Il n'a plus ses skis aux pieds, mais son œil d'expert reste impitoyable.
Consultant de luxe pour la chaîne norvégienne NRK durant les Jeux de Milan-Cortina, Johannes Thingnes Boe a assisté, impuissant, à l'effondrement de l'équipe d'Allemagne.
Avec une seule médaille de bronze au compteur, la "Mannschaft" a traversé la quinzaine comme un fantôme, broyée par le duel franco-norvégien.
Un désastre pour le pays du biathlon
Pour le quintuple vainqueur du Gros Globe, ce fiasco sportif est un véritable drame pour l'économie globale du biathlon, dont l'Allemagne est le poumon historique.
« Je suis très déçu des Allemands. Ni les femmes ni les hommes n'ont été à la hauteur.
La Norvège et la France dominent désormais largement le classement, et c'est triste de voir l'Allemagne n'obtenir que le bronze, car c'est un pays important pour le biathlon.
Le biathlon y est extrêmement populaire. Il est important pour nous de voir l'Allemagne sur le podium. »
La cruauté du sport et l'urgence d'une révolution
Bø n'oublie pas que le destin d'une course tient parfois à un fil, citant les quatrièmes places frustrantes de Franziska Preuss pour sa dernière apparition olympique :
« Franzi était tout près ; elle a manqué le podium de peu à deux ou trois reprises. Tout aurait alors pu être différent.
C'est aussi pour cela que nous aimons le biathlon, mais si, au final, ça ne fonctionne pas, c'est l'un des sports les plus décevants. »
Mais au-delà de la malchance, le Norvégien exige une véritable remise en question :
« Il faut absolument qu'un changement s'opère en Allemagne pour qu'elle retrouve son niveau d'antan, car nous savons qu'elle en a le potentiel. »
Un géant aux pieds d'argile
Les mots de Johannes Boe font écho au constat alarmant dressé plus tôt par Loïs Habert.
L'Allemagne semble en effet figée dans des schémas d'entraînement dépassés, loin de la révolution technologique et athlétique amorcée par la France.
Si les stades de Ruhpolding et d'Oberhof continuent de faire le plein de supporters, ces derniers risquent de se lasser de voir leurs athlètes jouer les seconds rôles.
La Fédération Allemande (DSV) doit déclencher un électrochoc d'urgence avant les JO de 2030 !
