🎿 Biathlon · Justine Braisaz-Bouchet

« J'avais l'impression d'être spectatrice d'une déchéance sportive »

Dans un entretien fleuve accordé à L'Équipe, la championne olympique livre un bilan sans concession de sa saison, épuisement total, sentiment de solitude immense, non-sélection au relais mixte après une victoire à Nove Mesto, JO vécus en colère et en déroute. Et une seule conclusion : il faut tout changer.

Justine Braisaz-Bouchet a passé 15 jours chez elle entre le 1er juillet et le 25 mars. Elle s'est investie comme jamais. Et puis tout s'est effondré. La championne olympique de mass-start 2022 décrit dans L'Équipe une saison cauchemardesque.

Je me suis retrouvée à la fin de l'hiver sans repère, sans énergie, sans avoir réussi les objectifs que je m'étais fixés. Ce qui me marque, c'est le manque d'énergie et un sentiment de solitude immense dans mon projet sportif. Justine Braisaz-Bouchet — L'Équipe

Jusqu'aux Jeux, elle a bataillé course après course pour marquer des points, se faire sélectionner, n'avait rien d'acquis. Et puis la dernière Coupe du monde avant les JO, à Nove Mesto  elle gagne l'individuel. Et n'est pas sélectionnée pour le relais mixte olympique.

À Nove Mesto, je gagne l'individuel, et au final je ne suis pas sélectionnée pour le relais mixte. Je suis rentrée à la maison très en colère. Je me suis sentie un peu trahie parce que j'avais l'impression que les plans étaient décidés depuis longtemps. J'y ai cru et c'est pour ça que j'ai été déçue. Justine Braisaz-Bouchet

Elle reconnaît que le staff avait raison sur le fond, la France a remporté l'or sur le relais mixte et le relais femmes. Mais être mise de côté après une victoire en Coupe du monde, cela laisse des marques.

Je me suis donc retrouvée aux Jeux, fatiguée, en colère, sous pression aussi avec l'aspect extra-sportif et, au final, cela a été déception sur déception. J'avais l'impression d'être juste témoin, spectatrice d'une déchéance sportive. Je me suis vraiment sentie seule. Je n'étais pas en capacité de performer. Les dés étaient jetés.
La certitude c'est que mentalement je n'allais pas bien. Sportivement je ne trouvais pas les solutions, j'avais le moral au fond des chaussettes. Sur l'extra-sportif, c'était aussi difficile. Donc, il fallait changer. Justine Braisaz-Bouchet

27e comme meilleur résultat aux JO de Milan-Cortina. Une saison à ne pas regarder. Une conclusion qui s'imposait d'elle-même : il fallait changer. Elle a changé.