Les 10 plus belles
randonnées au Pays Basque
De la Rhune aux sommets mythiques de Biscaye et du Guipúzcoa, le Pays Basque — Euskal Herria — aligne sur les deux versants de la frontière des paysages qui ne ressemblent à rien d'autre en Europe. Dix itinéraires des deux côtés pour comprendre ce territoire singulier.
Le Pays Basque n'est pas un département français. Ce n'est pas davantage une province espagnole. Euskal Herria — « le pays de ceux qui parlent basque » — est un territoire culturel et linguistique qui chevauche la frontière franco-espagnole sur les deux versants occidentaux des Pyrénées, rassemblant sept provinces historiques : Iparralde côté français (Labourd, Basse-Navarre, Soule) et Hegoalde côté espagnol (Biscaye, Guipúzcoa, Álava, Navarre). Sa langue — l'euskara — est l'une des grandes énigmes linguistiques d'Europe : seul isolat génétique du continent, sans parenté connue avec aucune autre langue, parlée ici depuis au minimum le Néolithique et probablement bien avant. Cette profondeur historique explique la singularité du territoire — et transparaît dans la toponymie des sentiers, où les sommets portent des noms millénaires : Artzamendi (montagne de l'ours), Txindoki, Gorbea, Aitzkorri...
Géographiquement, l'Euskal Herria de randonnée se divise en deux ensembles cohérents. Iparralde (les trois provinces nord-pyrénéennes) offre une montagne verte, humide, pastorale — crêtes modestes mais arrondies, landes à fougères, cayolars (cabanes de berger), troupeaux de brebis manech noires et tête rouge, forêts de hêtres parmi les plus belles d'Europe. Hegoalde (les quatre provinces sud) prolonge les reliefs vers le sud en paysages plus austères — massifs calcaires du Gorbea et de l'Aitzkorri aux silhouettes minérales, sommets isolés émergeant des brumes atlantiques (Txindoki, la pyramide basque), gorges profondes, parcs naturels classés. Le GR 10 (traversée française des Pyrénées, Hendaye-Banyuls) et son pendant espagnol le GR 11 (Hondarribia-Cap de Creus) débutent tous les deux sur le littoral basque, faisant du territoire le point zéro des traversées pyrénéennes. Dix itinéraires — six côté français, quatre côté espagnol — pour prendre la mesure de cette géographie singulière.
Le Top 10 des randonnées au Pays Basque
La Rhune 905 m – Sommet Mythique du Labourd
📍 Sare / Ascain · Labourd · Iparralde (France)La Rhune est le sommet du Pays Basque français. 905 mètres à peine — modeste chiffre au regard des géants pyrénéens voisins — mais une silhouette dressée en solitaire au-dessus de la plaine labourdine, visible depuis toute la Côte basque et jusqu'à San Sebastián par beau temps. Son nom — Larrun en euskara, « bonne lande » — dit tout d'une montagne qui n'en est pas vraiment une au sens alpin, mais qui règne sur le paysage basque par sa position stratégique. Le sommet porte trois bornes frontières (la frontière franco-espagnole passe exactement sur la crête) et une antenne de télévision qui fait office de repère visuel depuis Biarritz. Les historiens de la préhistoire ont recensé sur ses flancs plus de 70 cromlechs, dolmens et tumulus datés de l'âge du Bronze (2500-800 av. J.-C.) — l'un des plus denses ensembles mégalithiques du sud-ouest européen, témoignage que la Rhune est un sommet sacré depuis des millénaires.
L'itinéraire classique — ascension par le Col de Saint-Ignace depuis le parking du petit train (Sare, 169 m) — 8 km aller-retour, D+ 736 m, 4h AR. Le sentier PR bien balisé remonte en lacets à travers landes à ajoncs, fougères et pottok (petits chevaux basques semi-sauvages, race millénaire endémique à l'euskal herria), traverse des pâturages d'estive où broutent brebis manech et vaches blondes d'Aquitaine, pour finalement déboucher sur le plateau sommital à pelouse rase balayée par le vent permanent (la Rhune est l'un des sites français les plus ventés — rafales fréquentes dépassant 150 km/h). Panorama exceptionnel à 360° par temps clair : Hendaye, San Sebastián, Biarritz, l'Atlantique, les Pyrénées occidentales jusqu'au Pic du Midi d'Ossau au loin. Au sommet, ventas (commerces frontaliers espagnols) historiques — tradition de passer la frontière pour acheter pacharán, jambons et fromages. Alternative familiale : montée en petit train à crémaillère historique (inauguré en 1924, 4,2 km, 35 min, l'un des derniers trains à crémaillère de France).

Artzamendi 926 m – La Montagne de l'Ours & les Gorges de l'Enfer
📍 Itxassou / Bidarray · Labourd intérieur · IparraldeL'Artzamendi est une des plus belles randonnées du Labourd intérieur. Son nom — littéralement « la montagne de l'ours » en euskara (artza = ours, mendi = montagne) — rappelle que l'ours des Pyrénées rôdait encore dans ses forêts il y a moins de deux siècles. À 926 mètres, le sommet est à peine plus haut que la Rhune mais offre un caractère beaucoup plus sauvage — falaises calcaires dressées, crêtes acérées, hêtraies profondes, silence quasi-total. L'itinéraire combine deux sites mythiques du Pays Basque : la fameuse ascension par Itxassou via les gorges du Laxia, et le Pas de Roland — passage légendaire taillé dans la roche que la tradition fait remonter à l'épopée carolingienne (le neveu de Charlemagne, Roland, y aurait fendu la montagne d'un coup de son épée Durandal pour passer en Espagne, quelques années avant sa mort à Roncevaux en 778 — légende toponymique partagée avec l'Aragón, le Roussillon et l'Hérault).
L'itinéraire classique part de Itxassou (86 m, village des cerises noires AOC, fête des cerises en juin), suit le chemin d'ascension vers le Pas de Roland puis monte en crête jusqu'au sommet — 12 km en boucle, D+ 840 m, 5h. Une variante plus exigeante descend ensuite vers Bidarray par les Gorges de l'Enfer (Inferno en euskara) — canyon calcaire vertigineux traversé par la Nive dans un ensemble d'une beauté brute qui contraste avec la douceur pastorale dominante du Labourd. La hêtraie de l'Artzamendi est l'une des plus belles du Pays Basque français — automne spectaculaire (fin octobre-mi novembre), couleurs cuivrées sous la brume, tapis de feuilles craquant sous les pas. Au sommet, antenne de télécommunications (on la voit de loin) et vue panoramique sur les crêtes frontalières basques, la vallée de la Nive et, par temps clair, l'Océan Atlantique à 30 kilomètres à vol d'oiseau.

Forêt d'Iraty – La Plus Grande Hêtraie d'Europe
📍 Larrau / Orbaitzeta · Soule / Navarre · France-EspagneLa forêt d'Iraty est l'une des plus grandes hêtraies d'Europe occidentale. 17 300 hectares à cheval sur la frontière — 2 300 ha en France (Soule) et environ 15 000 ha en Espagne (Navarre), soit un massif forestier comparable en taille au Bois de Vincennes multiplié par dix-sept. Cette hêtraie-sapinière ancienne — jamais totalement défrichée, exploitée de manière traditionnelle pendant des siècles pour la construction navale (bois des navires royaux espagnols du XVIIe-XVIIIe siècles, notamment pour l'Armada) puis pour les étais de mine — conserve par endroits des caractéristiques de forêt primaire : arbres tricentenaires (hêtres de plus de 30 mètres), biodiversité remarquable (gibier d'Europe au complet : cerfs, chevreuils, sangliers, chats forestiers, martres, pics noirs, ours bruns en transit). C'est également l'un des plus importants sites ornithologiques d'Europe pour l'observation de la migration d'automne — des millions de palombes, pinsons, grives et cigognes y transitent chaque octobre.
Le Col de Bagargiak (Chalets d'Iraty), à 1 330 m côté français, est le point de départ le plus fréquenté des randonnées en forêt — station pastorale avec gîtes, auberge, location de chalets, et parking gratuit. Plusieurs boucles sont possibles : le tour du lac d'Iraty (5 km, 1h30, familial, eau turquoise émeraude), l'ascension du Pic d'Orhi voisin (voir n°4), la traversée transfrontalière vers Orbaitzeta (Navarre, 12 km, passage par la forêt primaire espagnole). Côté espagnol, la Selva de Irati (partie navarraise) est gérée comme Parc Naturel — accès par Ochagavía ou Orbaitzeta, sentiers balisés en espagnol-basque-euskara. L'automne (fin octobre à mi-novembre) est absolument spectaculaire — la hêtraie vire au jaune-or puis au cuivre-rouge, avec des matinées de brume qui transforment le massif en paysage onirique. C'est la randonnée d'arrière-saison par excellence du Pays Basque.

Pic d'Orhi 2 017 m – Premier 2000 des Pyrénées d'Ouest en Est
📍 Larrau / Chalets d'Iraty · Soule / Navarre · FrontièreLe Pic d'Orhi est une borne symbolique des Pyrénées. C'est le premier sommet à franchir les 2 000 mètres en venant de l'Atlantique — de l'Océan jusqu'à ce pic, sur 40 kilomètres à vol d'oiseau, aucun autre sommet n'atteint cette altitude. À 2 017 mètres très exactement, dressé sur la crête frontalière franco-espagnole, l'Orhi marque la transition entre la montagne basque verte et humide (à l'ouest) et les Pyrénées hautes et minérales (à l'est). Son nom en euskara — Orhi, probablement d'origine pré-indo-européenne — renvoie à une tradition montagnarde millénaire. Le sommet, très isolé de ses voisins, offre un dégagement panoramique spectaculaire par temps clair : toute la côte basque au nord-ouest (y compris l'Océan à 40 km), l'enfilade des hauts sommets pyrénéens jusqu'au Mont Perdu à l'est, les plaines de Navarre au sud, et la vallée de la Soule en contrebas au nord.
L'ascension classique part des Chalets d'Iraty (1 330 m), parking gratuit. Le sentier — balisage jaune PR + blanc-rouge GR 10 par intermittence — traverse d'abord la hêtraie d'Iraty puis débouche sur les alpages pastoraux à 1 600 m avant la crête finale. 10 km aller-retour, D+ 687 m, 4-5h AR. La randonnée est techniquement facile mais physiquement soutenue sur la dernière montée en crête, parfois ventée. Côté espagnol, l'approche depuis Ochagavía (Navarre) est plus longue mais offre une variante intéressante par la Chapelle de Jaskena et le plateau de Larrau. Du sommet, la crête frontalière court vers l'est en direction du massif du Lakoura (Pic d'Anie 2 504 m à 15 km) — possibilité d'enchaîner sur plusieurs jours par le GR 10 pour les randonneurs aguerris. L'Orhi est régulièrement cité comme l'un des plus beaux 2000 accessibles en randonnée à la journée de tout le massif pyrénéen.

Txindoki 1 346 m – La Pyramide Basque du Guipúzcoa
📍 Larraitz / Abaltzisketa · Sierra de Aralar · Guipúzcoa (Espagne)Le Txindoki est le plus photographié des sommets basques. Sa silhouette — pyramide calcaire parfaite dressée isolément au-dessus de la vallée du Goiherri — a quelque chose d'irréel : on dirait une montagne dessinée par un enfant, avec ses deux versants symétriques qui s'élèvent d'une seule ligne jusqu'à un sommet fin. Son nom officiel espagnol-basque est Txindoki (prononcer « tchindoki »), mais les bergers locaux l'appellent aussi Larrunarri (« la pierre de Larrun ») — double toponymie caractéristique de l'euskara. Sommet emblématique de la Sierra de Aralar — chaîne calcaire de 35 kilomètres à cheval entre Guipúzcoa et Navarre, classée Parc Naturel de Aralar (10 971 hectares) — il culmine à 1 346 mètres dans un environnement pastoral préservé : troupeaux de moutons latxa en estive, cayolars traditionnels, prairies d'altitude. La Sierra d'Aralar abrite également plus de 120 dolmens et monuments mégalithiques, témoignant d'une occupation humaine continue depuis le Néolithique.
L'ascension classique part de Larraitz (Abaltzisketa, 450 m) — 10 km aller-retour, D+ 900 m, 5h AR. Le sentier remonte d'abord les alpages de bas de pente, puis grimpe raide sur le flanc sud du Txindoki avant une dernière arête sommitale rocheuse et aérienne — passages d'escalade faciles (I), usage des mains requis, déconseillé par vent fort ou pluie. Du sommet, panorama à 360° sur l'ensemble du Pays Basque espagnol — Mont Ernio au nord, Aralar vers l'est et Navarre, Gorbea à l'ouest, et par temps exceptionnel la côte cantabrique jusqu'à San Sebastián. La montagne est très fréquentée le week-end (affluence quasi-quotidienne en été). Le sanctuaire de San Miguel de Aralar (à quelques kilomètres au sud, sur le versant navarrais) est un lieu de pèlerinage majeur — retable médiéval en or et émail byzantin du XIIe siècle, l'un des trésors d'art sacré les moins connus d'Europe.

Gorbea 1 482 m – Toit de Biscaye & Croix Emblématique
📍 Murua / Zeanuri · Parc Naturel de Gorbeia · Biscaye / ÁlavaLe Gorbea est le sommet des Basques d'Espagne. À 1 482 mètres, il est le point culminant à la fois de la Biscaye (Bizkaia) et de l'Álava (Araba) — cas rare d'un sommet partageant la titre entre deux provinces — et l'un des symboles les plus forts de l'identité basque espagnole. La grande croix de fer (Gurutza) érigée au sommet en 1901, visible de loin, est devenue l'emblème du Montañismo Vasco — tradition montagnarde locale particulièrement dense, où monter au Gorbea au moins une fois dans sa vie est presque un rite de passage pour tout Basque d'Hegoalde. L'ensemble relève du Parc Naturel de Gorbeia (20 016 hectares), l'un des plus vastes du Pays Basque espagnol, qui abrite une flore et une faune remarquables (vautours fauves, aigles royaux, sangliers, loutres dans les ruisseaux du versant nord).
L'ascension la plus classique part de Areatza ou Murua (côté Álava, à environ 500 m) — 18 km en boucle, D+ 900 m, 6-7h. Le sentier remonte par la zone pastorale de Arraba (1 150 m, larges plateaux, petits refuges de bergers) avant la montée finale sur les crêtes sommitales rocheuses. Au sommet, outre la croix historique, plusieurs cairns et monuments commémoratifs rappellent les liens intimes du Gorbea avec le mouvement de résurgence culturelle et politique basque des XIXe et XXe siècles. Variante plus courte par Pagomakurre (parking à 830 m, 6h AR, D+ 650 m). Le versant nord-ouest de la montagne abrite la cascade de Gujuli (Goiuri) — chute d'eau de 100 mètres, l'une des plus spectaculaires d'Euskadi, particulièrement impressionnante en hiver et au printemps après les pluies atlantiques. L'ensemble du massif est un terrain d'exploration qui demande plusieurs jours à qui veut le découvrir en profondeur.
Aitzkorri-Aratz 1 528 m – Calcaire & Abbaye Mystique d'Arántzazu
📍 Oñati / Zegama · Parc Naturel Aizkorri-Aratz · GuipúzcoaL'Aitzkorri — littéralement « roche rouge » en euskara, aitz = roche et gorri = rouge — est la plus longue crête calcaire du Pays Basque. Ses 1 528 mètres en font le point culminant du Parc Naturel Aizkorri-Aratz (15 919 hectares) et le troisième plus haut sommet du Guipúzcoa. La crête sommitale — 7 kilomètres de parois calcaires verticales dressées au-dessus des forêts de hêtres — offre l'une des plus belles traversées en haute montagne du Pays Basque, accessible à la journée pour les randonneurs entraînés. Au pied de la montagne se niche le sanctuaire d'Arántzazu (Oñati) — lieu de pèlerinage majeur depuis 1468 (apparition mariale), reconstruit dans les années 1950 par les architectes Francisco Javier Sáenz de Oiza et Luis Laorga, avec des œuvres monumentales de Jorge Oteiza et Eduardo Chillida — deux des plus grands sculpteurs espagnols du XXe siècle, basques eux-mêmes. L'ensemble est l'un des sommets de l'art sacré moderne européen.
La traversée classique de la crête de Aitzkorri part du col de San Adrián (ancien tunnel naturel utilisé comme passage par les Romains puis le Camino Real médiéval, classé Monument Historique) et rejoint le sommet par les sommets intermédiaires de Aitz Txiki, Iturrigorri et Aketegi (1 551 m — en fait, le point le plus haut du Parc Naturel est l'Aketegi, pas l'Aitzkorri lui-même, particularité géographique surprenante). 18 km en boucle, D+ 1 000 m, 7-8h. La crête est aérienne par endroits — pas d'escalade technique mais vigilance requise aux passages en bordure de falaise (exposition Nord, parfois 200 m de vide). Le versant sud abrite la grotte de Sandaili (ermitage médiéval). Pour une découverte plus courte : montée directe au sanctuaire d'Arántzazu depuis Oñati (accessible en voiture mais randonnée à pied possible, 12 km, D+ 500 m, 4h) puis aller-retour à un sommet de la crête depuis le parking du sanctuaire.
Mondarrain 749 m – Sentinelle du Labourd & Pelote de Géants
📍 Itxassou / Espelette · Labourd intérieur · IparraldeLe Mondarrain est une anomalie géologique. 749 mètres à peine, mais une silhouette si particulière qu'on ne peut pas la confondre avec aucune autre montagne du Labourd : une masse rocheuse sombre hérissée de dents calcaires et de blocs erratiques, dressée à l'écart des chaînes plus vertes qui l'entourent. Le nom en euskara — Mondarrain, forme altérée de Monteairan (« mont de l'aire ») — rappelle la tradition ancienne d'utilisation du sommet comme poste de guet et de signaux. Les basques du Labourd ont longtemps considéré le sommet comme habité par des lamiak (fées basques) et des jentilak (géants de la mythologie basque préchrétienne, bâtisseurs légendaires des dolmens). Le sommet conserve les ruines très visibles d'un château médiéval du XIIe siècle (bourg fortifié du Labourd pendant les guerres entre royaume de Navarre et royaume d'Angleterre), et un cayolar ancien (cabane de berger traditionnelle).
L'ascension classique part d'Itxassou ou du parking du Pas de Roland — 10 km en boucle, D+ 680 m, 4h. Le sentier balisé traverse d'abord des bois de châtaigniers et de chênes avant de déboucher sur les landes d'altitude à ajoncs et fougères, puis contourne les blocs rocheux caractéristiques jusqu'au sommet. La dernière section est plus rocheuse — pas d'escalade mais passages vigilance requise. Du sommet, panorama sur toute la côte basque depuis Biarritz jusqu'à San Sebastián par temps clair, crêtes frontalières vers le sud, et vue plongeante sur la vallée du Laxia et le Pas de Roland. Le Mondarrain se prête particulièrement bien à l'arrière-saison — fin octobre, les landes virent au pourpre avec les bruyères d'automne, lumière rasante spectaculaire, affluence raisonnable. Variante plus longue : traversée Mondarrain → Artzamendi → Pas de Roland pour les randonneurs aguerris (15 km, D+ 1 000 m, 7h, magnifique enchaînement de deux sommets emblématiques).
Jaizkibel – Chemin de la Côte & Vue Mythique sur Hondarribia
📍 Hondarribia / Pasaia · Littoral · Guipúzcoa (Espagne)Le Jaizkibel est la dernière crête pyrénéenne avant l'Atlantique. Chaîne côtière de 15 kilomètres dressée entre Hondarribia (à la frontière française) et Pasaia (aux portes de San Sebastián), elle culmine modestement à 547 mètres mais offre l'une des plus belles randonnées côtières d'Europe — sentier de crête qui domine constamment l'Océan, avec en toile de fond la baie de Hondarribia, le phare du Higer, les montagnes basques françaises et, par temps exceptionnellement clair, les côtes françaises jusqu'à Saint-Jean-de-Luz et même Biarritz au-delà. Le Jaizkibel conserve un patrimoine humain dense : chapelles médiévales isolées (Santa Bárbara, ruines du XVe siècle), fortins napoléoniens et batteries côtières de la guerre d'Indépendance espagnole (1808-1814), vestiges de la ligne défensive franquiste des années 1940 contre une éventuelle invasion alliée. La crête elle-même est géologiquement remarquable — formations en flysch (strates sédimentaires pliées et redressées) qui ont valu à la région le statut de Géoparc UNESCO (Costa Vasca Geopark depuis 2015).
L'itinéraire classique suit le GR 11 (variante E-9, sentier européen) depuis Hondarribia (niveau de la mer) jusqu'au sommet du Jaizkibel, puis redescend vers Pasaia par le versant ouest — 20 km en traversée, D+ 600 m, 6h. Itinéraire idéal sur deux voitures ou avec retour en bus depuis Pasaia (Lurraldebus, ligne E02). Variante courte : Hondarribia → Guadalupe → retour (10 km, D+ 400 m, 3h30) — panorama emblématique sur la baie. Le sentier longe la Chapelle de Guadalupe (sanctuaire majeur basque, pèlerinage l'Alarde du 8 septembre depuis 1638 — événement cérémoniel militaire-religieux unique). Hondarribia est l'une des plus belles vieilles villes d'Espagne — remparts médiévaux intacts, palais Charles-Quint (Parador), église gothique, maisons à colombages peints, le tout à quelques centaines de mètres de la frontière française. Pasaia (Pasajes) est un port historique — c'est d'ici que Victor Hugo admirait en 1843 les rives du port (plaque commémorative), et que Lafayette embarqua en 1777 pour aider les insurgés américains.

Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle – Saint-Jean-Pied-de-Port & Roncevaux
📍 Saint-Jean-Pied-de-Port → Roncesvalles · Basse-Navarre / NavarreC'est l'une des étapes les plus célèbres des chemins de pèlerinage européens. Saint-Jean-Pied-de-Port → Roncevaux — 25 kilomètres franchissant la frontière franco-espagnole par le col de Lepoeder (1 429 m) — est la première étape du Camino Francés pour les pèlerins qui ont choisi Saint-Jean comme point de départ, et sans doute la plus chargée de symboles : c'est ici, dans un défilé du massif, que Roland trouva la mort le 15 août 778 au retour de l'expédition de Charlemagne en Espagne — épisode historique transfiguré trois siècles plus tard en Chanson de Roland (vers 1100), premier chef-d'œuvre de la littérature française. L'abbaye-collégiale de Roncesvalles (Orreaga en euskara), fondée au XIIe siècle pour accueillir les pèlerins en détresse après la traversée du col, est devenue l'un des sanctuaires jacquaires les plus émouvants du monde chrétien — abbaye augustinienne, cloître du XVe siècle, tombeau légendaire de Roland (vide, symbolique), hospice de pèlerins depuis près de 900 ans.
L'étape est exigeante — 1 250 m de dénivelé positif, 500 m négatif, paysage alternant hêtraies, crêtes pastorales, cols venteux — et statistiquement, c'est l'une des journées les plus abandonnées par les pèlerins du Camino (ampoules, fatigue, mauvais temps). Mais c'est aussi l'une des plus belles. Le chemin — GR 65 côté français, Camino Francés côté espagnol — quitte Saint-Jean-Pied-de-Port (180 m) par la Porte d'Espagne des remparts médiévaux, remonte les contreforts du massif de Lindux par la Route Napoléon (historiquement suivie par les pèlerins depuis le XIe siècle), franchit le col de Lepoeder (1 429 m, ligne de partage des eaux Atlantique-Méditerranée, frontière linguistique basque-roman) et descend vers Roncesvalles (952 m). Variante par le col d'Ibañeta plus fréquenté en hiver (moins exposé). La fréquentation du Camino a explosé depuis les années 1990 — plus de 440 000 pèlerins ont reçu la Compostela en 2023 à Saint-Jacques, record historique.
Tableau récapitulatif des 10 randonnées
| # | Randonnée | Pays / Zone | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | La Rhune 905 m – Sommet mythique Labourd | 🇫🇷 Iparralde | 8 – 12 km | 700 – 900 m | 3h30 – 5h | Moyen |
| 2 | Artzamendi 926 m – Montagne de l'ours | 🇫🇷 Labourd | 10 – 15 km | 700 – 900 m | 4h – 6h | Moyen |
| 3 | Forêt d'Iraty – 17 300 ha hêtraie | 🇫🇷🇪🇸 Soule/Navarre | 8 – 20 km | 300 – 800 m | 3h – 6h | Facile/Moyen |
| 4 | Pic d'Orhi 2 017 m – Premier 2000 Ouest | 🇫🇷🇪🇸 Frontière | 10 – 14 km AR | 700 – 900 m | 4h – 6h AR | Moyen |
| 5 | Txindoki 1 346 m – Pyramide basque | 🇪🇸 Guipúzcoa | 10 km AR | 900 m | 4h30 – 5h30 | Moyen/Difficile |
| 6 | Gorbea 1 482 m – Toit de Biscaye | 🇪🇸 Biscaye/Álava | 14 – 20 km | 700 – 900 m | 5h – 7h | Moyen |
| 7 | Aitzkorri 1 528 m – Crête & Arántzazu | 🇪🇸 Guipúzcoa | 14 – 22 km | 900 – 1 100 m | 6h – 8h | Moyen/Difficile |
| 8 | Mondarrain 749 m – Château médiéval | 🇫🇷 Labourd | 8 – 12 km | 550 – 700 m | 3h30 – 5h | Facile/Moyen |
| 9 | Jaizkibel – Sentier côtier Hondarribia | 🇪🇸 Guipúzcoa | 14 – 20 km | 400 – 600 m | 4h – 6h | Facile/Moyen |
| 10 | Compostelle – SJPP → Roncevaux | 🇫🇷🇪🇸 Navarre | 25 km | 1 250 m | 7h – 9h | Moyen/Difficile |
