⛷️ Ski alpin · Manuel Feller 🇦🇹 · Confession

Manuel Feller se confie 

En décembre, il avait laissé entrevoir que ça n'allait pas. Manuel Feller dit tout : les difficultés psychologiques, l'internat à dix ans, le dos, le moral et comment il a fini par demander de l'aide. 

Manuel Feller a gagné le slalom de Kitzbühel en janvier, remporté l'argent olympique en combiné par équipes, et terminé la saison dans les larmes, les bonnes. Mais derrière cette façade de champion, l'Autrichien de 33 ans traversait une période bien plus sombre qu'il ne le laissait paraître. Il en parle maintenant, pour la première fois avec franchise, dans le Kronen Zeitung.

Je n'aurais pas pu m'en sortir tout seul. Manuel Feller 🇦🇹 — Kronen Zeitung

Les douleurs physiques chroniques au dos ont pesé lourd sur le moral. Mais Feller va plus loin, ses difficultés psychologiques ont des racines plus profondes, qu'il retrace lui-même.

Je suis entré en internat à dix ans, j'ai toujours tout géré tout seul. Quand on a toujours tout géré seul et que l'on se retrouve dépassé par certaines situations, le gouffre devient de plus en plus profond. Manuel Feller

Il a fait appel à une aide professionnelle et il l'assume sans détour, à un moment où les sportifs de haut niveau commencent enfin à parler de santé mentale sans tabou. Aujourd'hui marié, père de deux enfants, il dit que ce mode de fonctionnement solitaire, utile pendant des années, a fini par le rattraper.

En décembre, il avait confié à l'ORF que c'était difficile, sans entrer dans les détails. En janvier, la victoire à Kitzbühel est arrivée, avec des larmes, des remerciements à son épouse Selina, et cette phrase lancée en public : la période la plus difficile de sa vie. Le paradoxe du champion, le meilleur résultat au pire moment intérieur.

Ces derniers temps, je n'avais plus le plaisir de skier. Je ne voulais tout simplement pas arrêter comme ça. Manuel Feller

Il avait prévu de prendre sa retraite après les JO. Il n'en fera rien. L'opération du dos, hernie discale et sténose du canal rachidien ,réalisée après les Jeux a contribué à améliorer les choses physiquement. Et l'envie est revenue. Il renonce au géant pour se concentrer exclusivement sur le slalom, et se fixe un horizon clair.

Dans deux ans, j'aurai 35 ans. Ce sera le maximum pour moi, notamment à cause de mes deux enfants. Manuel Feller

Un à deux saisons supplémentaires, un slalom exclusif, un dos opéré, et une tête mieux en ordre. Feller repart , sans rien cacher de ce par quoi il est passé pour en arriver là. C'est peut-être le plus courageux de ses actes.