Il est rentré en France avec le statut de superstar du ski de fond mondial. Triple médaillé d'argent à Milan-Cortina, Mathis Desloges a ébloui la planète blanche.
Mais ce succès fulgurant ne doit rien au hasard.
Interrogé par le journal L'Équipe sur son bilan, le jeune Français a dévoilé l'envers du décor de sa quinzaine, marquée par un isolement volontaire et une concentration extrême.
Une mission plutôt que du tourisme
Oubliez les selfies au village olympique, les échanges de pin's avec d'autres délégations ou les soirées à encourager les copains dans les tribunes.
Pour Desloges, les Jeux se sont résumés à une seule chose : la piste et le chrono.
« J'étais venu chercher de la performance et ça a été une expérience hors du commun parce que, sur les skis, c'était dingue.
Après, je n'ai pas fait beaucoup de trucs olympiques : parler à des gens, faire des rencontres.
Je n'ai rien été voir, même pas du saut à skis (le site était pourtant à côté de celui de ski de fond). J'étais en mission pour ramener des médailles et je ne changerais rien. »
L'émotion plutôt que les mondanités
Loin de regretter cette autarcie, le porte-drapeau de la cérémonie de clôture savoure l'impact de son sacrifice.
Les larmes et la fierté partagées avec son staff ont largement compensé l'absence de vie sociale.
« Ce que j'ai fait pour le ski de fond français n'a pas de prix comparé à tout ce que j'aurais pu vivre au village.
Ce moment après le relais où on croisait tous les regards émus... Je sors de ces Jeux avec beaucoup de joie. »