🎿 Biathlon · Justine Braisaz-Bouchet

Braisaz-Bouchet brise le silence : « Pendant trois ans, je me suis tue. Je ne me suis pas du tout sentie considérée. »

La championne olympique lève le voile sur le malaise au sein de l'équipe de France féminine de biathlon et sur le traumatisme personnel provoqué par l'affaire de fraude à la carte bancaire impliquant Julia Simon.

Justine Braisaz-Bouchet parle dans les colonnes de l'Equipe. La championne olympique de mass-start à Milan-Cortina lève le voile sur l'état réel du groupe France féminin et sur les séquelles personnelles de l'affaire Julia Simon jugée et condamnée à trois mois de prison avec sursis et 15 000 euros d'amende pour fraude à la carte bancaire, puis suspendue un mois par la commission de discipline de la FFS.

Pendant trois ans, je me suis tue, je n'ai rien dit. Je me disais que la vérité sortirait. Mais quand la justice a pris une décision, je me suis rendu compte que ça ne changeait rien. Justine Braisaz-Bouchet

La décision de justice n'a pas eu l'effet libérateur qu'elle espérait. La condamnation de Julia Simon a été rendue juste avant le début de saison 2025-26, suivie d'une suspension d'un mois décidée par la fédération. Pour Braisaz-Bouchet, ces sanctions n'ont pas suffi à refermer la blessure.

Normalement, il n'y a pas d'acte sans conséquence. Tu ne peux pas agir de manière inconséquente. Pour moi, ce n'est pas possible. On est un milieu où on se connaît, c'est une petite entreprise, on vit énormément ensemble, on partage des émotions fortes  et je ne me suis pas du tout sentie considérée. Justine Braisaz-Bouchet

Sur l'état du groupe féminin en général, elle n'épargne personne.

Une lassitude de fond, des clans, une équipe qui dysfonctionne selon ses mots, un diagnostic d'autant plus pesant qu'il vient d'une athlète qui venait de vivre la plus belle saison de sa carrière.

Voilà une des raisons qui l'ont poussé à claquer la porte de l'équipe de France pour s'entrainer en solitaire et prendre en charge la totalité de ses frais.

On regarde tout le temps la personne accusée mais on ne parle jamais des victimes. La société pourrait fonctionner différemment.Avec Julia Simon, il n'y a pas de lien. C'est une manière de sauvegarder mon énergie. Justine Braisaz-Bouchet