🎾 Tennis · Marion Bartoli 🇫🇷 · Portrait

Marion Bartoli : l'Auvergnate qui a conquis Wimbledon

Un jeu façonné sur les courts municipaux du Puy-en-Velay par un père médecin devenu coach à plein temps, un style que les puristes moquaient, et un sacre à Wimbledon en 2013 sans perdre le moindre set. Retour sur la trajectoire hors norme de Marion Bartoli.

Il lui aura fallu 47 participations en Grand Chelem pour enfin soulever un trophée majeur, un record de patience à l'époque. Mais quand la consécration arrive, à Wimbledon en 2013, Marion Bartoli ne laisse rien traîner : elle remporte le tournoi sans perdre un seul set. Six semaines plus tard, elle raccroche la raquette pour de bon.

Le Puy-en-Velay, une fabrique artisanale

Marion Bartoli naît le 2 octobre 1984 au Puy-en-Velay, en Haute-Loire. Fille de Walter Bartoli, médecin généraliste, et de Sophie, infirmière, elle grandit à Retournac, où son père exerçait. C'est lui qui lui met une raquette en main à 6 ans, avant d'abandonner sa carrière médicale pour se consacrer à plein temps à celle de sa fille.

En l'absence de structures fédérales classiques, Walter Bartoli invente ses propres méthodes d'entraînement sur les courts municipaux. Fascinée par Monica Seles, la jeune Marion adopte un jeu à deux mains des deux côtés — un choix technique rarissime qui deviendra sa signature.

2007 : la sensation de Wimbledon

Bartoli entre dans le top 10 mondial et devient numéro un française dès 2007, portée par un parcours retentissant à Wimbledon : en demi-finale, elle élimine la numéro 1 mondiale Justine Henin après avoir été menée un set à zéro.

Elle s'incline en finale face à Venus Williams, mais le tennis mondial découvre une joueuse au style non conventionnel — sautillements frénétiques entre les points, gestuelle répétitive avant chaque service — devenue rapidement sa marque de fabrique.

Un détail méconnu de cette période : en délicatesse avec la fédération française, qui exigeait que ses joueuses s'entraînent avec l'encadrement national plutôt qu'avec un coach personnel, Bartoli refuse de se séparer de son père — ce qui lui coûte sa sélection en Fed Cup, et par ricochet sa participation aux Jeux olympiques de Londres en 2012.

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Les années de milieu de tableau

Entre 2007 et 2012, Bartoli s'installe durablement dans le top 20 mondial, portée par des titres à Stanford (2009) et Eastbourne (2011), entre autres, et une demi-finale à Roland-Garros en 2011. Le 30 janvier 2012, elle atteint son meilleur classement de carrière : 7e mondiale.

On m'a souvent dit que mon jeu était étrange, que je n'y arriverais jamais. Marion Bartoli, sur les débuts de sa carrière

2013 : le chaos, puis le miracle

Le début de saison 2013 est chaotique. Bartoli se sépare provisoirement de son père et enchaîne plusieurs entraîneurs sans grand résultat, avant de faire appel à Amélie Mauresmo — à qui elle promet, en retour, de rejouer la Fed Cup. Les résultats ne suivent pourtant pas immédiatement : c'est au sommet du doute, et non porté par une dynamique victorieuse, que survient ce que la presse a qualifié à l'époque de « miracle de Wimbledon ».

Sur le gazon londonien, Bartoli ne perd pas une seule manche de tout le tournoi — devenant la première joueuse à remporter Wimbledon sans avoir affronté une seule tête de série du top 10. Avant sa demi-finale contre Kirsten Flipkens, elle s'accorde même une sieste de trente minutes. Le 6 juillet 2013, en finale, elle domine l'Allemande Sabine Lisicki 6-1, 6-4 et devient la première Française à remporter Wimbledon depuis Suzanne Lenglen en 1925.

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6 JUILLET 2013 — CHAMPIONNE DE WIMBLEDON SANS AVOIR PERDU UN SEUL SET DE TOUTE LA QUINZAINE

Ce sacre fait d'elle la quatrième Française de l'ère Open à remporter un titre du Grand Chelem, après Françoise Dürr, Mary Pierce et Amélie Mauresmo — et l'une des trois seules, avec Pierce et Mauresmo, à avoir également atteint les quarts de finale dans les quatre tournois majeurs. Sa victoire arrive à sa 47e participation en Grand Chelem, un record de persévérance à l'époque, devant Jana Novotná (45), Francesca Schiavone (39) et Samantha Stosur (34).

Une retraite éclair

Le 14 août 2013, après une défaite au deuxième tour de Cincinnati face à Simona Halep, Bartoli annonce son retrait immédiat du circuit professionnel — l'une des retraites les plus rapides après un sacre en Grand Chelem, à peine six semaines après Wimbledon.

Je n'y arrive tout simplement plus. Mon corps n'arrive plus à tout supporter. Marion Bartoli, en annonçant sa retraite, août 2013

La maladie, puis la reconstruction

En 2016, Bartoli traverse une épreuve de santé sévère : un virus rare, jamais formellement identifié par les médecins, lui fait perdre près de 20 kg et provoque une électro-sensibilité extrême. Elle doit renoncer à un match des légendes à Wimbledon, les organisateurs craignant pour sa vie. Rétablie, elle envisage même un temps un retour à la compétition, annoncé fin 2017 pour la saison 2018.

Depuis fin 2018, elle est en couple avec le footballeur belge Yahya Boumediene. Le couple accueille une fille, Kamilya, quelques jours avant Noël 2020. Reconvertie en consultante télé pour France Télévisions, la BBC et Eurosport, Bartoli reste une figure appréciée du paysage tennistique, aussi engagée dans le coaching que dans plusieurs projets entrepreneuriaux.

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Le palmarès de Marion Bartoli

  • Wimbledon 2013 🏆 Championne (sans perdre un set)
  • Wimbledon 2007 🥈 Finaliste
  • Roland-Garros 2011 Demi-finale
  • Meilleur classement WTA 7e mondiale (30 janvier 2012)
  • Titres WTA en simple 8 (sur 19 finales)
  • Titres WTA en double 3
  • US Open juniors 🏆 Championne (2001)
  • Participations en Grand Chelem avant 1er titre 47 (record à l'époque)

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