Pas contents les Norvégiens
Dès la saison prochaine, la FIS réduit le nombre de participants par nation en Coupe du monde. Pour la Norvège c'est une décision qui va casser des carrières, tendre les sélections et, peut-être, décourager des athlètes.
On ne pénalise jamais les forts autant que quand on plafonne leur nombre. Et pourtant la FIS a décidé de limiter les quotas par nation dans les épreuves de Coupe du monde de ski de fond. Sur le papier, l'idée est de rééquilibrer le plateau. Dans les faits, c'est la Norvège, seule à ce niveau, qui trinque. Et le pays ne le prend pas bien.
L'entraîneur Nossum : « Les athlètes n'ont pas encore saisi les conséquences »
Eirik Myhr Nossum, entraîneur de l'équipe masculine, ne minimise pas. Il prévient même que le pire est encore à venir dans les têtes.
La situation est déjà difficile pour les fondeurs masculins en Norvège — c'est une lutte acharnée. Il y a tellement de déçus et de mécontents, et la situation ne fera qu'empirer. Les athlètes n'ont pas encore pleinement saisi les conséquences pour eux.
Nyenget et Stenshagen : « Ravi de ne pas avoir à faire les choix »
Ce sera incroyablement difficile, surtout pour décrocher les dernières places. Chaque week-end, si l'on examine les courses une par une, on constatera des discussions animées. Ce sera plus compliqué que jamais.
Mattis Stenshagen visualise déjà les semaines explosives à venir, notamment sur les week-ends à double format sprint à Drammen et longue distance à Holmenkollen en même temps.
On verra probablement beaucoup de gens se plaindre dans les médias, car ils se sentiront lésés. C'est dommage qu'ils soient obligés de limiter le nombre de participants. Pour ma part, et dans l'intérêt du public, je pense que les meilleurs devraient être au départ. Cette mesure vise à limiter la participation norvégienne.
Valnes : « La Norvège pénalisée pour sa force »
Le sprinteur Erik Valnes va plus loin. Il parle de démotivation, de dynamique brisée et glisse un mot pour les autres nations.
Cela pourrait en démotiver plus d'un. Le gâteau se réduit comme peau de chagrin. Être parmi les meilleurs n'est pas forcément un avantage dans la situation actuelle. Je pourrais aussi me retrouver exclu d'une compétition à laquelle j'aurais pu participer. C'est dommage que la Norvège soit pénalisée pour sa force — mais pour moi, en tant que Norvégien, c'est facile à dire. J'espère également que la FIS prendra des mesures pour renforcer les autres nations.
Cette affaire de quotas c'est l'histoire du vieux serpent de mer dans ces sports où seules une ou deux nations écrasent la discipline.
Evidemment il est injuste d'empêcher des champions capables de faire un podium en coupe du monde de participer, évidemment des Norvégiens seront lesés.
Mais d'un autre côté, quand on écoute Stenshagen demander "la présence des meilleurs sur toutes les courses", ce qui est juste, on aimerait l'entendre dire la même chose à propos de l'absence trop durable des Russes !
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