais imaginé autrement, et j’ai trouvé cela personnellement décevant », regrette amèrement la jeune femme, tout en concédant que ces trois semaines restent « formatrices et riches en impressions ».

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La ferveur d'Antholz n'a pas suffi à combler le vide

À la question de savoir si l'atmosphère olympique était différente d'une étape de Coupe du monde classique, le constat est sans appel :

« Dans notre cas, la différence était moins marquée. L’ambiance est fantastique à Antholz...

Mais ce sentiment typique des Jeux olympiques, vivre d’autres sports en direct, rencontrer des athlètes du monde entier dans un même village, nous manquait. Il me l’a vraiment manqué. »