⛷️ Ski alpin · Sofia Goggia 🇮🇹 

Goggia se confie au Corriere dello Sport 

Sofia Goggia vient de décrocher son diplôme en sciences politiques à l'université Luiss de Rome, après avoir tout concilié avec une carrière au sommet depuis 2021. Dans un long entretien avec Ivan Zazzaroni, elle dit tout avec la franchise qui la caractérise.

Trois podiums en descente sur trois Jeux consécutifs, une première victoire en super-G en Coupe du monde, et un diplôme en sciences politiques décroché à Rome cet été Sofia Goggia multiplie les fronts et n'abandonne aucun. Elle se confie au Corriere dello Sport avec cette franchise qui déroute parfois, mais qui fait aussi toute sa singularité.

Si je devais pointer un point faible, ce serait un manque de confiance en moi, un manque d'estime de soi, même si beaucoup de gens voient Goggia différemment. Sofia Goggia 🇮🇹 — Corriere dello Sport

La vie d'une skieuse au sommet, elle la chiffre sans complaisance : environ 280 jours par an loin de chez elle, de l'Argentine en août jusqu'à fin mars avec à peine une semaine de respiration dans le calendrier. Une réalité qui rend la vie sentimentale presque impossible, elle le dit avec humour et lucidité, sans se plaindre.

Sur Brignone, dont elle a vu le premier titre olympique lui filer entre les doigts en super-G, elle décrit l'émotion brute du moment, les larmes, l'appel à son ancienne entraîneuse et enchaîne sur une analyse tactile de ce qui les différencie.

Que me manque-t-il par rapport à elle ? Son toucher de neige, elle a une classe infinie. J'ai toujours eu de l'instinct et de la force. Elle possède assurément toutes mes qualités et, au fil des années, j'ai simplement développé une plus grande propension au risque, frôlant l'inconscience. C'est peut-être le seul point commun. Sofia Goggia — sur Federica Brignone

Sur ses blessures aux genoux, une réalité récurrente dans sa carrière et les moments de doute profond qui vont avec, elle est sans détour.

Ai-je jamais pensé à tout abandonner ? Oui, toujours pendant mes périodes de blessure. Je me pardonne parfois de ne pas m'être assez protégée, d'avoir fait des choix discutables, mais on apprend toujours — en prenant soin de mon corps, et j'y suis parvenue. Sofia Goggia

Sur Lindsey Vonn, son idole d'enfance, et Sinner,deux références pour deux disciplines différentes, elle trace le portrait d'athlètes qui savent s'entourer et progresser sans cesse. Elle se reconnaît dans cette description-là.

Et sur l'été, qui devrait être une période de repos mais qu'elle vit comme un vide difficile à combler, elle est surprenante.

L'été me pèse beaucoup : pratiquer notre sport, ne rien entendre pendant des mois, c'est terrible, et je ressens un vide. Pendant cette période, je peux profiter de mon endroit préféré, le chalet — j'y ai passé tous les étés de mon enfance. On a plus de temps, et pas de téléphone, ce qui est une source de stress pour moi. Sofia Goggia

Une championne olympique qui souffre du silence de l'intersaison et avoue un manque de confiance en elle, c'est le paradoxe Goggia, et c'est ce qui la rend humaine.

Elle repart pour l'Argentine le 23 août avec visiblement beaucoup d'impatience.