Les 6 plus belles randonnées
dans les Ardennes belges
Les Ardennes belges sont la plus grande forêt de Belgique — 3 millions d'hectares de hêtres et d'épicéas sur un plateau de schiste entre 200 m et 694 m. Les Hautes Fagnes abritent les tourbières les plus nordiques d'Europe centrale, avec leurs linaigrettes blanches et leurs cerfs à l'aube.
Les Ardennes belges forment le plus grand massif forestier de Belgique — un plateau de schiste, de grès et de quartzite entre 200 m et 694 m d'altitude, couvrant l'essentiel de la province de Liège, la province du Luxembourg et le sud du Namur. Contrairement à l'idée reçue, les Ardennes ne s'arrêtent pas à la frontière belge — elles se prolongent en Allemagne (Eifel) et au Grand-Duché de Luxembourg, formant un massif forestier trans-national d'environ 11 000 km². La Belgique en occupe la partie la plus élevée, avec le Signal de Botrange (694 m) comme point culminant — modeste en altitude absolue, mais dominant amplement le Plateau belge environnant (150-200 m).
La géologie ardennaise est radicalement différente de celle des Alpes ou du Jura. Les Ardennes sont un massif hercynien — un ancien massif montagneux formé lors de l'orogenèse hercynienne (350-300 millions d'années), depuis longtemps érodé et réduit à un plateau. Les roches dominantes sont le schiste ardennais (roche métamorphique d'un gris bleuté, utilisé depuis des siècles pour les toitures et les sols des maisons), le grès de l'Ardenne (sandstone rouge-brun très dur) et le quartzite (roche très résistante à l'érosion, formant les crêtes et les "roches" caractéristiques comme le Tombeau du Géant). Ces roches n'ont ni la blancheur des calcaires alpins ni la compacité du granite — elles s'altèrent facilement et donnent au paysage ardennais ses sols bruns acides et ses torrents aux eaux brunes chargées en acides humiques.
Les Hautes Fagnes (Hohes Venn en allemand) sont la composante la plus originale et la plus précieuse de la nature ardennaise — un ensemble de tourbières de plateau couvrant 4 700 hectares à cheval sur la frontière belgo-allemande, classé Réserve Naturelle et Forestière depuis 1957. Les tourbières des Hautes Fagnes sont les seules tourbières de type boréal d'Europe occidentale à cette latitude — leur existence est liée à la combinaison de précipitations élevées (1 400 mm/an sur le plateau), de températures basses (les fagnes peuvent enregistrer des gelées en juillet) et d'un imperméabilité du sol liée au schiste sous-jacent. La tourbe s'y accumule depuis 9 000 ans — certaines couches de tourbe ont une épaisseur de 5-6 m. Les sphaignes (Sphagnum), les linaigrettes (Eriophorum), les droséras (plantes carnivores) et les bruyères (Calluna vulgaris) constituent la végétation caractéristique de ce milieu unique en Europe de l'Ouest.
La faune ardennaise est celle d'une forêt nordique. Le cerf élaphe est la star des Ardennes belges — avec environ 5 000 individus sur l'ensemble du massif, c'est la plus grande population de cerfs de Belgique. Le brame du cerf en septembre-octobre est un des spectacles naturels les plus impressionnants accessibles depuis Paris en 3 heures. Le sanglier (Sus scrofa) est abondant dans toutes les forêts. Le chevreuil est présent partout. Le martin-pêcheur (Alcedo atthis) fréquente toutes les rivières — ses plongeons sur les eaux brunes de l'Amblève et de l'Ourthe sont un spectacle photographique permanent. La loutre (Lutra lutra), longtemps disparue, est revenue dans certains cours d'eau ardennais depuis les années 2000.
Le Top 6 des randonnées dans les Ardennes belges
Signal de Botrange & Hautes Fagnes – Le Toit de la Belgique dans ses Tourbières
📍 Botrange (663 m) · Signal de Botrange (694 m) · Hautes Fagnes · LiègeLe Signal de Botrange (694 m) est le point culminant de la Belgique — un sommet modeste en altitude absolue mais nettement dominant dans le paysage belge (le Plateau belge autour de Liège et Bruxelles est à 150-200 m). Une tour d'observation en bois permet de dominer les tourbières environnantes de quelques mètres supplémentaires. La vue depuis la tour est celle du plateau des Hautes Fagnes — une immensité de végétation rase, brune en hiver, vert-brun en été, parsemée de plaques d'eau réfléchissantes et de boulaies aux troncs blancs.
Les sentiers balisés dans les Hautes Fagnes forment un réseau de circuits depuis le Centre Botrange (visitor center, parking principal). Les sentiers de la réserve sont en grande partie sur des passerelles en bois ou des caillebotis — obligatoires pour protéger la tourbière fragile dont la structure spongieuse ne supporte pas le piétinement direct. En dehors des sentiers balisés, l'accès à la tourbière est interdit (risque d'enlisement et de dégradation irréversible de la tourbe).
Le meilleur moment pour les Hautes Fagnes : juillet pour la floraison des linaigrettes (boules blanches cotonneuses au vent), septembre-octobre pour les couleurs automnales et le brame du cerf à l'aube, et janvier-février sous la neige pour le silence et la lumière rasante sur les tourbières gelées. En toutes saisons, les aurores sur les fagnes (brouillard blanc restant au-dessus des tourbières tandis que le ciel se colore) sont un spectacle photographique rare en Europe de l'Ouest à deux heures de Paris.

Accès voiture obligatoire pour Botrange depuis Liège (50 km, route N68 depuis Spa) — pas de transport en commun direct depuis Liège pour le Signal de Botrange. Bus depuis Eupen (25 min, ligne TEC) jusqu'à Waimes, puis 8 km à pied ou à vélo.
Tourbière en hiver : la neige reste plus longtemps sur le plateau des fagnes que dans les vallées ardennaises (différence de 2-3°C). En janvier-février, les fagnes sont souvent enneigées quand Liège et Namur sont sans neige — ski de fond possible sur les chemins forestiers.
Vallée de l'Amblève – La Rivière Sauvage des Ardennes et ses Gorges
📍 Stavelot (430 m) · Coo (260 m) · Remouchamps · Aywaille · LiègeL'Amblève est une des rivières les plus sauvages et les plus belles des Ardennes belges — elle prend sa source dans les fagnes au-dessus de Malmedy et coule sur 80 km avant de rejoindre l'Ourthe à Liège. Sa particularité est la profondeur de son encaissement dans le plateau ardennais — en certains endroits entre Trois-Ponts et Remouchamps, la vallée de l'Amblève est creusée de 150-200 m dans le plateau, créant des gorges boisées d'une sauvagerie comparable aux canyons pyrénéens.
Le sentier de grande randonnée GR 57 (Sentier de l'Ourthe) longe l'Amblève sur plusieurs dizaines de kilomètres, offrant une randonnée de plusieurs jours possible avec hébergements en gîtes dans les villages. Le tronçon entre Stavelot (430 m) et Coo (260 m) (12 km, D– 170 m, 3h45 aller) est le plus sauvage — il traverse des forêts de hêtres en corniche au-dessus de la rivière, avec des vues plongeantes sur les méandres de l'Amblève en contrebas.
Le martin-pêcheur (Alcedo atthis) est omniprésent sur les berges de l'Amblève — son plongeon éclair et sa couleur turquoise vif sont souvent la première chose que les randonneurs remarquent en longeant la rivière. Les orvets (lézards sans pattes, non dangereux) et les couleuvres à collier se réchauffent sur les rochers de schiste en bord d'eau.
Grottes de Remouchamps (grottes.be, ~15 € adulte) : à 3 km de l'Amblève, les grottes de Remouchamps sont traversées par la Rubicon, rivière souterraine, en barque — 1 km de navigation souterraine dans des galeries calcaires. Ouverte toute l'année. Incontournable avec des enfants.
Canoë sur l'Amblève (plusieurs loueurs à Coo et Stavelot, ~30 €/2h) : descendre l'Amblève en canoë entre Stavelot et Coo est une alternative à la randonnée pédestre — les deux peuvent se combiner (descente en canoë, retour à pied en GR).
Tombeau du Géant & Vallée du Grand Ri – Le Rocher Légendaire de l'Ourthe
📍 Nadrin (360 m) · Tombeau du Géant · Vallée de l'Ourthe · Luxembourg belgeLe Tombeau du Géant est le site géologique et paysager le plus spectaculaire de l'Ourthe ardennaise — un rocher de quartzite blanc de plusieurs dizaines de mètres de haut, dressé au-dessus d'un méandre de l'Ourthe Occidentale près de Nadrin, dominant la vallée de 100 m. Son nom vient d'une légende locale : un géant, effrayé par le bruit des crues de l'Ourthe, se serait transformé en rocher pour l'éternité. La réalité géologique est à peine moins impressionnante — le quartzite de Nadrin est un des affleurements de roche les plus durs des Ardennes, résistant à l'érosion pendant que les roches moins dures de la vallée étaient érodées, créant ce pilier isolé.
Depuis le sommet du Tombeau du Géant, la vue plongeante sur les méandres de l'Ourthe est une des plus belles des Ardennes — la rivière décrit un arc presque complet de 270° dans son encaissement boisé, avec les versants forestiers se reflétant dans l'eau brune. C'est une des images les plus photographiées de la région, comparable au méandre d'Ingleton dans le Yorkshire ou à la Bouble dans l'Allier.
Le sentier depuis Nadrin vers le Tombeau du Géant (D+ 200 m, 3 km, 1h15 aller) passe par des forêts de hêtres et de chênes d'une grande beauté en automne — les roux et les ors des hêtres ardennais en octobre-novembre sont parmi les plus intenses de Belgique.

Viewpoint de la Roche du Hérou (à 2 km du Tombeau) : belvédère complémentaire sur le méandre de l'Ourthe depuis un autre angle — le circuit combinant les deux belvédères (D+ 350 m, 8 km, 3h30) est la randonnée classique de la vallée.
Automne (oct.-nov.) : la période absolue pour cette randonnée. La forêt de hêtres autour du Tombeau du Géant prend des couleurs d'une intensité remarquable — les roux, ors et brons s'allument avec la lumière rasante de l'après-midi de novembre.
Barrage de la Gileppe & Vallée de la Vesdre – Le Grand Lac des Ardennes Liégeoises
📍 Jalhay (502 m) · Barrage de la Gileppe · Lac de la Gileppe · LiègeLe barrage de la Gileppe (construit entre 1869 et 1878) est le premier grand barrage-voûte à contreforts de Belgique — une prouesse d'ingénierie de l'époque qui a créé le lac de la Gileppe (26 millions de m³, 130 ha) pour alimenter en eau potable la région industrielle de Verviers et de Liège. Le lion de pierre qui veille depuis le sommet du barrage (depuis 1878) est devenu l'emblème du site — une sculpture monumentale de 6 m de haut en pierre bleue de Belgique, aujourd'hui un des monuments les plus photographiés de la province de Liège.
Le tour du lac de la Gileppe (14 km, D+ 150 m, 4h) est un des circuits familiaux les plus populaires des Ardennes liégeoises — un sentier forestier qui longe les berges boisées du lac avec des vues changeantes sur l'étendue d'eau et sur les collines ardennaises boisées. En été, le lac est autorisé à la pêche et à la baignade (plage aménagée côté nord).
La vallée de la Vesdre en aval du barrage jusqu'à Limbourg (10 km, D– 200 m, 3h) est une randonnée de descente dans une vallée industrielle reconvertie — les anciennes usines textiles de Verviers (la "Manchester belge" du XIXe siècle) se reflètent dans la rivière, avec le village médiéval de Limbourg (classé parmi les Plus Beaux Villages de Wallonie) perché sur son éperon rocheux à l'arrivée.
Le lion du barrage : monter sur le couronnement du barrage (accès libre) pour voir le lion de face et avoir la vue sur le lac d'un côté et sur la vallée de la Gileppe de l'autre. L'ouvrage d'art du barrage (maçonnerie de moellons de grès ardennais) est lui-même remarquable.
Limbourg médiéval : si la descente vers Limbourg est incluse dans l'itinéraire, réserver une heure pour la visite du village perché — ses remparts, ses ruelles pavées et ses maisons à pans de bois du XVIIe-XVIIIe siècle sont d'une cohérence architecturale rare en Belgique.
Forêt de Saint-Hubert & Brame du Cerf – La Grande Forêt des Ardennes Luxembourgeoises
📍 Saint-Hubert (335 m) · Forêt domaniale · Ardennes luxembourgeoises · Province de LuxembourgLa forêt domaniale de Saint-Hubert est la plus grande forêt publique de Belgique — 10 000 hectares de hêtres, d'épicéas et de chênes autour de la ville de Saint-Hubert, patron des chasseurs. La forêt ardennaise est à Saint-Hubert dans sa forme la plus pure — massive, sombre, silencieuse, avec des allées forestières larges datant des chasses royales du XVIIIe siècle et des peuplements de hêtres centenaires dont les cimes ferment une voûte verte en été.
Le brame du cerf (mi-septembre à mi-octobre) est l'événement naturel le plus spectaculaire des Ardennes belges — et probablement le plus accessible de France-Belgique à moins de 3 heures de Paris. À l'aube et au crépuscule, les cerfs mâles bramissent pour attirer les femelles et intimider les rivaux — un son grave, puissant et primitif qui peut s'entendre à plus d'un kilomètre dans la forêt silencieuse. La forêt de Saint-Hubert, avec ses grandes clairières entourées de lisières boisées, est un des meilleurs sites de brame de Belgique. Les rangers du département de la Nature et des Forêts (DNF) organisent des sorties guidées au brame chaque weekend de septembre-octobre.
En dehors du brame, les sentiers de la forêt domaniale offrent des randonnées forestières de grande qualité en toutes saisons — les allées de chasse rectiligne du XVIIIe siècle créent un réseau parfaitement balisé à travers des forêts de hêtres d'une beauté classique, avec des vues longues sous les futaies.

Brame guidé (mi-sept.–mi-oct.) : sorties organisées par le DNF (forêts.wallonie.be) ou par les guides nature locaux — préférable pour trouver les bons endroits et respecter les distances de dérangement pour les animaux. Départ 5h30 du matin, retour 9h. Prix : ~20 €/personne.
Basilique Saint-Hubert : la cathédrale gothique-Renaissance de Saint-Hubert (XVIe-XVIIIe siècle) est une des plus belles églises de Wallonie — la visite avant ou après la randonnée s'impose. La légende de saint Hubert (vision d'un cerf portant une croix entre ses bois lors d'une chasse) est à l'origine du pèlerinage annuel de Saint-Hubert (premier novembre).
Cascade de Coo & Belvédère de Marche-en-Famenne – La Plus Grande Cascade de Belgique
📍 Coo (250 m) · Cascade · Rocher de Souhait · Trois-Ponts · LiègeLa cascade de Coo est la plus grande cascade naturelle de Belgique — une chute d'eau de 15 m de haut sur l'Amblève dans les gorges boisées entre Coo et Trois-Ponts. Sa formation est paradoxalement d'origine humaine — au XVIIIe siècle, des moines cisterciens ont creusé un canal de dérivation pour alimenter leur moulin, créant un méandre artificiel qui a progressivement érodé le substrat jusqu'à former cette cascade. Aujourd'hui classée monument naturel et protégée, la cascade de Coo est un des sites naturels les plus visités des Ardennes belges.
Le Rocher de Souhait est le belvédère qui domine la cascade depuis 60 m en amont — un éperon rocheux de schiste ardennais avec une vue plongeante sur la cascade et sur les gorges boisées de l'Amblève en aval. La montée depuis Coo (D+ 120 m, 1,5 km, 30 min) est courte mais récompensée par un panorama d'une grande qualité pour un massif de basse altitude.
Le circuit complet Coo → Rocher de Souhait → Trois-Ponts (GR 57, D+ 250 m, 8 km, 3h) longe les gorges de l'Amblève entre les deux villages — une randonnée de forêt et de rivière avec plusieurs points de vue sur la vallée encaissée. Retour en train depuis Trois-Ponts vers Liège (ligne Liège-Gouvy, 40 min).
Cascade de Coo au printemps : le débit est maximal en mars-mai lors de la fonte des neiges des Hautes Fagnes — la cascade est alors à son apogée visuelle et sonore. En été, le débit peut être réduit lors des périodes de sécheresse.
Parc d'attractions de Coo : adjacent à la cascade, le parc Plopsa Coo (anciennement "Plopsa Coo") propose des attractions pour enfants et adolescents — une option para-randonnée pour les familles qui combinent les deux.
Tableau récapitulatif des 6 randonnées
| # | Randonnée | Altitude max. | Distance | D+ | Durée | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Signal de Botrange (694 m) & Hautes Fagnes | 694 m | 6–18 km | 50–300 m | 2h30–6h | Facile |
| 2 | Vallée de l'Amblève – Stavelot à Coo | 430 m | 8–22 km | 100–500 m | 3h–7h | Facile/Moyen |
| 3 | Tombeau du Géant & méandres de l'Ourthe | 520 m | 8–16 km | 200–500 m | 3h–6h | Facile/Moyen |
| 4 | Barrage de la Gileppe & vallée de la Vesdre | 502 m | 6–16 km | 50–350 m | 2h30–5h30 | Facile |
| 5 | Forêt de Saint-Hubert & brame du cerf | 500 m | 8–20 km | 100–400 m | 3h–6h30 | Facile |
| 6 | Cascade de Coo & Rocher de Souhait | 400 m | 4–14 km | 100–400 m | 1h30–5h | Facile |
FAQ – Randonnée dans les Ardennes belges
Qu'est-ce qu'une tourbière des Hautes Fagnes et pourquoi ce milieu est-il si fragile ?
Une tourbière est un milieu naturel gorgé d'eau où la décomposition de la matière organique est ralentie par l'acidité et l'anaérobie (absence d'oxygène) — si bien que les plantes mortes s'accumulent indéfiniment sous forme de tourbe plutôt que d'être minéralisées. Les tourbières des Hautes Fagnes sont de type ombrotrophes (alimentées uniquement par les eaux de pluie, sans apport d'eau de nappe) — une des formes de tourbière les plus nordiques et les plus rares.
Formation : les Hautes Fagnes ont commencé à se former il y a environ 9 000 ans, juste après la dernière glaciation. Les conditions réunies sont 1) des précipitations élevées (1 400 mm/an), 2) des températures fraîches (les fagnes peuvent avoir des gelées en juillet), 3) un sol imperméable (schiste sous-jacent), et 4) une végétation dominée par les sphaignes (Sphagnum spp.) — des mousses capables d'absorber jusqu'à 20 fois leur poids en eau et qui acidifient le milieu à mesure qu'elles meurent et s'accumulent. La tourbe s'accumule à raison d'environ 1 mm par an — les couches les plus profondes datent de 9 000 ans et peuvent atteindre 5-6 m d'épaisseur.
Fragilité : la tourbière est une structure spongieuse très peu consolidée. Le piétinement humain compresse et détruit les sphaignes, créant des ornières qui s'agrandissent à chaque passage (et qui peuvent devenir dangereuses). C'est pourquoi les sentiers dans les Hautes Fagnes sont obligatoirement sur caillebotis ou passerelles. La tourbière est également très sensible au drainage — un fossé créé par erreur peut assécher des hectares de tourbe en quelques années. Le Centre Botrange organise des visites guidées des sections non accessibles au public pour comprendre le fonctionnement de cet écosystème.
Pourquoi les Ardennes belges ont-elles été le théâtre de batailles décisives lors des deux guerres mondiales ?
Les Ardennes ont joué un rôle militaire déterminant dans les deux guerres mondiales — leur topographie boisée et accidentée, longtemps considérée comme infranchissable par les grandes armées mécanisées, a été paradoxalement le lieu des percées les plus décisives.
Première Guerre mondiale : les Ardennes belges ont été le théâtre des premières batailles meurtrières de la guerre (août 1914 — Batailles des Ardennes). L'armée française, croyant que les Allemands ne pourraient pas traverser rapidement le massif forestier, avait sous-estimé la rapidité de l'avance allemande. Les combats dans les forêts ardennaises entre août et septembre 1914 ont coûté la vie à des dizaines de milliers de soldats des deux camps. De nombreux cimetières militaires français, belges, allemands et britanniques jalonnent encore les Ardennes.
Deuxième Guerre mondiale (Bataille des Ardennes, décembre 1944) : la bataille des Ardennes (opération Wacht am Rhein, 16 décembre 1944 – 25 janvier 1945) est la dernière grande offensive allemande sur le front occidental — et une des batailles les plus intenses de toute la guerre. Hitler a de nouveau misé sur l'effet de surprise dans les Ardennes, convaincu que les Alliés ne s'attendraient pas à une percée dans ce massif en hiver. L'offensive initiale a percé les lignes alliées sur 80 km, créant le "saillant" (Bulge en anglais — d'où le nom anglais Battle of the Bulge). La résistance acharnée des défenseurs de Bastogne (encerclée par les Allemands mais refusant de capituler — la réponse du général McAuliffe à l'ultimatum allemand : "Nuts !") et la contre-offensive Patton depuis le sud ont retourné la situation en janvier 1945. Les pertes de part et d'autre sont estimées à 100 000+ tués, blessés et prisonniers. De nombreux sites mémoriaux autour de Bastogne, La Gleize et Stavelot permettent de comprendre cette bataille décisive.
Comment observer le brame du cerf dans les Ardennes belges et quelle est la meilleure période ?
Le brame du cerf (Cervus elaphus) est un des spectacles naturels les plus impressionnants accessibles depuis Paris en moins de 3 heures — et les Ardennes belges, avec leur population de 5 000 cerfs, sont une des meilleures régions d'Europe pour l'observer.
La période : le brame a lieu de la mi-septembre à la mi-octobre environ, avec un pic autour du 20 septembre au 5 octobre selon les années et la météo. La période exacte varie selon la température — les nuits fraîches (< 10°C) déclenchent et intensifient le brame. La durée totale est d'environ 4-5 semaines.
Les horaires : le brame est maximal à l'aube (de 5h30 à 8h30) et au crépuscule (de 17h à 20h). En milieu de journée, les cerfs sont généralement couchés dans la forêt dense et ne brame que peu ou pas. La nuit, le brame est également intense mais l'observation est difficile sans équipement de vision nocturne.
Comment faire : se positionner en lisière de forêt (là où la forêt dense jouxte une clairière ou une prairie) avant l'aube, avec le vent dans le dos (pour ne pas que les cerfs sentent votre odeur), vêtements sombres et silencieux. Rester immobile. Écouter d'abord — le brame s'entend à 1-2 km dans la forêt silencieuse. Puis chercher la source à vue. Les cerfs bramisseurs viennent souvent en lisière des clairières — ils ont besoin de voir leurs rivaux. Ne jamais s'approcher à moins de 50-100 m d'un cerf en brame (animal très agité, potentiellement agressif).
Sites recommandés : Forêt domaniale de Saint-Hubert (DNF organise des sorties guidées), forêt de Nassogne, lisières de la forêt de Freyr (Province de Namur). Les forestiers wallons (forêts.wallonie.be) publient chaque année un calendrier des sorties brame guidées.
Comment rejoindre les Ardennes belges depuis Paris, Bruxelles et Liège sans voiture ?
Les Ardennes belges sont remarquablement accessibles depuis Paris par train — le réseau LGV (Thalys) dessert Liège en 1h50, et depuis Liège, des lignes SNCB et des bus TEC desservent les principales villes ardennaises. L'absence de voiture est possible mais demande une organisation plus rigoureuse qu'en Suisse (le réseau de transport rural est moins dense).
Depuis Paris : Thalys Paris-Nord → Liège-Guillemins (1h50, plusieurs liaisons/jour, ~60-90 €). Depuis Liège, plusieurs options.
Depuis Liège : train SNCB Liège → Trois-Ponts / Stavelot / Vielsalm (ligne Liège-Gouvy, 40-60 min, toutes les heures) — accès à la vallée de l'Amblève et aux environs de Stavelot. Train SNCB Liège → Aywaille (30 min) — accès à la vallée de l'Amblève inférieure et aux grottes de Remouchamps. Bus TEC depuis Liège vers Spa (40 min, ligne 294), Malmedy (1h) et Eupen (45 min) — accès aux Hautes Fagnes depuis ces hub.
Depuis Bruxelles : IC SNCB Bruxelles → Liège (1h) puis correspondances ci-dessus. Ou IC direct Bruxelles → Arlon / Luxembourg-ville via Namur — descendre à Libramont pour Saint-Hubert (20 km en taxi).
La limite de la voiture pour les Ardennes : les sites les plus sauvages (Signal de Botrange, forêts de la Haute Ardenne) ne sont pas accessibles en transport en commun — ils nécessitent une voiture ou un vélo. La ville de Spa est le meilleur hub sans voiture — elle dispose d'un accès bus vers les Hautes Fagnes (via Waimes/Botrange) et est à 40 min de Liège en bus.
Le GR 5 et le GR 57 : ces deux grands sentiers de randonnée traversent les Ardennes belges de part en part. Le GR 5 (Amsterdam → Nice) entre en Belgique à Maastricht et traverse les Ardennes liégeoises. Le GR 57 (Sentier de l'Ourthe) longe l'Ourthe depuis sa source jusqu'à Liège. Ces itinéraires sont conçus pour des randonnées de plusieurs jours avec étapes en gîtes, accessibles depuis les gares SNCB.
📖 À lire aussi










