Malgré un début de saison gâché par la maladie, le jeune fondeur du club de Byåsen a tout écrasé sur son passage dès la fin février : deux médailles d'or aux Championnats nationaux, la victoire au général de la Coupe de Norvège, et six podiums en huit courses.
Face à une telle démonstration, certains observateurs n'hésitent plus : la Norvège tient son "nouveau Klæbo".
Un défi direct à Klæbo, mais un culte voué à Northug
Flatté par la comparaison, le jeune prodige compte bien prouver sa valeur directement face à son aîné. « J'espère que je le serai », glisse-t-il à propos de ce statut de successeur, avant de donner rendez-vous pour le championnat des club du 13 avril opposant juniors et seniors à Granåsen :
« Je rêve de le voir courir. Ça aurait été génial que Klæbo participe, et ça fait quelques années qu'il n'a pas concouru. » explique t'il à Langrenn.com.
Pourtant, à y regarder de plus près, l'ADN de Sellesbakk penche vers une autre légende sulfureuse du ski norvégien.
Son véritable modèle ? « C'est Petter Northug, bien sûr. Il n'y a personne de plus cool au monde. Je me souviens très bien de toutes ces heures passées à le regarder sur YouTube quand j'étais petit. »
Une admiration qui a pris une tournure irréelle l'an passé, lorsque l'adolescent a failli battre son idole, terminant à seulement deux secondes de Northug lors d'un 10 km : « C'est probablement la chose la plus importante que j'aie jamais faite. »
Mais ce qui détonne le plus chez ce garçon de la génération 2008 c'est son mépris total pour les méthodes d'entraînement lissées actuelles. La mode du contrôle en "zone 3" ? Très peu pour lui.
« J'ai l'impression qu'il y a une nouvelle tendance avec beaucoup d'intervalles en zone 3. Je n'en suis pas fan et je n'y fais pas confiance », tranche-t-il crûment.
Sa philosophie est simple et brutale à la fois : « Je veux que ce soit calme quand c'est calme et un véritable enfer quand c'est difficile.»

Le secret de l'excellence : le lundi sacré
Pour encaisser ces séances de torture physique, Sellesbakk s'est imposé une règle d'or qu'il partage avec Einar Hedegart, l'autre révélation norvégienne de l'hiver : l'inviolabilité absolue du jour de repos.
« J'ai l'impression que le lundi est devenu presque sacré. Du coup, je me détends. Je m'entraîne une à deux fois par jour du mardi au dimanche, c'est donc bien d'avoir une journée de repos complet. »
Difficile de faire de ce garçon un nouveau Klaebo, évidemment, mais à priori il possède tout de même un sacré talent qui pourrait l'emmener très haut.
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