Formule 1 Interview · Formula1.com 30 avril 2026

Hadjar : « Si je crois que je suis bon, je suis bon »

Promu chez Red Bull Racing aux côtés de Max Verstappen pour sa deuxième saison en F1, le Français Isack Hadjar (21 ans) s'est confié à Formula1.com sur sa philosophie, son éducation et le baquet redouté du quadruple champion du monde.

Isack Hadjar n'est ni intimidé par Max Verstappen, ni par les statistiques accablantes des écuyers passés à Red Bull avant lui. Dans une interview accordée à Formula1.com, le Français de 21 ans, promu cette saison aux côtés du quadruple champion du monde, a livré une philosophie tranchante.

Bien sûr que j'avais des inquiétudes. Quand on regarde les écarts entre Max et ses coéquipiers, on se dit : « C'est étrange. » Mais en même temps, je suis réaliste. Si je crois que je suis bon, je suis bon. Et c'est la fin de l'histoire. Isack Hadjar, à Formula1.com

Hadjar, qui a fait ses débuts en 2025 avec Racing Bulls, a connu un baptême brutal : crash dans le tour de formation au Grand Prix d'Australie. Mais là où plusieurs juniors Red Bull ont sombré, le Français a immédiatement rebondi : 11e à la course suivante, premier top 10 lors de la troisième manche, puis premier podium dans la foulée. Une trajectoire qui lui a valu sa promotion express après une seule saison.

Le pilote tricolore explique sa solidité mentale par un parcours sous tension permanente. « Depuis le karting, je n'ai jamais eu un moment où je me suis dit : "Bon, cette année j'ai une équipe dominante, ça va être facile." Ça a toujours été une pression constante, j'ai toujours dû prouver quelque chose. Quand on s'habitue à ça depuis l'âge de 7, 8, 9, 10 ans, on gère cette pression beaucoup mieux. »

Et de préciser un trait de caractère : la pression vient surtout de lui-même.

« La pression que je me mets pour me satisfaire, mes propres standards, sont plus élevés que ceux de qui que ce soit d'autre. Au final, ne pas me décevoir, c'est la chose la plus importante. »

Isack Hadjar, baptisé en hommage au mathématicien et physicien Isaac Newton, vient d'une famille où l'éducation est centrale. Son père est physicien quantique, et le pilote a hérité d'une passion pour l'astronomie : des équations physiques figurent depuis toujours sur son casque, même à l'époque du karting. Ses parents l'ont obligé à mener de front école et compétition.

« C'était fatigant quand on est gamin. Je n'ai pas de très bons souvenirs de cette période en karting parce que je rentrais chez moi le dimanche soir après un week-end difficile et le lundi matin j'avais un examen. Mais cette discipline m'aide aujourd'hui : c'est un sport compliqué, on parle aux ingénieurs toute la journée. »

Sur ses débuts chez Red Bull (3e sur la grille à Melbourne pour l'ouverture, puis chute en milieu de classement avec Verstappen sur les courses suivantes), le Français reste lucide.

« Oui, c'est un petit échantillon. La voiture est très difficile à piloter, mais je ne suis pas trop loin et je suis content de ce que je délivre. J'ai donné le maximum. Globalement, c'est plutôt bon. »

Hadjar voit surtout 2026 comme le commencement d'un cycle long.

« Je suis très excité, parce que c'est la première fois dans ma carrière que je démarre un grand projet avec une grande équipe. L'an dernier, j'arrivais et c'était la dernière année de la réglementation, donc je n'avais aucun input pour aider l'équipe à développer. Là, c'est le début d'un grand, grand défi : c'est très excitant de savoir que la voiture va monter en performance. »