Aujourd'hui, pour les meilleurs, la discipline est devenue une véritable machine à cash, et Julia Simon n'a aucune intention de s'en cacher.
Dans un entretien accordé au magazine Society, la championne française a décidé de briser le tabou de l'argent, retraçant son incroyable ascension depuis les bancs de l'école jusqu'aux sommets du sport-business.
De l'élève en échec à la star de la discipline
Son salut, elle le doit uniquement à son abnégation sur les skis.
« Je n'étais pas du tout scolaire, et c'est à travers le sport que je me sentais bien, que je me sentais moi. C'est très simple, je disais à mes parents que je voulais être championne olympique, sans savoir que ce serait en biathlon », se souvient-elle.
« Aujourd'hui, je prends un énorme kif à m'entraîner tous les jours, à gagner ma vie grâce à ça.
Et depuis des années, on a la chance d'être aidés par l'État, avec des contrats adaptés, grâce à l'armée, la gendarmerie et la douane, ce qui est mon cas, je suis agente contractuelle des douanes.
C'est une sécurité, un revenu fixe, on existe en tant que personne socialement, on cotise pour la retraite… »
Mais la véritable bascule financière s'est faite ailleurs : « Et maintenant, avec le sponsoring, les droits à l'image, le biathlon est entré dans la catégorie des sports olympiques lucratifs. On en vit très bien et de mieux en mieux. »
L'efftet Fourcade et la folie d'un public "chauvin"
Si le tiroir-caisse déborde, c'est aussi parce que la France s'est découverte une passion dévorante pour ce sport.
Une médiatisation spectaculaire que Julia Simon analyse avec beaucoup de lucidité :
« Notre sport a changé de dimension. Il y a eu un champion comme Martin Fourcade, qui est devenu une personnalité connue du grand public.
Et puis il y a eu le fait qu'une chaîne gratuite comme L'Équipe diffuse toutes les compétitions et fasse des audiences folles, qui augmentent toujours régulièrement.»
Sans oublier a ce trait de caractère : « C'est aussi un sport pourvoyeur de médailles, et le Français est chauvin, il aime gagner, donc un sport où les Français gagnent, il le suit. »
Le côté sombre : quand les parieurs s'en mêlent
Mais cette nouvelle dimension économique possède un revers terrifiant. Sous le strass des médailles et les contrats publicitaires, l'exposition engendre des dérives que les athlètes subissent de plein fouet au quotidien.
« J'ai aussi vu l'apparition des réseaux sociaux, des parieurs, etc. Ça, c'est le revers de la médaille quand un sport devient populaire, médiatique, qu'il est économiquement plus attrayant », déplore la championne.
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