Bordures dès le kilomètre 5, chute et abandon du leader à 47 km de l'arrivée, attaque à la flamme rouge. En une étape, Paris-Nice 2026 a changé de visage — et Vingegaard a changé de statut.
Le leader du classement général, maillot jaune depuis l'étape 2, chute à 47 km de l'arrivée avec Brandon McNulty et Ivan Romeo. Blessé, Ayuso ne peut pas reprendre la course. Paris-Nice 2026 perd son leader — et Vingegaard hérite du commandement.
Le vent fait le sale boulot dès le kilomètre 5
Pluie continue, vent du sud soufflant de côté, routes exposées pendant quarante kilomètres en début d'étape — les conditions étaient réunies pour une journée piège. 149 coureurs au départ de Bourges après les forfaits d'Allegaert, Dunbar et Van Sintmaartensdijk. Dès le kilomètre 5, le peloton nerveux se déchire. Un groupe d'une quarantaine de coureurs se forme à l'avant avec Ayuso, Onley, Vingegaard, McNulty, Dani Martinez, Gaudu. Derrière, le 2e du général Kévin Vauquelin est piégé, tout comme Lenny Martinez et Valentin Paret-Peintre.
À 26 km, l'écart atteint 45 secondes sur le groupe de poursuivants où Vauquelin et les Français tentent de limiter les dégâts. Plus loin encore, Carlos Rodriguez se retrouve à un troisième échelon qui perd rapidement plus de trois minutes. Red Bull-Bora-Hansgrohe est en force à l'avant — cinq coureurs —, et l'avantage maximal du groupe de tête grimpe à 1'40'' dans la côte de la Croix des Cerisiers.
Ayuso à terre, la course bascule
À 47 km de l'arrivée, une chute change tout. Brandon McNulty, Ivan Romeo, et Juan Ayuso s'écrasent sur la chaussée mouillée. McNulty et Romeo reprennent la route. Ayuso, lui, ne peut pas. Le maillot jaune reste au sol — blessé, contraint à l'abandon. En une fraction de seconde, Paris-Nice 2026 perd son leader et son scénario préétabli.
Le groupe de tête se recompose autour d'un noyau dur Red Bull-Bora qui soutient Dani Martinez, tandis que Vingegaard conserve précieusement sa place. À l'arrière, Oscar Onley — 3e au général — subit lui aussi une chute au km 85 puis un problème mécanique, et perd le contact malgré l'aide de Joshua Tarling. La hiérarchie se recompose en temps réel.
« C'est une étape de bordures et de chaos, exactement ce que j'aime. Quand le groupe s'est fragmenté, je savais que c'était l'opportunité. »— Jonas Vingegaard (Visma-Lease a Bike), vainqueur de l'étape 4
Flamme rouge : Vingegaard lâche tout le monde
À 15 km de l'arrivée, une jonction s'opère entre les deux groupes de poursuivants. Devant, un quatuor a déjà fait la décision : Vingegaard, Dani Martinez, et les jumeaux Van Dijke. Ils attaquent le pied de l'ascension finale avec 3'20'' d'avance sur le groupe Vauquelin-L.Martinez-Gaudu-Soler-Plowright.
À la flamme rouge, le Danois de Visma-Lease a Bike n'a plus besoin de personne. Il se lève, accélère, et personne ne répond. En un kilomètre, il creuse 41 secondes sur Dani Martinez. Derrière, l'hécatombe : Vauquelin arrive avec 3'38'' de retard, Lenny Martinez à 4'02'', David Gaudu à 4'20''.
Un seul coureur a gagné Paris-Nice 2026 ce mercredi. Et la course n'est qu'à mi-chemin.
Vingegaard nouveau leader — Steinhauser surprise, Vauquelin à plus de 3 minutes
Le classement général a été entièrement redessiné. Jonas Vingegaard prend le maillot jaune avec 52 secondes d'avance sur Dani Martinez — un écart solide mais pas définitif dans une course qui monte encore. La surprise vient de la 3e place : Georg Steinhauser (EF Education-EasyPost), à 3'20'', s'est glissé dans le groupe de tête et profite de l'hécatombe générale pour pointer dans le top 3.
Kévin Vauquelin, piégé dès le kilomètre 5 puis distancé dans l'ascension finale, est 4e à 3'39'' — théoriquement encore dans la course, mais avec une montagne de travail devant lui. Gaudu (5e, +5'02'') et Lenny Martinez (Bahrain-Victorious, 6e, +5'07'') ont sauvé ce qu'ils pouvaient. Les jumeaux Van Dijke, fidèles lieutenants de Martinez tout au long de l'étape, récoltent eux aussi leur part du gâteau au général. Paris-Nice a un nouveau patron — et il s'appelle Vingegaard.
Vingegaard maillot jaune avec 41 secondes d'avance sur Martinez — un écart significatif mais pas définitif. Les étapes de montagne arrivent, et le Danois va devoir confirmer face à une équipe Red Bull-Bora numériquement supérieure.
Vauquelin, Lenny Martinez et les Français sont à plus de 4 minutes. La course pour le podium se jouera désormais entre Vingegaard, Martinez et les rescapés de cette journée de chaos.
