Combiné nordique · Urgence France 3 Régions · Pétition 4 mai 2026

Killy, Pérec, Jeanmonnot, Fillon-Maillet ont signé, il reste 7 semaines pour convaincre le CIO 

Le CIO tranchera le week-end du 24-25 juin 2026. Lancée le 27 avril, la pétition pour sauver le combiné nordique a recueilli plus de 2 100 signatures en une semaine. Sylvain Guillaume, Nicolas Michaud et de grands champions de toutes disciplines se mobilisent. L'objectif : 10 000 signatures.

La date est fixée. Le week-end du 24-25 juin 2026, le Comité International Olympique décidera s'il maintient ou non le combiné nordique au programme des Jeux olympiques d'hiver. La discipline associe saut à ski et ski de fond depuis les tout premiers Jeux d'hiver, à Chamonix en 1924. Elle est présente à chaque édition depuis 102 ans, comme le hockey sur glace, le saut à ski, le ski de fond et le patinage. Et elle pourrait en être retirée dans sept semaines.

Une menace qui couve depuis 2022

La menace n'est pas nouvelle. C'est dès l'été 2022 que l'avenir du combiné nordique aux JO de Milan-Cortina 2026 a commencé à être publiquement discuté dans le cadre des arbitrages du CIO.

Elle s'est resserrée en 2025, quand la question de son maintien aux JO 2030, organisés en France, a de nouveau été posée.

Deux arguments reviennent : l'absence de femmes à la pratiquer aux JO, le combiné était le dernier sport d'hiver 100 % masculin aux JO 2026 et le faible nombre de nations participantes : 15 aux JO 2026, contre 22 pour le saut à ski et une trentaine pour le biathlon.

Pour autant, une Coupe du monde féminine existe depuis 2021. La pétition demande aussi que les femmes intègrent le combiné dès 2030, « pour respecter la Charte olympique sur l'égalité mais aussi pour développer et faire encore grandir la discipline ».

🏆 Pétition officielle — Signez maintenant

Jean-Claude Killy, Marie-José Pérec, David Douillet, Alain Bernard, Quentin Fillon-Maillet, Lou Jeanmonnot, Éric Perrot et des dizaines de championnes, champions et médaillés olympiques ont signé. Refusez de voir disparaître le combiné nordique alors que les Jeux d'hiver auront lieu en France en 2030 !

✍️ Signer la pétition →

« On ne peut pas balayer cette discipline d'un revers de la main »

Sylvain Guillaume, médaillé d'argent en combiné nordique aux JO d'Albertville 1992, est l'un des visages de cette mobilisation. Pour lui, l'enjeu dépasse le combiné nordique lui-même.

C'est bafouer l'histoire du ski. Cette discipline est plus vieille que l'alpin et on ne doit pas y toucher avant de ramener des disciplines qui ne sont pas sur la neige. On a amené la méthode Gundersen et le biathlon et le ski de fond s'en sont inspirés. Sylvain Guillaume — médaillé d'argent JO Albertville 1992

Guillaume souligne également, sur le site de France 3 Régions, le risque pour les autres disciplines nordiques : « Ce n'est jamais bon de retirer une discipline nordique, surtout en ski. Ça ne serait pas bon pour le saut à ski par exemple. »

Il rappelle aussi que « les premières médailles olympiques en ski nordique, c'est le combiné nordique qui les a ramenées en 1992 ».

Le diagnostic de Nicolas Michaud : un mauvais développement depuis des années

Nicolas Michaud, ancien entraîneur de l'équipe de France de combiné nordique jusqu'aux JO de Vancouver 2010  et le sacre de Jason Lamy-Chappuis, puis directeur des disciplines nordiques en France, pointe une responsabilité structurelle bien antérieure à la menace actuelle.

Quand j'étais directeur de la discipline, c'était très difficile de faire bouger les choses. On voyait déjà que la discipline n'évoluait pas dans le bon sens notamment à cause des formats de courses qui n'évoluaient pas. La Fédération Internationale n'a pas vraiment pris le temps de chercher comment développer cette discipline. Nicolas Michaud — ancien entraîneur et directeur du combiné nordique en France

Pour lui, si la discipline sort du programme olympique, ce ne sera pas une mort immédiate mais une décadence accélérée : « Si la discipline n'est plus olympique, elle ne va pas mourir demain car on aura toujours des circuits de compétitions, mais les nations qui avaient déjà du mal à trouver les budgets vont arrêter. Au lieu d'une dizaine de nations, on arrivera à 5, 6 nations et on aura plus aucune crédibilité. »

2 100 signatures, objectif 10 000, deadline le 24 juin

La pétition a été lancée le 27 avril 2026 par Dominique Issartel, responsable du saut et du combiné au comité du Dauphiné, avec Sylvain Guillaume et Fabrice Guy.

En une semaine, elle a rassemblé plus de 2 100 signatures. L'objectif est 10 000.

Avant le lancement public, une lettre signée par les champions de la discipline avait déjà été envoyée au CIO, à la commission des athlètes et à Edgar Grospiron, président du COJOP 2030.

Nicolas Michaud va plus loin : pour lui, un lobbying direct auprès du COJOP 2030 reste insuffisant à ce jour, et c'est là que l'essentiel se joue.