206 kilomètres, une attaque à 21 km, une revanche sur 2025. Vingegaard n’a plus besoin d’explication : il est le patron de cette Paris-Nice, et il vient de prendre une avance qui ressemble fort à une sécurité définitive.
L’étape la plus longue, la plus maîtrisée
206,3 km, la plus longue étape de la semaine, et paradoxalement la plus contrôlée par une seule équipe. Visma-Lease a Bike a dicté sa loi de bout en bout — d’abord en sélectionnant une échappée qui ne menaçait pas au général, ensuite en maintenant une distance suffisamment courte pour ne jamais se laisser déborder. Le plan a dû s’adapter en cours de route : l’écart avec les échappés étant devenu trop important, le peloton a accéléré plus tôt que prévu. Tout le monde s’est sacrifié — et ça s’est vu.
La côte de Trèves, aussi au programme l’an passé lors de la chute de Vingegaard, a traversé le parcours comme un rappel. Cette fois, le Danois l’a passée en contrôle total, positioné dans la roue de Victor Campenaerts qui a réalisé un travail de lançement exemplaire.
À 21 km, le rideau tombe
À 21 kilomètres de Colombier-le-Vieux, Jonas Vingegaard sort. Pas d’accélération spectaculaire, pas de coup de theatre — juste le rythme qui passe au-dessus de ce que ses adversaires peuvent maintenir. En quelques centaines de mètres, le groupe explose. Dani Martinez (Red Bull-Bora Hansgrohe) essaie de rester, ne peut pas. Personne ne peut.
Vingegaard roule seul les 21 derniers kilomètres. Derrière lui, la course pour les accessits : Valentin Paret-Peintre (Decathlon CMA-CGM) surmonte une journée difficile après les bordures de la veille pour signer une belle 2e place à 2’01''. Le Colombien Harold Tejada (Astana) complète le podium à 2’20''.
« Je voulais vraiment gagner, mais c’est aussi toute l’équipe qui voulait gagner. Nous avons fait un travail incroyable. Maintenant j’ai une belle avance — ils méritent du champagne ce soir. C’est marrant, parce que je me suis dit à un moment que ça ressemblait à la route sur laquelle j’avais chuté l’année dernière. Donc c’est sympa de prendre une revanche aujourd’hui. »— Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike), double vainqueur d’étape
Au général, la course est (presque) pliée
3’22’’ sur Dani Martinez, 5’50’’ sur Georg Steinhauser (EF Education-EasyPost). Vingegaard a transformé sa Paris-Nice en démonstration sur deux jours. Il reste trois étapes, dont la montagne finale vers Nice, mais il faudrait un scénario catastrophe — chute, maladie, défaillance inexplique — pour que le Danois perde ce maillot jaune.
Derrière, la hiérarchie s’est clarifiée. Kévin Vauquelin (Ineos Grenadiers) reste 4e mais à plus de 4 minutes. Gaudu, Lenny Martinez et les Français ne jouent plus que pour le podium. La course pour la 2e place entre Martinez et Steinhauser sera peut-être le seul vrai enjeu des trois dernières étapes.
Vingegaard gère 3’22’’ sur Martinez — un coussin qui ressemble fort à une victoire annoncée. Il reste pourtant trois étapes, dont la montagne finale vers Nice. Le Danois le dit lui-même : « beaucoup de choses peuvent se produire ».
Le vrai suspense se jouera entre Martinez et Steinhauser pour la 2e place, et entre les Français — Gaudu, Lenny Martinez, Vauquelin — pour le podium.
