C’est un Tommaso Giacomel plein de maturité qui s’est confié lors du podcast Somamentis.
La figure de proue du biathlon italien, né en 2000, n’est plus seulement ce jeune chien fou sur les skis.
Devenu un des hommes à battre, il livre un regard pertinent sur la brutalité mentale d'un sport où tout peut basculer en un battement de cils.
Le mental : « 50 à 60 % de la performance »
Pour le natif du Trentin, le biathlon est un sport « hybride » où le physique ne suffit jamais. La bascule entre l'effort violent du ski et le calme chirurgical du tir est un combat permanent contre soi-même.
« Je pense que c’est valable pour tous les sports, mais particulièrement pour le mien. [...] Je dirais que le mental compte pour 50 à 60 %, mais cela dépend des circonstances.
Parfois, tout semble facile... mais dans les moments difficiles, l’aspect mental devient crucial. On peut passer de la première à la dernière place en un clin d’œil. »
Gérer la colère : « Le biathlon n'est pas toute ma vie »
Giacomel reconnaît avoir dû faire un immense travail sur lui-même pour ne plus laisser les résultats décevants consumer son énergie.
Une métamorphose qui a eu lieu après un début de saison 2024/25 frustrant, où ses jambes volaient mais ses balles restaient dans le cordon.
« Avant, j’avais du mal à encaisser les mauvaises courses, mais j’ai fini par comprendre que le biathlon n’est pas toute ma vie ; les déceptions passent vite.
Je garde mon calme, même si je suis en colère, mais après une heure ou deux, tout rentre dans l’ordre et je pense déjà à la prochaine. [...] J'ai réalisé que j'étais trop concentré sur le résultat au détriment du processus. »
Savoir couper, pour durer
Giacomel insiste également sur sa relation passionnée avec son entraîneur, Andrea Zattoni, qu'il décrit comme un membre de sa famille malgré des tempéraments explosifs.
« Il est un peu comme un oncle. [...] Nous avons tous les deux des personnalités fortes et exigeantes.
Il arrive donc que nous nous heurtions, mais c'est fondamental car je veux devenir un meilleur athlète et une meilleure personne. »
Mais pour ne pas exploser en vol, l'Italien martèle l'importance de sortir de la « bulle » sportive :
« Vivre tout le temps dans la bulle est totalement contre-productif. Les attentes entrent en jeu, et ce sont avant tout nos propres attentes.
Avoir une activité en dehors du sport est, selon moi, essentiel. Sinon, à la longue, on tourne en rond et ça peut devenir lassant. »
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