Les 10 plus belles
randonnées en Lozère
La Lozère est le département le moins peuplé de France (76 000 habitants, 15 hab/km²) — mais le plus sauvage et sans doute le plus beau pour la randonnée. Mont Lozère (1 699 m), gorges du Tarn (500 m de profondeur), Causse Méjean (plateau le plus haut d'Europe occidentale), vautours des gorges de la Jonte, Aubrac, Margeride et GR70 Stevenson sur fond de Cévennes UNESCO.
La Lozère est un cas unique en France — le département le moins densément peuplé du pays (76 000 habitants, densité de 15 habitants/km²) et pourtant l'un des plus riches en paysages naturels exceptionnels. C'est un territoire de grande solitude et de grande beauté — aucune autoroute, peu de villes significatives, mais des espaces naturels qui n'ont presque pas changé depuis des siècles. La géographie lozérienne est structurée par quatre grands ensembles radicalement différents : le Massif du Mont Lozère (granit, 1 699 m, tourbières, chaos granitiques des Bondons, sentier de Stevenson), les Grands Causses (Causse Méjean au centre — le plus haut d'Europe occidentale, 1 000 m de moyenne, troupeaux de moutons, bergeries en pierres sèches, lavognes), les gorges (Tarn au nord, Jonte et Dourbie à la frontière Aveyron) — canyons de 300 à 600 m taillés dans le calcaire par les torrents — et l'Aubrac lozérien (plateau volcanique basaltique au nord-ouest, race bovine Aubrac, fromages Laguiole et Salers voisins, drailles de transhumance).
La Lozère est au cœur de deux sites UNESCO majeurs : le Parc National des Cévennes (PNC, 3e plus grand parc national de France, 914 km², créé en 1970, classé Réserve de Biosphère par l'UNESCO depuis 1985) qui couvre le Mont Lozère et les Cévennes ; et les Causses et Cévennes (Paysage Culturel de l'Agropastoralisme Méditerranéen, classé UNESCO depuis 2011) qui inclut le Causse Méjean. Le département est traversé par les GR les plus mythiques de France : le GR70 Chemin de Stevenson (270 km du Monastier-en-Haute-Loire à Saint-Jean-du-Gard, dont une section centrale essentielle traverse le Mont Lozère), le GR43 (Margeride), le GR60 (tour des Causses), le GR de Pays du Causse Méjean et le GR du Tour des Gorges du Tarn. La faune est parmi les plus remarquables de France — loup réintroduit (présence confirmée en Lozère depuis les années 2010, meutes établies en Margeride), vautour fauve (200+ individus dans les gorges de la Jonte — la plus grande colonie de France avec les Pyrénées), vautour moine, percnoptère, aigle royal, castor, loutre, mouflon.
Le Top 10 des randonnées en Lozère
Mont Lozère – Toit des Cévennes (1 699 m) & Chaos des Bondons
📍 Pont-de-Montvert / Le Bleymard · Massif du Mont Lozère · PNCLe Mont Lozère (1 699 m au Pic de Finiels, point culminant du massif) est le toit des Cévennes et du Parc National des Cévennes — vaste massif granitique en forme de dôme allongé nord-sud qui domine tout le centre du département. Géologiquement, c'est un batholite granitique hercynien mis en place il y a 300 millions d'années, usé depuis lors par l'érosion glaciaire (les dernières glaciations quaternaires ont laissé des micro-cirques glaciaires à ses flancs) et actuelle en une succession de sommets ronds, de landes tourbeuses et de chaos rocheux. Les hautes chaumes du Mont Lozère (au-dessus de 1 400 m) sont des landes à callunes, myrtilles et genêts ponctuées de tourbières actives — paysage unique en Méditerranée française qui rappelle les landes écossaises. Les chaos granitiques des Bondons (commune des Bondons, versant sud) constituent l'un des ensembles de menhirs préhistoriques les plus importants de France après Carnac — plus de 150 menhirs dressés par les populations néolithiques sur le plateau, visibles depuis les sentiers. L'ensemble est classé Monument Historique et Patrimoine UNESCO (Cévennes).
L'itinéraire ascension du Pic de Finiels depuis le Bleymard (12 km, 4h30, D+ 550 m) est le plus classique — départ du col de Finiels (1 541 m, parking), montée par la crête ventée sur les landes de callunes jusqu'au Pic de Finiels (1 699 m, signal géodésique, panorama sur les Cévennes, le Mont Mezenc voisin, et par temps clair la Méditerranée). Le GR70 Stevenson longe le sommet — Stevenson traversa le Mont Lozère du Bleymard à Pont-de-Montvert lors de son voyage de 1878. Variante spectaculaire : boucle des Bondons / menhirs (16 km, 5h, D+ 600 m) depuis Les Bondons — passage par les menhirs préhistoriques sur le plateau, montée au sommet, descente par les tourbières de la Montagne du Goulet.

Gorges du Tarn – 500 m de Profondeur sur 53 km
📍 Ispagnac → Le Rozier · Gorges du Tarn · Nord LozèreLes gorges du Tarn sont l'un des grands paysages naturels de France — 53 km de canyon calcaire entre Ispagnac (Lozère) et Le Rozier (Aveyron), profond de 300 à 500 m, creusé par le Tarn dans les plateaux calcaires du Causse Méjean (rive gauche) et du Causse de Sauveterre (rive droite). Les gorges résultent d'un phénomène géologique remarquable : les Causses, poussés vers le haut par des contraintes tectoniques, se soulèvent progressivement tandis que le Tarn creuse son lit à l'intérieur des massifs calcaires — processus d'antécédence fluviale qui explique l'apparente incohérence d'une rivière qui coupe perpendiculairement les plateaux au lieu de les contourner. Le site le plus spectaculaire est le cirque des Baumes — amphithéâtre naturel calcaire de 400 m de hauteur avec ses falaises concaves, ses éboulis fossiles et ses grottes habitées dès le Paléolithique. Le Point Sublime (belvédère aménagé, Causse de Sauveterre) offre la vue la plus célèbre et la plus photographiée des gorges — plongeon de 400 m sur la ri vière et les méandres. La faune rupestre est exceptionnelle : vautours fauves et faucons pèlerins nichant dans les falaises, loutres en bord de Tarn, castors eurasiens.
L'itinéraire de référence est le GR du Tour des Gorges du Tarn — sentier de grande randonnée qui alterne fond de gorge (bords de rivière, plages de galets, moulins anciens) et corniche en hauteur (vues plongeantes sur le canyon, passage par les causses). La section Ispagnac → Sainte-Énimie (12 km, 4h, D+ 350 m) est accessible à des randonneurs de niveau moyen. La section Sainte-Énimie → La Malène (15 km, 5h, D+ 500 m) est plus sauvage avec un passage spectaculaire sous les falaises des Détroits (section de gorge étroite où les falaises se resserrent à 20 m, pas de route — passage uniquement en bateau ou à pied). Les barques des Détroits (embarquement à La Malène, navigation passive dans la section la plus étroite) sont une expérience incontournable.

Causse Méjean – Plateau Agropastoral UNESCO (1 000 m)
📍 Nivoliers / Hyelzas · Causse Méjean · Centre LozèreLe Causse Méjean est le plus haut et le plus sauvage des quatre Grands Causses — altitude moyenne de 1 000 m, superficie de 1 100 km², entièrement délimité par les gorges du Tarn au nord, du Jonte au sud et de la Jonte à l'est. Ce plateau calcaire karstique (constitué de calcaires jurassiques déposés il y a 150 millions d'années au fond d'une mer tropicale peu profonde) est classé Patrimoine Mondial UNESCO depuis 2011 comme « Paysage Culturel de l'Agropastoralisme Méditerranéen » — la pratique de l'élevage extensif de moutons sur causse depuis des millénaires, avec la transhumance saisonnière, les drailles (chemins de transhumance), les lavognes (mares artificielles creusées dans la roche pour les troupeaux) et les cazelles (bergeries en pierre sèche) constituent un paysage culturel vivant exceptionnel. La faune du causse est remarquable : outardes canepetières (oiseau de prairie menacé, l'une des plus grandes populations françaises sur le Méjean), busards cendrés, circaètes Jean-le-Blanc, et surtout le loup gris qui a colonisé le massif dans les années 2010.
L'itinéraire boucle des lavognes et cazelles (PR balisé, 12-15 km, 4h-5h, D+ 100 m) depuis Nivoliers ou Hyelzas traverse le Méjean dans sa partie centrale — chemins de terre entre les lavognes (mares circulaires, habituellement fréquentées par les troupeaux d'ovins), les cazelles abandonnées, les lapiaz (calcaire rugueux fendu) et les immenses étendues plates sans clôtures. L'horizon y est quasi-infini — le Causse Méjean donne la sensation d'un « désert » méditerranéen d'altitude, étrange et magnifique. Le site d'Hyelzas (hameau exemplaire du Méjean, musée de la vie caussenarde) constitue un excellent point de départ. Variante longue (20 km, 6h) rejoint le belvédère de la Jonte sur les falaises.

Gorges de la Jonte – 200 Vautours Fauves en Vol Libre
📍 Le Truel / Meyrueis · Gorges de la Jonte · Sud LozèreLes gorges de la Jonte — canyon creusé par la Jonte (affluent du Tarn) entre le Causse Méjean (rive gauche, Lozère) et le Causse Noir (rive droite, Aveyron) — sont le site le plus spectaculaire pour observer les vautours fauves en France continentale. L'espèce, éteinte dans les Causses au début du XXe siècle (dernier couple nicheur en 1945), a été réintroduite à partir de 1981 par l'association Vautours en Gévaudan avec des individus prélevés dans les Pyrénées espagnoles — l'une des premières réintroductions ornithologiques réussies en France. La population a explosé : plus de 200 vautours fauves nicHent aujourd'hui dans les falaises des gorges de la Jonte et du Tarn, plus une population croissante de vautours moines (réintroduits depuis 1992, plus rares) et de percnoptères d'Égypte. Les vautours fauves planent sur les falaises toute la journée à la recherche des courants thermiques — leur envergure de 2,5 à 2,8 m (la plus grande d'Europe occidentale) les rend spectaculaires même vus de loin. Les falaises de la Jonte offrent une proximité exceptionnelle — les oiseaux passent parfois à quelques dizaines de mètres des randonneurs sur les sentiers de corniche.
L'itinéraire sentier des vautours – corniche de la Jonte (PR balisé, 12-16 km, 4h-5h, D+ 450 m) part de Le Truel ou de Meyrueis, monte par les falaises calcaires jusqu'aux belvédères de corniche (à 300-400 m au-dessus de la Jonte), suit la crête avec vues permanentes sur les vautours en vol et sur le canyon, passe devant les sites de nourrissage (observatoires aménagés) et les falaises de nidification, puis descend vers le fond de gorge. Le belvédère du Vase de Sèvres et celui du Vase de Chine — deux pitons rocheux aux formes évocatrices — offrent les meilleures fenêtres d'observation. La Maison des Vautours à Peyreleau (confluence Tarn-Jonte) propose des jumelles et des téléscopes pour les non-randonneurs.

Plateau de l'Aubrac – Transhumance & Drailles Millénaires
📍 Nasbinals / Marchastel · Aubrac lozérien · Nord-ouest LozèreL'Aubrac lozérien est la portion la plus septentrionale du grand plateau basaltique d'Aubrac — vaste table volcanique d'origine miocène (éruptions il y a 8 à 2 millions d'années) s'étalant sur les trois départements de la Lozère, l'Aveyron et le Cantal, à une altitude générale de 1 000 à 1 400 m. Le plateau lozérien se distingue par son aspect de steppe herbeuse couverte de landes à callunes et genêts, ponctuée de puechs (buttes volcaniques isolées) et traversée par les drailles de transhumance — ces chemins millénaires de large (6 à 20 m) empruntés depuis l'Antiquité par les troupeaux d'ovins et de bovins qui montaient chaque été de la Méditerranée et de la plaine vers les herbages d'altitude. La race bovine Aubrac (à la robe froment caractéristique, aux cornes en lyre, aux yeux cerclés de noir) est l'animal emblématique du plateau — une des plus anciennes races à viande françaises, robuste, quasi-sauvage sur le plateau pendant la saison estivale. La transhumance de Nasbinals (montée des troupeaux fin mai-début juin) est l'un des plus beaux spectacles agropastoraux de France — des centaines de vaches Aubrac remontent les drailles en procession.
La boucle des drailles de Nasbinals (PR balisé, 12-15 km, 3h30-5h, D+ 200 m) suit les grandes drailles de transhumance depuis Nasbinals — le chemin le plus large, parfois pavé de lauzes sur les sections les plus anciennes, traverse les landes, les suintements tourbeux (les planèzes volcaniques), les puechs et les sources ferrugineuses aux eaux colorées d'ocre. Vue permanente sur les troupeaux d'Aubrac dans les herbages. Le GR65 Voie du Puy (Chemin de Saint-Jacques) traverse l'Aubrac lozérien de Nasbinals à Saint-Côme-d'Olt (Aveyron) — l'une des sections les plus belles et les plus ventées du Camino français. Variante tour du lac de Saint-Andéol (10 km, 3h) autour du lac volcanique du plateau.

GR70 Stevenson – Pont-de-Montvert & Mont Lozère
📍 Pont-de-Montvert → Florac · GR70 · Cévennes UNESCO · LozèreLa section lozérienne du GR70 Chemin de Stevenson est l'une des plus exigeantes et des plus somptueuses du sentier — le cœur cévenol du voyage de Robert Louis Stevenson en 1878. Pont-de-Montvert constitue le point pivotique du voyage : c'est ici que Stevenson traversa le Tarn, que son âne Modestine refusa longtemps d'avancer, et que l'écrivain nota les premières observations sur la société cévenole. Le village de Pont-de-Montvert est aussi le site de l'assassinat de l'abbé du Chayla (24 juillet 1702) — événement fondateur de la Guerre des Camisards (1702-1710), révolte des protestants cévenols contre les dragonnades de Louis XIV après la Révocation de l'Édit de Nantes. La maison de l'abbé du Chayla (visible en bord du Tarn) et le Musée des Camisards à Pont-de-Montvert retracent cette guerre de religion qui façonna durablement l'identité cévenole. La section Le Bleymard → Pont-de-Montvert (GR70, 15 km, 5h, D+ 400 m, D- 700 m) traverse le massif du Mont Lozère — montée sur les hautes chaumes, passage au Pic de Finiels (ou à ses flancs), descente spectaculaire vers Pont-de-Montvert par les pentes granitiques.
La section Pont-de-Montvert → Florac (GR70, 28 km, 8h, D+ 500 m, D- 600 m) est l'étape la plus longue et l'une des plus sauvages — descente des contreforts du Mont Lozère vers la vallée du Tarn, passage par les villages camisards (Cocurès, Bédouès), arrivée à Florac (capitale du Parc National des Cévennes). Florac est une étape possible de découpage de la section en deux jours (Pont-de-Montvert → Saint-Julien-d'Arpaon, 18 km, puis Saint-Julien → Florac, 10 km).
Margeride – Chaos Granitiques & Territoire du Loup
📍 Châteauneuf-de-Randon / La Garde · Margeride · Ouest LozèreLa Margeride est le grand plateau granitique qui occupe le nord-ouest de la Lozère — continuité géologique avec la Haute-Loire (Margeride haute) et le Cantal, la Margeride lozérienne s'étend entre 1 000 et 1 551 m d'altitude (sommet du signal de Randon, point culminant de la Margeride). C'est un paysage de chaos granitiques monumentaux — immenses blocs de granit rose arrondis par l'érosion, empilés en formations étranges, certains atteignant plusieurs dizaines de mètres de hauteur. Ces chaos résultent de l'altération in situ du granit sur des millions d'années (décomposition en boules par les agents chimiques, puis dégagement progressif des boules par érosion mécanique des couches superficielles). La Margeride est le territoire français où le loup a fait son retour le plus précoce — après avoir été éteint en France à la fin du XIXe siècle, le loup gris (Canis lupus italicus) a recolonisé les Alpes depuis l'Italie dans les années 1990 et la Margeride-Lozère à partir du début des années 2000. Des meutes y sont aujourd'hui établies — les chances d'apercevoir un loup en Margeride restent infimes mais réelles (l'animal est craintif et nocturne). La Margeride est aussi le territoire historique de la Bête du Gévaudan (1764-1767, plus de 100 victimes).
La boucle des chaos granitiques de la Garde (PR balisé, 12-15 km, 4h-5h, D+ 300 m) part du village de La Garde (alt. 1 100 m), traverse les chaos granitiques les plus spectaculaires de la Margeride (roches en équilibre précaire, grottes naturelles formées par les interstices entre blocs, passages sous les rochers), monte au signal de Randon (1 551 m, croix monumentale, panorama sur l'ensemble du Massif Central) et revient par les landes. Variante boucle de Châteauneuf-de-Randon (18 km, 5h30) inclut la visite du château médiéval de Randon (ruines) et les zones de présence confirmée du loup.

Mont Aigoual – Observatoire Météo Fondateur & Forêt Cévenole
📍 L'Espérou / Camprieu · Massif de l'Aigoual · Sud-est Lozère / GardLe Mont Aigoual (1 567 m) est à cheval entre la Lozère et le Gard — le sommet proprement dit est en Gard, mais son versant nord (L'Espérou, Camprieu) est lozérien. C'est l'un des sommets les plus remarquables des Cévennes pour plusieurs raisons distinctes. L'Observatoire météorologique de l'Aigoual (inauguré en 1894) est la dernière station météorologique de montagne en France encore habitée en permanence par des agents de Météo-France — il a fonctionné sans interruption depuis 130 ans, collectant des données météorologiques fondamentales pour la compréhension du climat méditerranéen et des épisodes cévenols. L'observatoire est aussi célèbre pour détenir le record absolu de vent en France continentale : 320 km/h enregistrés le 28 octobre 1882 (avant même l'ouverture de l'observatoire, par des capteurs provisoires). Sa construction a été rendue possible grâce à l'œuvre considérable de Georges Fabre (propriétaire de la montagne qui la donna à l'État) et du botaniste et géographe Charles Flahault, qui ont reboisé à la fin du XIXe siècle les versants complèt ement déboisés de l'Aigoual. La forêt de l'Aigoual (50 000 ha replantés entre 1875 et 1913, aujourd'hui forêt-cathédrale de hêtres et sapins) est l'un des plus beaux résultats du reboisement forestier français.
L'itinéraire ascension du Mont Aigoual depuis L'Espérou (12-14 km, 4h30-5h, D+ 550 m) monte par les forêts de hêtres centenaires aux troncs argentés, traverse les suintements tourbeux de l'Hort de Dieu (jardin botanique d'altitude, le plus haut de France à 1 322 m), atteint le sommet et son observatoire, puis descend par le versant Gard vers les chaos de Camprieu et remonte par la forêt. Variante boucle de l'Hort de Dieu (10 km, 3h30, D+ 400 m) explore en altitude les hêtraies-sapinières et le jardin botanique sans aller au sommet — accessible aux familles.
Viaduc de Garabit & Gorges de la Truyère – Chef-d'œuvre Eiffel
📍 Garabit / Ruynes-en-Margeride · Gorges de la Truyère · Nord LozèreLe viaduc de Garabit est l'un des ouvrages d'art les plus spectaculaires de France et l'un des chefs-d'œuvre de Gustave Eiffel — construit entre 1882 et 1884 (soit cinq ans avant la Tour Eiffel, dont il préfigure les techniques de construction métallique), il enjambe la Truyère (affluent du Lot) à 122 m de hauteur sur une longueur de 564 m. À sa construction, c'était le plus haut pont du monde — record tenu jusqu'en 1889. L'arche centrale (165 m de portée) était alors la plus grande arche métallique jamais construite. Eiffel utilisa pour Garabit les mêmes calculs de résistance des matériaux qu'il peaufina ensuite pour la Tour Eiffel. Le viaduc est classé Monument Historique depuis 1964 et porte aujourd'hui la ligne ferroviaire Paris-Clermont-Ferrand-Béziers (ligne des Causses, toujours en activité). En contrebas du viaduc s'étend le lac de Garabit (retenue du barrage de Grandval, EDF, 1959) — plan d'eau artificiel de 1 280 ha qui noie la basse vallée de la Truyère dans un cadre de gorges profondes. La couleur turquoise des eaux du lac, due à la minéralisation des granits, est spectaculaire.
L'itinéraire boucle du viaduc et des gorges de la Truyère (PR balisé, 8-12 km, 2h30-3h30, D+ 250 m) part de l'aire panoramique de Garabit (parking gratuit avec vue directe sur le viaduc depuis la D909), descend par les chemins forestiers vers les berges du lac de Garabit, longe les rives de la retenue dans les gorges granitiques (sous-bois de chênes, pins sylvestres), passe sous le viaduc (vue vertigineuse vers le haut — les 122 m de hauteur sont impressionnants vus du bas) et remonte vers le belvédère de Ruynes-en-Margeride (vues sur l'ensemble du site). Variante longue (14 km, 4h30) explore les gorges en aval du viaduc vers le château d'Alleuze (ruines médiévales sur un piton rocheux dans le lac, emblème photographique du département).
Gorges de l'Allier – Haute-Vallée Sauvage & Trains des Gorges
📍 Langogne / Chapeauroux · Haut-Allier · Nord-est LozèreLa haute vallée de l'Allier en Lozère constitue l'une des zones les plus sauvages et les plus préservées du Massif Central — avant d'entrer dans les gorges plus profondes de Haute-Loire, le fleuve traverse le nord-est de la Lozère dans un paysage de collines granitiques boisées qui rappelle les Highlands écossais. La région de Langogne (petite ville lacustre au bord du lac de Naussac — retenue artificielle de 1 050 ha régulatrice du débit de la Loire) constitue un excellent point de départ. En aval de Langogne, l'Allier s'engage dans les gorges du haut-Allier (classées Natura 2000 et réserve de biosphère) — canyon sauvage où le fleuve descend rapidement en rapides alternant avec des zones calmes aux eaux turquoise. L'Allier est ici l'une des dernières rivières à saumon atlantique sauvage de France (le saumon remonte la Loire et l'Allier jusqu'à 900 km de la mer pour se reproduire sur les graviers du haut-Allier — l'une des plus longues migrations de saumon du monde). La ligne ferroviaire des Gorges de l'Allier (Paris-Clermont-Ferrand via Langogne — dite « train des gorges » en saison touristique) offre une traversée spectaculaire des gorges en corniche, viaducs et tunnels successifs.
La boucle de Chapeauroux / gorges de l'Allier (PR balisé, 12-15 km, 4h-5h, D+ 400 m) part du bourg de Chapeauroux (altitude 900 m), descend vers la gorge encaissée de l'Allier (passage sous le viaduc ferroviaire, berges de galets, eaux rapides), longe la rivière sur un chemin de berge, monte sur les coteaux granitiques boisés (chênaies et pinèdes), atteint un belvédère avec vue sur les gorges et la ligne de chemin de fer, puis revient vers Chapeauroux. La combinaison train des gorges (aller) + randonnée (retour) constitue l'expérience idéale — descendre à Langogne en train, randonnée de retour par le GR de Pays haut-Allier (18 km, 6h).
Tableau récapitulatif des 10 randonnées
| # | Randonnée | Zone | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Mont Lozère – 1 699 m, chaos des Bondons | Massif du Mont Lozère | 10 – 18 km | 400 – 700 m | 4h – 6h | Moyen |
| 2 | Gorges du Tarn – 500 m de profondeur / 53 km | Gorges du Tarn | 10 – 20 km | 300 – 600 m | 4h – 6h | Moyen |
| 3 | Causse Méjean – plateau agropastoral UNESCO | Causse Méjean | 10 – 20 km | 80 – 200 m | 3h – 6h | Facile/Moyen |
| 4 | Gorges de la Jonte – 200 vautours fauves | Gorges de la Jonte | 8 – 16 km | 300 – 550 m | 3h – 5h | Moyen |
| 5 | Aubrac – transhumance & drailles millénaires | Aubrac lozérien | 10 – 20 km | 150 – 300 m | 3h – 5h30 | Facile |
| 6 | GR70 Stevenson – Pont-de-Montvert à Florac | Cévennes UNESCO | 15 – 28 km | 400 – 800 m | 5h – 8h | Moyen |
| 7 | Margeride – chaos granitiques & loup | Margeride | 10 – 18 km | 200 – 400 m | 3h – 5h30 | Facile/Moyen |
| 8 | Mont Aigoual – observatoire & forêt cévenole | Massif de l'Aigoual | 10 – 18 km | 400 – 700 m | 3h30 – 6h | Moyen |
| 9 | Viaduc Garabit & gorges de la Truyère | Margeride / Truyère | 8 – 14 km | 200 – 380 m | 2h30 – 4h30 | Facile |
| 10 | Gorges de l'Allier – haut-Allier sauvage | Haut-Allier | 10 – 18 km | 300 – 500 m | 3h – 5h30 | Facile/Moyen |
