Les 10 plus belles
randonnées en Isère
Grenoble est la seule grande ville française où la montagne commence au bout de la rue — Chartreuse au nord, Belledonne à l'est, Vercors à l'ouest. Du Cirque de Saint-Même au Plateau d'Emparis face à La Meije, de Chamechaude au Mont Aiguille, dix itinéraires dans le département le plus montagneux de France hors DOM-TOM.
L'Isère est probablement le département de randonnée le plus extraordinaire de France métropolitaine. Non pas parce qu'il possède les plus hauts sommets, les Alpes du Nord en ont beaucoup, mais parce qu'il concentre sur un même territoire quatre massifs de caractères radicalement différents : la Chartreuse (forêts de hêtres et de sapins, falaises calcaires karstiques, Grande Chartreuse, cascades), le Belledonne (granit, lacs glaciaires, crêtes sauvages, la montagne de Grenoble par excellence), le Vercors (plateau calcaire suspendu, falaises de 300 m, paysages de steppe et de forêts de résineux, Mont Aiguille mythique) et l'Oisans-Écrins (haute montagne alpine authentique, glaciers, 4 000 m, Barre des Écrins, La Meije, Lac de la Muzelle). L'Isère abrite aussi la Matheysine (plateau de La Mure, Taillefer, lacs glaciaires peu connus mais spectaculaires). Au centre de tout cela, Grenoble, 475 000 habitants dans l'aire urbaine, est la seule grande métropole française où l'on peut sortir du tram et débuter une vraie randonnée de montagne en quelques minutes : le Vercors commence à 15 km du centre, la Chartreuse à 10 km, Belledonne à 20 km. C'est une situation unique en Europe occidentale.
La sélection proposée ici reflète cette diversité. Deux itinéraires en Chartreuse (Chamechaude, Cirque de Saint-Même), deux en Belledonne (Lac Blanc, Les Sept Laux), deux en Vercors (Mont Aiguille, Grand Veymont), trois dans le secteur Oisans-Écrins (Lac de la Muzelle, Plateau d'Emparis face à La Meije, Lac du Lauvitel) et un outsider de classe dans la Matheysine (Taillefer). Les niveaux vont du facile familial (Cirque de Saint-Même, Lac du Lauvitel) au difficile engagé (Grand Veymont, Taillefer) en passant par une large gamme de moyens. L'Isère n'est pas que pour les alpinistes, c'est aussi un territoire de randonnée ouvert, accessible, avec des sentiers balisés de qualité, un réseau de refuges dense, et des paysages qui comptent parmi les plus beaux d'Europe.
Le Top 10 des randonnées en Isère
Lac Blanc de Belledonne – Le Miroir de Grenoble
📍 Chamrousse / Uriage-les-Bains · Massif de Belledonne · IsèreLe Lac Blanc de Belledonne est l'itinéraire emblématique du massif de Belledonne vu depuis Grenoble — et l'une des randonnées les plus photographiées des Alpes iséroise. Niché à 2 154 mètres d'altitude dans un cirque granitique suspendu au-dessus de Chamrousse, ce lac d'origine glaciaire offre, par temps calme, un reflet parfait de la crête de Belledonne et du Grand Pic (3 229 m) dans ses eaux bleu-vert d'une limpidité absolue. Le massif de Belledonne est le massif cristallin typique des Alpes françaises — granit, gneiss, lacs glaciaires en chapelets, crêtes déchirées — qui constitue depuis Grenoble l'horizon est permanent, visible depuis la ville par beau temps avec une clarté saisissante. Le Lac Blanc n'est pas un lac isolé : il fait partie d'un archipel de lacs glaciaires (Lac Longet, Lac Achard, Lac Robert) qui jalonnent les replats d'altitude de Belledonne, formant un des plus beaux itinéraires de haute montagne accessible en journée depuis la métropole grenobloise.
L'itinéraire de référence part du parking des Mélèzes à Chamrousse (1 730 m, accessible par la D 111 depuis Grenoble ou Uriage, 27 km) : aller-retour Chamrousse → Lac Achard → Lac Blanc (PR balisé jaune + GR 738, 10 km, D+ 650 m, 4h30). Le sentier traverse la station de Chamrousse, monte par les pentes de la Croix (2 257 m), passe au-dessus du Lac Achard (1 907 m, premier lac d'altitude accessible, aller-retour possible depuis Chamrousse en 2h) puis poursuit par les crêtes de Belledonne jusqu'au Lac Blanc. Variante depuis Uriage-les-Bains : aller-retour par le GR 738 Uriage → Lac Achard → Lac Blanc (12 km, D+ 900 m, 5h30) — itinéraire plus long et plus sauvage, depuis la vallée. Extension possible vers le Lac Longet (2 200 m) et la Croix de Chamrousse (2 257 m) pour un panorama 360° sur Belledonne, la vallée du Grésivaudan, Grenoble, Vercors et Chartreuse.

Chamechaude – Le Toit de la Chartreuse
📍 Col de Porte / Sarcenas · Massif de la Chartreuse · IsèreChamechaude (2 082 m) est le point culminant du massif de la Chartreuse et l'une des silhouettes les plus reconnaissables depuis Grenoble. Ce dôme calcaire trapézoïdal, visible depuis toute la cuvette grenobloise comme depuis la région de Chambéry au nord, est la destination par excellence du randonneur isérois qui cherche un sommet engagé sans entrer dans la haute montagne au sens strict. Le massif de la Chartreuse — parc naturel régional depuis 1970 (69 000 hectares) — est un massif préalpin calcaire aux caractères forts : forêts denses de hêtres et de sapins, falaises et barres calcaires imposantes, réseau karstique exceptionnel (gouffre Berger, ancien record mondial de profondeur), eaux vives abondantes. Chamechaude est au cœur de ce massif — sommet calcaire urgonien dont les falaises nord-est dominent de près de 600 m les vallons du Guiers Mort, réservant depuis sa terrasse sommitale un panorama alpin de premier rang : Belledonne, Mont Blanc, Vercors, Taillefer, Écrins.
L'itinéraire de référence part du Col de Porte (1 326 m, accessible en voiture par la D 57 depuis Grenoble-Sarcenas, 22 km) : aller-retour Col de Porte → Chamechaude par la Crête des Ayes et la face sud-ouest (PR + sentier hors balisage, 10 km, D+ 760 m, 5h). Le sentier traverse la forêt de Chartreuse, atteint la Crête des Ayes (1 800 m), puis remonte par les pentes herbeuses et les pierriers calcaires jusqu'aux derniers passages rocheux — équipés de chaînes dans les sections les plus raides. Variante par les Rochers du Midi (face nord-est, depuis le Col de Porte, D+ 800 m, 5h30) — itinéraire plus direct et plus technique, déconseillé par conditions humides (calcaire glissant). Alternative débutants : Col de Porte → Chalet de l'Alpette → point de vue 1 700 m (6 km, D+ 380 m, 2h30) sans atteindre le sommet, panorama déjà exceptionnel.

Cirque de Saint-Même – Les Cascades de la Chartreuse
📍 Saint-Pierre-d'Entremont · Chartreuse nord · Isère-SavoieLe Cirque de Saint-Même est l'un des sites naturels les plus spectaculaires de la Chartreuse et des Alpes du Nord. À 30 km au nord de Grenoble, sur la commune de Saint-Pierre-d'Entremont à la limite Isère-Savoie, ce cirque glaciaire karstique est dominé par des falaises calcaires de 400 mètres depuis lesquelles s'élancent les Cascades de Saint-Même — deux chutes d'eau spectaculaires alimentées par les eaux du réseau souterrain de la Chartreuse (rivières karstiques qui ressurgissent en pied de falaise après avoir parcouru plusieurs kilomètres sous terre). La résurgence principale — la rivière du Guiers Vif — jaillit littéralement de la roche, phénomène géologique saisissant qui a marqué tous les voyageurs depuis l'époque médiévale. Le cirque est aussi un haut lieu d'escalade (voies jusqu'au 8c, site mondial de référence), une zone naturelle protégée (ZNIEFF, secteur Natura 2000) et un site d'ornithologie exceptionnel — vautours fauves réintroduits dans le secteur depuis 2011, gypaètes barbus, faucons pèlerins.
L'itinéraire familial de référence est l'aller-retour parking → Cascades de Saint-Même → belvédère du cirque (sentier balisé, 5 km, D+ 150 m, 2h). Le chemin part du parking de Saint-Même (850 m, accès payant en saison 4€), suit le Guiers Vif en forêt, atteint le pied des cascades (brume permanente par fort débit, ambiance de jungle alpestre), monte au belvédère pour vue plongeante sur le cirque et les falaises. Variante moyenne : boucle Cirque → Col de la Ruchère → retour par les crêtes (10 km, D+ 400 m, 4h) — itinéraire qui permet de dominer le cirque depuis les crêtes et d'entrer dans le PNR Chartreuse. Variante hivernale : le site est praticable toute l'année, les cascades gèlent partiellement en janvier-février (spectacle de glace rare et saisissant, à la condition d'un froid suffisant et d'un accès sécurisé — route parfois fermée en hiver).

Mont Aiguille – La 11e Merveille du Monde
📍 Chichilianne · Plateau du Vercors sud · IsèreLe Mont Aiguille (2 087 m) est l'une des formations géologiques les plus spectaculaires des Alpes françaises et sans doute la montagne la plus mythique du Vercors. Cette table calcaire isolée, jaillie du plateau du Vercors comme un bastion naturel aux falaises verticales de 300 à 400 mètres sur toutes ses faces, a hanté les imaginations depuis le Moyen Âge — Rabelais, dans son Pantagruel, le qualifie de « onzième merveille du monde ». Sa renommée tient aussi à son histoire historique hors du commun : le 26 juin 1492 — quatre mois avant que Christophe Colomb ne débarque en Amérique — Antoine de Ville, chambellan du roi Charles VIII, réalise la première ascension alpine documentée de l'histoire, sur ordre royal. C'est, à ce titre, le berceau de l'alpinisme mondial, antérieur à Chamonix et au Mont Blanc de trois siècles. La vue plongeante depuis la base du mont (impossible d'accéder au sommet sans équipement d'escalade) donne une idée de la prouesse des hommes d'Antoine de Ville, qui utilisèrent des échelles et des crampons rudimentaires.
L'itinéraire de référence est l'aller-retour Chichilianne → Col de l'Aupet → pied du Mont Aiguille (PR balisé, 9 km, D+ 700 m, 4h). Le sentier part du village de Chichilianne (1 070 m, accessible par la D 7 depuis Clelles ou depuis Mens), traverse les prairies du plateau, atteint le Col de l'Aupet (1 672 m), offre la vue rapprochée sur les falaises verticales du mont, et permet de faire le tour de la base — le « tour du Mont Aiguille » par le sentier du bas (boucle complète 14 km, D+ 1 000 m, 6h). Ascension du sommet : uniquement par voie d'escalade (cotation D+, passages en III, cordes d'assurage nécessaires, accompagnateur de montagne recommandé pour non-initiés, prestataires locaux à Chichilianne). Variante longue recommandée : Chichilianne → Col de l'Aupet → Tour de la base → Col de la Roche → retour (14 km, 6h) pour faire le tour complet et découvrir le mont sous tous ses angles.

Grand Veymont – Le Toit du Vercors
📍 Corrençon-en-Vercors / Gresse-en-Vercors · Vercors · IsèreLe Grand Veymont (2 341 m) est le point culminant du Vercors et l'un des sommets les plus impressionnants des Préalpes françaises. Dressé à l'extrémité sud du plateau calcaire du Vercors — parc naturel régional depuis 1970 (206 000 hectares) —, le Grand Veymont domine de ses falaises vertigineuses orientées est-ouest à la fois la plaine de la Bièvre et les gorges sauvages des Hauts-Plateaux. Ce massif calcaire, constitué d'un vaste plateau d'altitude karstique (Les Hauts-Plateaux du Vercors, réserve naturelle nationale depuis 1985, 17 000 ha, zone de protection intégrale) est un paysage à part dans les Alpes : pas de glaciers, des étendues de lapiaz et d'herbe rase à 1 800-2 000 m, un silence absolu, une faune remarquable (gypaète barbu, chamois, bouquetin réintroduit depuis 1989, vautour fauve). Le grand Veymont, depuis son sommet, offre l'un des panoramas les plus complets des Alpes du Nord — de Belledonne aux Écrins, du Mont Blanc (par temps très clair) à la Méditerranée.
L'itinéraire de référence est la boucle Corrençon-en-Vercors → Pas de la Balme → Grand Veymont → Pas des Chattons → retour (GR 91 — Tour du Vercors, 18 km, D+ 1 000 m, 7h). Le sentier part du parking de Corrençon-en-Vercors (1 108 m, accessible par la D 215 depuis Villard-de-Lans), monte par le pas de la Balme (1 720 m), traverse le plateau des Hauts-Plateaux (lapiaz, dolines, mare de Peyssier), atteint le Pas de la Selle (2 240 m) et grimpe au sommet par la crête est. Variante depuis Gresse-en-Vercors (versant est, plus direct, D+ 900 m depuis le village à 1 200 m, 16 km, 6h30) — itinéraire différent avec arrivée par les grandes falaises est. Traversée possible depuis Corrençon jusqu'au refuge de la Jasse du Play (gardé en saison, 2 050 m, à réserver) pour une nuit haute montagne au cœur des Hauts-Plateaux.

Les Sept Laux – Les 7 Joyaux de Belledonne
📍 Prapoutel-les-7-Laux / Le Pleynet · Belledonne nord · IsèreLes Sept Laux constituent l'un des plus beaux circuits de lacs glaciaires des Alpes du Nord françaises. Dispersés entre 1 960 et 2 400 mètres d'altitude dans les vallons granitiques du Belledonne nord (commune de Theys), ces sept lacs — Lac du Cos, Lac Blanc, Lac Carré, Lac de la Sitre, Lac du Meurlet, Lac du Croptet et Lac Noir — forment un chapelet de bassins glaciaires aux eaux de couleurs variables (turquoise, bleu ardoise, vert émeraude selon profondeur et ensoleillement), encadrés par les arêtes granitiques de Belledonne (3 000 m). Le secteur est accessible depuis le domaine skiable des Sept Laux (Prapoutel-Le Pleynet) — une des stations de ski les moins connues du grand public mais très appréciée des locaux, qui permet en été d'utiliser les remontées mécaniques pour réduire le dénivelé. Le circuit des Sept Laux est, avec le Tour de Belledonne (GR 738), le grand classique du massif pour les randonneurs de l'Isère.
L'itinéraire de référence est la boucle des Sept Laux depuis Prapoutel (GR 738 + sentiers PR, 15 km, D+ 1 000 m, 7h à pied intégral — réduit à 10 km, D+ 400 m, 5h en utilisant le télécabine de la station des 7 Laux ouvert l'été). Le sentier traverse successivement les sept lacs en un circuit de crêtes et de replats, avec des passages au-dessus de 2 300 m offrant des vues sur l'ensemble de Belledonne, la chaîne des Écrins au sud, la Chartreuse au nord-ouest. Variante courte accessible : aller-retour télécabine → Lac Blanc → Lac Carré (6 km, D+ 300 m, 3h) — itinéraire familial réduit avec accès mécanique, accessible avec enfants solides à partir de 9-10 ans. Extension bivouac : le GR 738 permet de poursuivre l'itinéraire vers le nord (direction Allevard et les Grandes Rousses) sur plusieurs jours d'itinérance alpine.
Lac de la Muzelle – Le Joyau du Parc des Écrins
📍 Venosc / Les Deux Alpes · Vallée du Vénéon · Parc National des ÉcrinsLe Lac de la Muzelle est l'un des plus beaux lacs glaciaires du Parc National des Écrins et l'itinéraire de référence de la haute vallée du Vénéon. Niché à 2 105 mètres d'altitude dans un cirque glaciaire suspendu au-dessus de Venosc (commune des Deux Alpes), ce lac aux eaux bleu-vert électrique est dominé par les falaises et séracs du Pic de la Muzelle (3 465 m) — sommet de l'Oisans cristallin au caractère alpestre authentique. La vallée du Vénéon — l'une des plus sauvages et préservées du Parc National des Écrins — est une entaille glaciaire profonde qui s'enfonce vers le sud depuis Bourg-d'Oisans jusqu'aux communes de Saint-Christophe-en-Oisans et La Bérarde, coeur historique de l'alpinisme isérois (Écrins, Ailefroide, Pilatte). Le Parc National des Écrins (1 780 km², créé en 1973) est le plus grand parc national alpin de France — réglementation stricte, biodiversité exceptionnelle (bouquetins, chamois, loutres, gypaètes), 157 sommets de plus de 3 000 m dont la Barre des Écrins (4 102 m) et la Meije (3 984 m).
L'itinéraire de référence part de Venosc (commune des Deux Alpes, 960 m) — accessible à pied depuis le centre des Deux Alpes via le téléphérique Venosc-Les Deux Alpes — puis par la D 530 jusqu'au hameau de La Danchère (1 050 m, parking payant en saison) : aller-retour La Danchère → Refuge de la Muzelle → Lac de la Muzelle (PR + sentier Écrins, 14 km, D+ 1 050 m, 6h). Le sentier longe le torrent de la Muzelle, traverse des alpages fleuris, atteint le Refuge de la Muzelle (2 130 m, gardé de mi-juin à mi-septembre, 48 places en demi-pension) puis monte au lac (2 105 m) par une dernière montée raide. Variante téléphérique des Deux Alpes → Venosc (descente, ~10€, open été) pour commencer l'itinéraire depuis le centre-station, D+ 1 050 m depuis La Danchère. Extension possible vers le Col de la Muzelle (2 613 m) depuis le lac — vue plongeante sur le vallon de Valsenestre côté Valbonnais.
Plateau d'Emparis – Face à Face avec La Meije
📍 La Grave / Le Chazelet · Oisans · IsèreLe Plateau d'Emparis est l'un des plus grands espaces naturels ouverts des Alpes françaises et offre l'un des panoramas de haute montagne les plus saisissants d'Europe. Ce vaste plateau herbeux suspendu à 2 400-2 600 mètres d'altitude, au-dessus de La Grave, se tient face à face avec la Meije (3 984 m) — l'une des montagnes les plus légendaires des Alpes françaises, dernier grand sommet des Alpes à avoir été vaincu (1877, Boileau de Castelnau), réputée parmi les alpinistes du monde entier pour sa difficulté et sa beauté austère. Depuis le plateau, la vue sur la face nord glaciaire de La Meije et de la Barre des Écrins est absolument frontale et vertigineuse — une expérience visuelle rarement égalée dans les Alpes. Le plateau abrite aussi des lacs d'altitude (Lac de la Fare, Lacs du Puy Vachier), le GR 54 — Tour de l'Oisans et des Écrins (165 km, 10 jours, l'un des grands GR alpins), et une faune remarquable — bouquetins, gypaètes barbus, tétras-lyre.
L'itinéraire de référence part du parking du Chazelet (1 760 m, hameau au-dessus de La Grave, accessible par la D 33 depuis la N 91) : aller-retour Chazelet → Plateau d'Emparis → Lac de la Fare (GR 54 + sentiers PR, 12 km, D+ 650 m, 5h). Le sentier monte rapidement sur le plateau par une crête dégagée, offrant dès les premiers kilomètres les vues magistrales sur La Meije, puis traverse les étendues herbeuses et les chaos granitiques jusqu'au Lac de la Fare (2 430 m, limpide, encadré par des moraines glaciaires) avant de rejoindre les Lacs du Puy Vachier. Variante longue : boucle Chazelet → Lac de la Fare → Col d'Emparis → Lac Noir → retour (16 km, D+ 900 m, 6h30) — itinéraire complet traversant l'ensemble du plateau. Accès alternatif depuis La Grave (1 450 m) par le sentier du versant sud, plus exigeant (D+ 1 000 m).

Taillefer – Le Géant Secret de la Matheysine
📍 Lavaldens / Ornon · Massif du Taillefer · Matheysine – IsèreLe Taillefer (2 857 m) est l'outsider absolu de la randonnée iséroise. Méconnu du grand public national — et c'est précisément ce qui en fait l'un des sommets les plus précieux de l'Isère — ce massif granitique de la Matheysine, dressé entre le plateau de La Mure et la vallée du Vénéon, est le géant discret des randonneurs grenoblois avertis. Ses lacs glaciaires (Lac Fourchu à 2 338 m, Lac du Poursollet à 1 530 m, Lac du Brouffier à 2 140 m) ont une qualité esthétique rare — eaux d'un bleu-noir intense sur fond de granit sombre — et le panorama depuis le sommet est proprement sensationnel : toute la chaîne des Écrins en arc de cercle (Barre des Écrins 4 102 m, La Meije 3 984 m, Pic Gaspard 3 881 m), Belledonne, Vercors, Chartreuse et, par temps très clair, les Alpes suisses. Le Taillefer abrite aussi, sur ses crêtes et ses replats, les vestiges des sémaphores du télégraphe de Chappe (XIXe siècle) — l'un des réseaux de communication optique qui reliait Paris à l'Italie avant le télégraphe électrique.
L'itinéraire de référence part du parking de Lavaldens (1 230 m, accessible par la D 116 depuis La Mure, via le col d'Ornon) : aller-retour Lavaldens → Lac du Poursollet → Lac Fourchu → Taillefer (PR + sentier non balisé, 13 km, D+ 1 100 m, 7h). Le sentier monte par le ruisseau de Bourg, atteint le Lac du Poursollet (1 530 m, premier palier, décor de hêtraie-sapinière), poursuit vers le Lac Fourchu (2 338 m, cirque glaciaire, eaux bleu foncé intenses), puis grimpe par les pentes de granit jusqu'à la crête sommitale. Variante plus courte : aller-retour Lac Fourchu uniquement (8 km, D+ 700 m, 4h30) — itinéraire déjà très esthétique, sans l'ascension finale. Extension vers le Lac du Brouffier (côté nord, versant Ornon) possible en traversée — nécessite navette ou deux voitures.
Lac du Lauvitel – Le Grand Lac Sauvage de l'Oisans
📍 Livet-et-Gavet / L'Alleau · Vallée du Vénéon · Parc National des ÉcrinsLe Lac du Lauvitel est le plus grand lac naturel du Parc National des Écrins — et l'un des plus étonnants d'accès, car ce lac considérable (28 hectares, altitude 1 530 m) est totalement invisible depuis les routes de la vallée, caché derrière un verrou glaciaire imposant. On n'y accède que par les pieds. Cette situation a préservé le Lauvitel d'une fréquentation excessive, lui conservant une atmosphère de lac sauvage authentique — eaux profondes d'un bleu sombre, rives bordées de mélèzes et de pin cembro, falaises plongeant directement dans l'eau, ambiance de haute montagne malgré l'altitude modeste. Le sentier d'accès passe par la cascade du Lauvitel (ou « Voile de la Mariée ») — chute d'eau de 40 mètres jaillissant du verrou glaciaire dans un couloir de verdure, l'une des plus belles cascades accessibles à pied de l'Oisans. Le Refuge du Lauvitel (1 530 m, en bord de lac, gardé en saison) permet une nuit d'exception les pieds dans l'eau.
L'itinéraire de référence part du hameau de l'Alleau (commune de Livet-et-Gavet, 810 m, accessible par la D 526 depuis Bourg-d'Oisans) : aller-retour L'Alleau → cascade du Lauvitel → Lac du Lauvitel → Refuge (PR balisé Écrins, 10 km, D+ 720 m, 4h30). Le sentier monte par la forêt de la Gorge de l'Infernet, longe le torrent du Lauvitel, passe au pied de la cascade du Lauvitel (40 m), franchit le verrou par des lacets bien aménagés et débouche sur le lac — effet de surprise garanti. Variante plus courte : aller-retour depuis Bourg-d'Oisans par le sentier de la gorge (D+ 800 m depuis la vallée, 12 km, 5h). Extension depuis le refuge : montée vers le Lac Charlet (1 750 m, au-dessus du Lauvitel, D+ 220 m supplémentaires) pour un lac plus intime et plus sauvage encore.
Tableau récapitulatif des 10 randonnées
| # | Randonnée | Massif | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Lac Blanc de Belledonne | Belledonne | 8 – 12 km | 550 – 750 m | 3h30 – 5h | Moyen |
| 2 | Chamechaude (Chartreuse) | Chartreuse | 8 – 12 km | 750 – 950 m | 4h30 – 6h | Difficile |
| 3 | Cirque de Saint-Même | Chartreuse | 5 – 10 km | 150 – 400 m | 2h – 4h | Facile |
| 4 | Mont Aiguille – Vercors | Vercors | 9 – 14 km | 700 – 1 000 m | 4h – 6h | Moyen |
| 5 | Grand Veymont – Vercors | Vercors | 16 – 20 km | 850 – 1 100 m | 6h – 8h | Difficile |
| 6 | Les Sept Laux – Belledonne | Belledonne | 12 – 18 km | 800 – 1 200 m | 5h – 8h | Moyen |
| 7 | Lac de la Muzelle – Écrins | Oisans / Écrins | 12 – 16 km | 900 – 1 200 m | 5h – 7h | Moyen |
| 8 | Plateau d'Emparis – La Meije | Oisans | 10 – 16 km | 550 – 900 m | 4h – 6h | Moyen |
| 9 | Taillefer – Lac Fourchu | Matheysine | 10 – 14 km | 900 – 1 200 m | 5h30 – 7h | Difficile |
| 10 | Lac du Lauvitel – Oisans | Oisans / Écrins | 8 – 12 km | 600 – 800 m | 4h – 5h30 | Moyen |
FAQ – Randonnée en Isère (38)
Pourquoi l'Isère est-elle considérée comme le meilleur département de randonnée de France ?
Quelle est la meilleure période pour randonner en Isère ?
La réglementation du Parc National des Écrins est-elle vraiment contraignante ?
Peut-on randonner en Isère sans voiture depuis Grenoble ?
Quels sont les principaux dangers en randonnée en Isère ?
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