Buteur
Seize ans après son sacre en Afrique du Sud, l’Espagne a remporté la 23e Coupe du monde de l’histoire en dominant l’Argentine (1-0, a.p.) ce dimanche en finale à New York. Au terme d’une rencontre qu’elle a très largement maîtrisée face à une Albiceleste inoffensive, la Roja a fait la différence lors des prolongations grâce à un but libérateur de Ferran Torres. Deux ans après son titre européen, la sélection espagnole s'affirme définitivement comme la référence absolue de la planète football.
Pour ce sommet tant attendu à New York, le public a d'abord assisté à une opposition hachée et tactique. Fidèle à ses principes de jeu, l’Espagne a immédiatement confisqué le ballon, imposant son rythme et son football de possession sans jamais reculer. Face à ce monopole, l’Argentine s'est recroquevillée dans son propre camp, acceptant les duels physiques mais refusant de se découvrir, au point d'afficher un terrible bilan de 0 expected goal durant l'intégralité du temps réglementaire.
Dominante mais prudente par crainte des contre-attaques, la Roja a peiné à emballer la rencontre lors d'une première période s'avérant particulièrement fermée (0,23 d'expected goal pour l'Espagne). Les velléités ibériques se sont résumées à trois timides tentatives signées Lamine Yamal (5e), Mikel Oyarzabal (39e) et Marc Cucurella (43e). Juste avant la pause, l'Albiceleste a subi un sérieux coup dur avec la sortie sur blessure du défenseur Lisandro Martínez, contraint de céder sa place à Nicolas Otamendi (44e).
« Avec ce deuxième titre mondial qui s'ajoute aux Championnats d'Europe conquis en 2008, 2012 et 2024, l'Espagne confirme de manière éclatante son statut de plus grande sélection du XXIe siècle. »
Conscient des difficultés de son équipe face au milieu de terrain espagnol, le sélectionneur argentin Lionel Scaloni a profité de la mi-temps pour revoir ses plans. Il a choisi d'injecter de la densité dans l'axe en lançant Leandro Paredes à la place de Nicolas González, ce qui a permis de décaler Alexis Mac Allister sur le couloir gauche.
Ces ajustements n'ont cependant pas suffi à réveiller une attaque argentine méconnaissable. Parfaitement prise par le bloc espagnol, la star et capitaine Lionel Messi est restée introuvable, incapable d'amorcer les moindres contres face à une arrière-garde espagnole sereine et sûre de sa force.
Le destin de cette finale s’est finalement écrit au cours de la première période de la prolongation. À force de pousser, l'Espagne a trouvé la faille sur une superbe action collective qui a fait sauter le verrou sud-américain.
Le fil des moments décisifs de cette fin de match :
- 106e minute : À la suite d'un centre précis de Pedri, l'attaquant Nico Williams remet le ballon de la tête pour Ferran Torres. Le joueur du FC Barcelone reprend instantanément du pied gauche pour tromper la vigilance argentine (1-0).
- 117e minute : Face au but concédé, l'Argentine tente une timide rébellion dans les cinq dernières minutes et décoche enfin son tout premier tir de la rencontre, après près de deux heures de jeu.
- 120e minute : L'Espagne gère parfaitement les derniers instants et s'offre un triomphe inéluctable et amplement mérité sur l'ensemble de la partie.
Seize ans après le but historique d’Andrés Iniesta contre les Pays-Bas à Johannesburg (1-1, 116e), la prolongation s'est de nouveau révélée favorable au camp espagnol. Sans jamais renier sa philosophie de jeu malgré les minutes qui défilaient, la Roja s'offre la deuxième étoile de son histoire.
Ce triomphe vient couronner un cycle exceptionnel et place cette génération espagnole sur le toit du monde, laissant l'Argentine face à ses regrets après une prestation offensive bien trop minimaliste.
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