C'est une des images de la soirée de mardi à Schladming.
Alexis Pinturault, le skieur français le plus titré de l'histoire, la tête basse, le regard perdu, évoquant sans détour la tempête psychologique qu'il traverse.
Seulement 25ème du géant nocturne, le champion tricolore voit l'horizon olympique s'envoler définitivement, et ce n'était pas le plan du début de saison.
Pris dans la tourmente des quotas et de l'incertitude administrative, le Savoyard a avoué avoir vécu un véritable calvaire mental avant même de chausser les skis.
"On nous dit qu'on n'est pas qualifiés, puis que c'est possible..."
En zone mixte, la transparence de Pinturault a fait mal à entendre. Il a raconté le choc subi depuis Adelboden, où l'équipe a appris la réduction brutale du nombre de places (passant d'une dizaine espérée à 6 ou 7 réelles).
« J'ai mal vécu les dernières heures. On apprend qu'on n'est pas qualifiés, puis le lendemain que c'est encore possible. Ce n'est pas évident à gérer... Ça a été un peu le choc. Ça a vraiment changé la donne. »
Malgré les circonstances et la grosse déception, 25e du slalom géant, Alexis Pinturault a refusé de se cacher derrière les excuses.
Avec une lucidité désarmante, il a assumé sa part de responsabilité.
« C'est sûr que j'aurais dû être meilleur pour qu'il n'y ait pas de discussion autour d'une sélection », a-t-il lâché.