Adieu Pinturault — le plus grand skieur français tire sa révérence à Kvitfjell
Une page se tourne, mais certaines histoires ne s'effacent jamais.
Ce mardi, lors du slalom géant des finales de Coupe du monde à Kvitfjell, Alexis Pinturault poussera pour la dernière fois un portillon de départ en compétition. Dans le pays de sa mère, pour le Français le plus titré de l'histoire du ski alpin.
Ce mardi à Kvitfjell, Alexis Pinturault poussera pour la dernière fois un portillon de départ en compétition. Le slalom géant. Sa discipline. Dans le pays de sa mère. Il ne pouvait pas en être autrement pour le Français le plus titré de l'histoire du ski alpin.
Un palmarès hors norme, une carrière d'exception
Skieur parmi les plus complets de sa génération, Alexis Pinturault a construit saison après saison l'un des plus grands palmarès du ski alpin français. Sa première victoire en Coupe du monde, en février 2012 à Moscou lors d'un city event aujourd'hui disparu, annonçait les débuts d'un destin hors du commun.
Depuis, il n'a cessé de repousser les limites. Maître du slalom géant — discipline dans laquelle il a signé plus de la moitié de ses succès, 18 victoires sur 34 —, redoutable aussi en combiné alpin, en super-G et en slalom, Pinturault incarne cette polyvalence rare qui distingue les très grands champions des simples spécialistes.
Mars 2021 : le sommet absolu
Le point d'orgue de sa carrière reste gravé en mars 2021 : Alexis Pinturault décroche le gros globe de cristal, symbole du meilleur skieur de la saison au classement général de la Coupe du monde. Avec 163 points d'avance sur Marco Odermatt — aujourd'hui figure dominante et écrasante du circuit mondial. Ce globe résume tout : la constance, la polyvalence, la maîtrise absolue.
163 points d'avance sur Odermatt pour le gros globe 2021. Dans le ski alpin d'aujourd'hui, où le Suisse écrase tout le monde, ce chiffre dit quelque chose sur le niveau de Pinturault à son apogée.
Courchevel, berceau et apothéose
S'il a brillé sur toutes les pistes du monde, c'est à Courchevel qu'Alexis Pinturault a écrit certaines des plus belles pages de sa carrière. En février 2023, sur la mythique piste de l'Éclipse, lors des Championnats du Monde organisés à domicile, il offre à son public un moment inoubliable.
Meilleur temps du super-G, puis maîtrise parfaite en slalom pour décrocher l'or en combiné alpin — son deuxième titre individuel de champion du monde. Une performance construite avec la précision d'un horloger, devant les siens, dans sa montagne. Difficile de faire plus symbolique.
Kvitfjell, Norvège — le choix du symbole
Il n'y a pas de hasard dans la scène finale. Kvitfjell, Norvège — le pays de sa mère. Alexis Pinturault ne finit pas sa carrière n'importe où. Il la termine là où ses racines nordiques plongent, dans un pays où le ski est une seconde nature et les champions de glisse des héros populaires. Une sortie à la fois intime et grandiose.
Le slalom géant, sa discipline fétiche, celle où il a signé 18 de ses 34 victoires. Le dernier portillon sera celui-là. Pas de hasard — seulement du sens.
Une empreinte au-delà des chiffres
Au-delà des 34 victoires et des 6 globes, Alexis Pinturault laisse l'empreinte d'un athlète exigeant, discret, animé par une quête constante d'excellence dans un sport que la France ne regarde pas assez. Modèle pour toute une génération de skieurs alpins français, ambassadeur de Courchevel dans le monde entier.
Demain, Pinturault quittera la piste. Mais à Courchevel, son nom résonnera dans chaque virage de l'Éclipse, dans chaque jeune skieur qui part en formation avec l'idée que le ski français peut tenir tête à Hirscher et à Odermatt.
Certaines histoires ne s'effacent jamais. Celle-là en fait partie.

