Les adieux de Bátovská Fialková

 À 33 ans, Paulína Bátovská Fialková a décidé de dire définitivement adieu au circuit mondial. La championne a tiré sa révérence la semaine dernière à Oslo, quelques jours après avoir savouré un dernier podium, à Kontiolahti.

Un dernier frisson avant de raccrocher

Cet ultime coup d'éclat sonne comme une récompense après des moments de doute.

« J'étais vraiment déçue après les Jeux olympiques, car j'avais de plus grandes ambitions », confie la Slovaque sur le site de l'IBU.

 « Mais c'est le biathlon ; c'est la vie. Je croyais vraiment pouvoir terminer ma carrière sur le podium, ou presque, et je l'ai fait. »

Si la décision de s'arrêter flottait dans l'air depuis quatre ans, la réalité du circuit a fini par la rattraper.

Devenue maman, elle a dû affronter un déchirement intime insoutenable :

« Je me demandais si j'avais pris la bonne décision de continuer, car maintenant j'ai une famille et je ne vois pas ma fille grandir comme si j'étais à la maison.

C'est difficile d'être constamment sur la route, toute l'année, et je pense que ce n'est pas viable. Mais quand j'obtiens un bon résultat comme à Kontiolahti, ma famille est heureuse et moi aussi. »

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Le sacrifice impossible de la maternité

« J'ai dû établir des priorités : être d'abord mère, puis biathlète. C'est pourquoi je pense ne pas m'être investie à 100 % dans le sport ces dernières années, peut-être seulement à 90 %. Ce n'est pas suffisant pour le biathlon. Il faut donner le meilleur de soi-même, voire plus. Malgré tout, je suis satisfaite d'avoir fait le choix d'être mère avant tout. »

Une fratrie en or et une fierté légitime

La Slovaque quitte la scène avec le sentiment du devoir accompli, forte de onze apparitions sur la boîte en Coupe du monde.

« Je n'ai jamais gagné de course de Coupe du monde, mais j'étais vraiment tout près et ce n'est pas donné à tout le monde », rappelle-t-elle avec une légitime fierté.

Une aventure qu'elle a pu vivre aux côtés de sa sœur Ivona : « C'était vraiment formidable. Avoir quelqu'un de ma famille avec qui partager les bons moments, mais aussi des avis et des critiques comme : "Tu ne fais pas ça correctement".

« Une vie sans voyages, sans bagages »

Désormais, l'heure est à l'apaisement. Terminé le stress des déplacements permanents. Elle rit d'ailleurs de bon cœur en évoquant sa future routine :

« Je pense que ce sera paisible, mais peut-être plus stressant que ma vie de biathlète ! Je veux vraiment rester chez moi, sans voyager, sans faire de valises, sans me soucier de l'organisation avec ma fille. »

Avant de fermer ce chapitre, la jeune retraitée de 33 ans a tenu à laisser un message fort et atypique à la nouvelle génération :

« Ne soyez pas trop professionnels dès votre plus jeune âge, car vous avez tout le temps devant vous. On se fatigue mentalement très vite.

Amusez-vous, prenez plaisir à l'entraînement et faites aussi des bêtises ! Si vous allez trop vite, votre carrière peut s'arrêter net. »