Les 6 plus belles randonnées
à l’Île de Ré
« Ré la Blanche » — 30 km de long, totalement plate, 110 km de pistes cyclables. Mais l’île se découvre aussi à pied : remparts Vauban classés UNESCO, marais salants irisés, réserve ornithologique, pinèdes sauvages et écluses à poissons vieilles de mille ans.
Le clocher noir et blanc d’Ars-en-Ré n’est pas une lubie d’architecte — il a été peint en noir et blanc pour servir d’amèr aux marins, comme un phare terrestre visible depuis le large. Ars-en-Ré est aussi classé parmi les Plus Beaux Villages de France
L’île de Ré — 89 km², 30 km de long sur 5 km de large au maximum, quatrième plus grande île de France métropolitaine — est reliée au continent depuis 1988 par un pont de 2,928 km (payant en voiture, piste cyclable gratuite). « Ré la Blanche » son surnom, doit tout à ses maisons calcaires blanchies à la chaux, aux volets peints de ce bleu-céladon vert-gris caractéristique, aux roses trémières qui escaladent les murs été après été. L’île est totalement plate — point culminant autour de 20 m — ce qui en fait le paradis du vélo. Mais les randonneurs à pied y trouvent leur bonheur sur des sentiers que les cyclistes ne peuvent pas emprunter : sentiers côtiers réservés aux piétons, dunes, marais, espaces naturels protégés.
Son histoire est remarquable. Saint-Martin-de-Ré, capitale historique, possède des fortifications édifiées par Vauban de 1681 à 1691 sous Louis XIV — 14 km de remparts formant un demi-cercle de 1,5 km de rayon face au Pertuis Breton, classés au Patrimoine Mondial de l’UNESCO en 2008. La citadelle, qui fut étape du bagne — le capitaine Dreyfus y fut enfermé — avant les déportations vers la Nouvelle-Calédonie et la Guyane (1873-1938), est aujourd’hui encore une prison centrale. Un destin singulier pour un site UNESCO au cœur d’une île touristique. Le phâre des Baleines (1853, 57 m, 257 marches, portée 39 km), l’autre monument absolu de l’île, veille à la pointe ouest depuis la commune de Saint-Clément-des-Baleines — aux côtés de la vieille « Tour des Baleines » construite sur ordre de Colbert en 1682.
Les paysages sont d’une diversité surprenante pour une île aussi petite : plages de sable doré côté océan, marais salants irisés autour de Loix et Ars-en-Ré, vignes, pinèdes, dunes mouvantes aux Portes-en-Ré. Et les écluses à poissons — ces immenses arcs de pierre construits à marée basse pour piéger les poissons, certains remontant au Moyen Âge, visibles à marée basse sur la côte sud — qui rappellent que l’île vivait de la mer bien avant de vivre du tourisme.
Le Top 6 des randonnées à l’Île de Ré
Saint-Martin-de-Ré : Tour des Remparts Vauban – 14 km de Fortifications UNESCO
📍 Porte des Campani · Remparts (14 km) · Port de plaisance · Citadelle · Clocher observatoire · Musée Ernest Cognacq · Charente-MaritimeLe tour des remparts de Saint-Martin-de-Ré est la plus belle « randonnée » urbaine de l’Atlantique — et de loin. Les fortifications édifiées par Vauban de 1681 à 1691 sous Louis XIV sont « uniques par leurs dimensions exceptionnelles » : 14 km de remparts formant un demi-cercle de plus d’1,5 km de rayon face au Pertuis Breton. La vocation était militaire et totale — « pouvoir abriter l’ensemble des habitants de l’île en cas d’attaque » et protéger Rochefort et La Rochelle des Anglais. Ces fortifications font partie des 12 sites Vauban classés UNESCO en 2008 et c’est à la fois une prouesse d’ingénierie militaire et un monument parfaitement préservé que l’on peut arpenter librement en chemin de ronde.
Le tour des remparts s’intègre naturellement dans la découverte de la vieille ville — ses ruelles fleuries, son port de plaisance nichê dans la citadelle, le musée Ernest Cognacq (art et histoire de l’île, dans l’hôtel de Clerjotte du XVe siècle), le clocher observatoire qui offre une vue panoramique sur toute l’île. L’histoire de la citadelle-prison ne doit pas être éludée : c’est de Saint-Martin que partaient les forcés vers le bagne de Nouvelle-Calédonie puis de Guyane de 1873 à 1938. Le capitaine Dreyfus y fut détenu. La citadelle est encore aujourd’hui une prison centrale — ce qui lui donne une étrange double vie entre site touristique et institution pénitentiaire.

Phâre des Baleines + Bois de Trousse-Chemise – Le Classique de la Pointe Ouest
📍 Saint-Clément-des-Baleines · Phâre des Baleines (57 m, 1853) · Vieille Tour Colbert (1682) · Conche des Baleines · Bois de Trousse-Chemise (Aznavour) · Banc du BûcheronC’est la randonnée terminus de l’île de Ré — celle qui, si on l’enchaîne après avoir marché toute l’île d’est en ouest, récompense l’effort par un des plus beaux phares de la façade atlantique. Le phâre des Baleines — construit en 1853, 57 m de hauteur, 257 marches, portée 39 km — est « l’un des plus puissants de la façade atlantique. » « Panorama somptueux du haut du phâre. » La Vieille Tour des Baleines (1682, construite sur ordre du ministre Colbert) se dresse à côté du grand phâre — deux époques de la même vigile, côte à côte. La randonnée passe par le Marais d’Éloi — « pôle nature, marais salants et réserve naturelle, principal refuge de novembre à mai pour de nombreux oiseaux migrateurs » — avant d’atteindre le phâre par la côte nord.
Le Bois de Trousse-Chemise est la partie la plus sauvage de l’île — une « pinède mythique immortalisée par Charles Aznavour » dans sa chanson La Bohème. Les sentiers piétons ombragés (interdits aux vélos) y sont les seuls sentiers vraiment sauvages de toute l’île, serpentant dans les dunes et les pins maritimes jusqu’à la plage de Trousse-Chemise. Le banc du Bûcheron, visible à marée basse, émerge comme une barre de sable surgissant des flots — un phénomène naturel spectaculaire impossible à voir autrement qu’à pied depuis la plage.
Réserve Nationale de Lilleau des Niges + Les Portes-en-Ré – L’Ornithologie au Bout du Monde
📍 Les Portes-en-Ré · Piste cyclable côté réserve · Lilleau des Niges (bernaches, tadornes, sternes) · Maison du Fier · Fier d’Ars · Pointe du Grouin du Cou · Charente-MaritimeLes Portes-en-Ré et la réserve de Lilleau des Niges, c’est l’île de Ré à son plus sauvage — ce village qui « nous donne le sentiment d’être au bout du monde » est la commune la plus préservée de l’île, au cœur d’un environnement naturel protégé. La Réserve Naturelle Nationale de Lilleau des Niges est un des sites ornithologiques les plus importants de la façade atlantique française. « Des dizaines de milliers d’oiseaux migrateurs y transitent chaque année » : bernaches cravant et canards en hiver, gorgebleues à miroir et sternes pierregarins au printemps, plus les résidentes — tadornes, aigrettes, avocettes, huîtriers-pie. La Maison du Fier (gérée par la Ligue pour la Protection des Oiseaux) propose un espace muséographique et des observatoires pour voir sans déranger.
Le sentier longe le Fier d’Ars — baie intérieure de 800 hectares en partie protégée — avec ses herbiers de zostères où s’alimentent les bernaches. À l’opposé, la côte océane des Portes-en-Ré déploie ses plages sauvages et ses dunes vierges que le vent atlantique remodelè sans arrêt. Cette randonnée est la plus « nature » de l’île : entre les deux faces de la pointe, le randonneur traverse tous les écosystèmes de l’île de Ré en quelques kilomètres.

Marais Salants de Loix et Ars-en-Ré – Plus Beau Village, Clocher Noir et Blanc, Saunier
📍 La Couarde-sur-Mer ou Ars-en-Ré · Martray (point le plus étroit) · Marais salants de Loix · Fier d’Ars · Ars-en-Ré (Plus Beau Village) · port ostréicoleLa randonnée des marais salants est peut-être la plus « rétaise » de toutes — celle qui revient sur tous les agendas de ceux qui connaissent vraiment l’île. Les marais salants de Loix — Loix, « presqu'île dans l’île », labellisée Cittaslow (cité du bien vivre) — sont un paysage unique : des centaines de bassins rectangulaires où le sel cristallise en surface en plaques mother-of-pearl, où les sauniers travaillent en silence avec leurs rabassières, où les avocettes et les hérons cendrés se toisent en bordure de bassin. En plein soleil d’été, ces bassin irisés semblent irréels. Et l’écomusée de Loix raconte tout le processus de fabrication du sel marin.
La boucle passe par le Martray — ce passage le plus étroit de l’île où la route traverse un isthme de quelques mètres à peine entre le Fier d’Ars et la baie d’Antioche, là où la mer « menace parfois de couper la terre en deux » lors des grandes tempêtes. Ars-en-Ré — « classé parmi les Plus Beaux Villages de France » avec son port ostréicole, son marché, ses ruelles étroites et son fameux clocher noir et blanc qui servait d’amèr aux marins — est une escale inévitable. « Quelquefois, une pause gourmande sur le port d’Ars permet de requinquer les corps affaiblis... »
La Flotte : Sentier Côtier, Abbaye des Châteliers et Fort La Prée – 800 Ans d’Histoire
📍 La Flotte-en-Ré · Pont de l’île (départ alternatif) · Abbaye des Châteliers (cistercienne XIIe s.) · Fort La Prée (1625) · Sentier côtier piétons · Rivedoux-PlageLa Flotte-en-Ré est peut-être le village le plus complet de l’île pour les amateurs de randonnée patrimoniale. Son marché médiéval est classé « plus beau marché de France » (ouvert 7 jours sur 7 en été). Mais c’est surtout ce qui se trouve aux alentours qui intéresse le randonneur. L’Abbaye des Châteliers — fondée en 1156 par des moines cisterciens, « en 1160, douze moines de l’abbaye cistercienne d’Orbetour fondent une abbaye à La Flotte » — dont les ruines imposantes se dressent en plein champ, « bien que partiellement en ruine, reste un témoignage impressionnant de l’architecture religieuse ». Et le Fort La Prée (construit en 1625, le plus ancien ouvrage militaire de l’île, ensuite modifié par Vauban) veille sur la côte nord depuis quatre siècles.
Le sentier côtier entre La Flotte et Saint-Martin est réservé aux piétons — une tranche de côte inaccessible aux vélos et nettement moins fréquentée donc, avec des vues directes sur la mer et des zones de pêche à pied à marée basse. La boucle de Rivedoux-Plage au pont permet aussi de découvrir la Redoute de Sablanceaux (fortification de Vauban) et les sous-bois du début d’île, souvent négligés au profit des sites plus lointains.

Écluses à Poissons et Côte Sud – Vestiges Médiévaux à Marée Basse
📍 Sainte-Marie-de-Ré · Sentiers côtiers côte sud · Écluses à poissons (arcs de pierre médiévaux) · Vignobles · Le Bois-Plage-en-Ré · Plage des GollandièresLes écluses à poissons de la côte sud sont l’un des secrets les mieux gardés de l’île de Ré — et pourtant il suffit de marcher sur le sentier côtier et d’attendre la marée basse pour les voir. Ces immenses arcs de pierre construits à marée basse pour piéger les poissons, « vestiges d’une tradition séculaire » dont certains remontent au Moyen Âge, forment des demi-cercles de roches importées de 50 à 200 mètres de long qui percent la surface de l’océan quand la mer se retire. C’est le système de pêche passif le plus ancien et le plus élégant qui soit — la marée montante amenait les poissons, la marée descendante les piégeait. Aucun filet, aucun moteur, aucun bruit.
Le sentier côtier de la côte sud — entre Sainte-Marie-de-Ré et le Bois-Plage-en-Ré — est réservé aux piétons et offre des vues directes sur ces écluses, mais aussi sur les vignobles rétais (vins des îles, pineau des Charentes), les champs de pommes de terre primeur (AOC Île de Ré, récoltées à la main de mai à juillet) et la plage des Gollandières au Bois-Plage, une des plages les plus protégées et les plus calmes de l’île. La vue vers le large porte jusqu’à l’île d’Oléron.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées
| # | Randonnée | Distance | Dénivelé | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Saint-Martin-de-Ré — remparts Vauban UNESCO 1681-91, citadelle-prison | 8 km | plat | 2h30–3h | Facile |
| 2 | Phâre des Baleines 57 m + bois de Trousse-Chemise (Aznavour) | 8–12 km | plat | 2h30–4h | Facile |
| 3 | Réserve Lilleau des Niges + Portes-en-Ré — ornithologie, bout du monde | 8–10 km | plat | 2h30–3h30 | Facile |
| 4 | Marais salants Loix + Ars-en-Ré (Plus Beau Village, clocher noir/blanc) | 10–14 km | plat | 3h–4h30 | Facile |
| 5 | La Flotte — sentier côtier piétons, abbaye cistercienne 1156, Fort La Prée 1625 | 8–12 km | plat | 2h30–4h | Facile |
| 6 | Écluses à poissons côte sud + Bois-Plage — vestige médiéval à marée basse | 8–12 km | plat | 2h30–4h | Facile |
FAQ – Randonnée à l’Île de Ré
L’île de Ré est-elle praticable à pied ou faut-il obligatoirement un vélo ?
Le vélo est le roi de l’île — aucun doute là-dessus. Mais le randonneur à pied accède à des endroits inaccessibles aux vélos : les sentiers côtiers réservés aux piétons (Bois de Trousse-Chemise, sentier La Flotte-Saint-Martin, sentiers de la côte sud), certaines zones de la réserve de Lilleau des Niges. Ces espaces sont souvent les plus calmes et les plus sauvages de l’île, justement parce que les vélos n’y ont pas accès.
La solution mixte est souvent la meilleure : louer un vélo pour traverser l’île, et marcher sur les sections les plus intéressantes. Les pistes cyclables sont par ailleurs largement réservées aux vélos — les marcheurs doivent les partager avec les cyclistes (parfois nombreux en haute saison), ce qui peut être moins agréable que les sentiers strictement piétons.
Pourquoi la citadelle Vauban de Saint-Martin-de-Ré est-elle encore une prison ?
La citadelle de Saint-Martin-de-Ré a perdu sa fonction défensive au XIXe siècle et a été affectée à d’autres usages. De 1873 à 1938, elle a servi d’étape pour les condamnés au bagne qui attendaient là leur déportation vers la Nouvelle-Calédonie puis la Guyane. Le capitaine Dreyfus y fut notamment détenu. La maison centrale a perduré jusqu’à nos jours — c’est aujourd’hui la plus importante maison centrale de France, avec l’originalité d’être classée au patrimoine mondial UNESCO.
Cette coexistence entre site touristique et institution pénitentiaire est une particularité absolument unique en France. L’enceinte urbaine et la citadelle sont visitables librement pour tout ce qui n’est pas la prison elle-même — les chemins de ronde, les portes (Porte des Campani, Porte Toiras), les bastions et la vue sur le port. Les visites guidées de l’Office de Tourisme permettent d’accéder à certains espaces habituellement fermés.
Quelle est la meilleure saison pour randonner à l’Île de Ré ?
Mai-juin et septembre-octobre : les meilleures périodes sans hésitation. L’île est belle, les pistes ne sont pas encombrées, la lumière atlantique est superbe, et les oiseaux migrateurs sont présents à Lilleau des Niges (mars-mai au printemps, septembre-novembre à l’automne). Les roses trémières fleurissent de juin à août — un plus indéniable.
Juillet-août : l’île est saturée. Plus d’un million de visiteurs en deux mois, les pistes cyclables sont engorrées, les parkings pleins avant 9h, les prix d’hébergement triplés. Si on y va quand même, partir marcher avant 8h — l’île est magnifique à l’aube avant l’arrivée des foules. Hiver (novembre-février) : l’île retrouve son âme insulaire avec ses 18 000 habitants permanents. Idéal pour l’ornithologie (pic des migrations), les promenades solitaires sur les plages, et la découverte des villages sans les terrasses bondées.
Comment accéder à l’Île de Ré depuis La Rochelle ou Paris ?
Depuis La Rochelle (20 km, 30 min en voiture) : N237 puis D735 directement jusqu’au pont. Péage pont (tarifs selon saison, jusqu’à 16€ environ en saison haute) — gratuit à vélo. En bus depuis La Rochelle : lignes Ré'BUS/LiO, fréquentes en été, moins en hiver. Depuis Paris (480 km, 4h30 en voiture) : A10 → Niort → A83 → La Rochelle → pont. En train : TGV Paris-La Rochelle en 2h45, puis bus ou navette vers l’île. C’est la solution écologique recommandée — une fois sur l’île, on n’a de toute façon pas besoin de voiture. Location de vélos nombreuse dès l’arrivée au pont.
En juillet-août : des bouchons monumentaux se forment au pont (jusqu’à 2h d’attente en voiture). Départ tôt le matin ou en soirée impératif. L’alternative train + vélo (La Rochelle → pont de Ré à vélo = 3 km supplémentaires sur la piste cyclable du pont, gratuite) est entièrement praticable et très agréable.
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