Justyna Kowalczyk (POL/championne olympique du 30 km): "Mon plan était de rester relax le plus longtemps possible, idéalement jusqu'au km 15, mais le rythme a augmenté beaucoup plus tôt. Quand Marit a attaqué, ce n'était pas facile pour moi, mais j'ai réussi à revenir sur elle. Marit voulait gagner aussi cette course, elle n'était pas blasée, je crois que j'étais un peu plus forte qu'elle aujourd'hui, c'est tout. C'était le genre de conditions qui me plaisent, car avec l'humidité, la neige est plus lente. Etre la Polonaise la plus médaillée dans une discipline hivernale, c'est très bien, mais peut-être que je vais devenir encore un peu plus populaire, ce qui n'est pas forcément une bonne chose pour moi".
Marit Bjoergen (NOR/2e):
"Je suis très heureuse, trois médailles d'or, une d'argent et une de bronze, je ne peux pas être déçue de finir sur une médaille d'argent. Si on m'avait dit cela avant les JO, je ne l'aurais pas cru. Il va me falloir du temps pour réaliser ce que j'ai fait. C'est quand je serai à la maison que je comprendrai ce que j'ai accompli.
Je suis très heureuse de rentrer demain chez moi après cinq semaines loin de ma famille et de mon fiancé: je ne sais pas à quel accueil m'attendre. Peut-être que je vais devenir une star... Personne ne s'attendait à ce que je sois aussi bonne à Whistler, on attendait sans doute plus Petter Northug.
Quand Kowalczyk est revenue sur moi, je savais que cela serait dur, elle était plus forte que moi aujourd'hui. Pour gagner la médaille d'or, j'aurais dû rentrer en premier dans le stade d'arrivée. Elle avait pris plusieurs mètres d'avance dans la dernière montée. Je vais aller jusqu'aux Mondiaux-2011 qui auront lieu à Holmenkollen. Je prendrai une décision après.
Après les Mondiaux-2009 à Liberec, j'ai voulu changer des choses: je me suis concentrée sur les Jeux, je n'ai pas participé à beaucoup de courses, je suis restée chez moi à m'entraîner en étant relax. (A propos des déclarations de Kowalczyck qui a mis ses victoires sur le compte de l'utilisation d'un médicament contre l'asthme). J'ai été un petit peu déçue quand j'ai entendu cela la première fois, mais j'ai vite oublié. Kowalczyck est une bonne athlète, je ne sais pas ce qu'elle a dit précisément. Pour moi, c'est de l'histoire ancienne".
Aino-Kaisa Saarinen (FIN/3e du 30 km):
"Avant la course, j'avais décidé de changer de skis à trois reprises, car la neige était très humide. J'ai pris un risque en changeant une dernière fois à cinq kilomètres de l'arrivée, c'était la bonne décision. On a vu à plusieurs reprises depuis le début des JO que la dernière descente avant l'entrée dans le stade était importante et décidait de
la course. C'est pour cela qu'il fallait avoir des skis qui glissaient bien. Quand j'ai changé les skis pour la dernière fois, j'ai eu du mal à le faire et j'ai perdu du temps, car j'avais perdu la sensibilité dans mes doigts, ils étaient gelés. Je ne me suis pas inquiétée quand Kristin Steira a attaqué au km 25, il restait encore beaucoup de kilomètres. L'hiver dernier, tout s'est déroulé plus que parfaitement pour moi, je n'ai jamais été malade, j'ai enchaîné les bonnes courses. Cet hiver, ma saison est bonne, mais il m'a manqué un petit quelque chose par rapport à 2008-09 et je ne sais pas quoi".

Karine Laurent Philippot (FRA/10e):
"C'est génial. J'avais déjà fait 11e à Turin (30 km, NDLR) et 8e à Salt Lake City (15 km, NDLR). Je n'étais jamais entrée dans les +dix+ en classique, le faire sur des Jeux, c'est super. Pourtant, je suis tombée vers le km 5, j'ai dû me battre jusqu'au bout, mais j'y ai toujours cru.
J'avais des super skis, les techniciens ont fait un super boulot, comme mon entraîneur Olivier Michaud, je tiens à les remercier. Je n'ai pas changé de skis, vu que les skis tenaient et qu'au niveau des changements de skis la neige collait et qu'on perdait du temps. L'attaque au km 25 de (la Norvégienne Kristin) Steira m'a fait mal. Je n'ai pas osé jouer, j'avais limite des crampes aux bras, je me suis dit qu'il ne fallait pas se mettre dans le rouge. Je me suis refait une santé pour bien finir.
(A propos du bilan français des JO-2010) On espère toujours un peu plus, mais c'est positif, j'ai fait des JO sans tomber malade, la forme est arrivée petit à petit. Je me suis fait plaisir en sprint par équipes (10e), on a fait un super relais (7e). C'est sûr on ne ramène pas de médaille, mais on est autour des 10-15 meilleures mondiales, c'est déjà super".
Aurore Cuinet (FRA/15e):
"C'était mon premier 30 km, j'avais un peu peur au début comme je ne suis pas habituée à cette distance, mais faire 15e, c'est le meilleur résultat de ma carrière sur des épreuves de distance. Réussir cela sur les Jeux, je suis vraiment contente, c'est formidable. On finit fort, c'est vraiment positif. Encore hier, j'avais mal aux jambes, on n'avait pas encore bien récupéré. Dans un 30 km, on oublie tout, on pense à rester au contact avec les filles, on oublie vite la douleur. Comme j'ai tendance à partir vite, je suis restée plutôt derrière au début. Comme je savais que j'avais de bons skis, je suis restée dans un petit groupe derrière et j'ai lâché les filles dans la dernière bosse".
(avec AFP)
Photos : copyright Nordic Focus

