Selekhmeteva en larmes à Roland-Garros
On l'a vue pleurer après sa défaite au premier tour contre Marta Kostyuk. Mais les larmes d'Oksana Selekhmeteva, ce vendredi matin Porte d'Auteuil, n'avaient rien à voir avec le score.
La joueuse d'origine russe venait en effet de recevoir son passeport espagno, l'aboutissement d'une vie construite depuis ses 15 ans à Barcelone, loin de la Russie et de ses hivers glacials, loin de ses deux heures quotidiennes dans les embouteillages pour s'entraîner.
Une vie nouvelle, une identité choisie, une émotion impossible à contenir.
« Je suis allée à Barcelone pour la première fois à 14 ans, pendant quelques mois, puis j'y suis retournée. Depuis mes 15 ans, j'y vis, je m'y entraîne, et toute ma vie est là-bas. Quand j'y retourne, mes parents sont là, mon chien Leo est là, et toute ma vie est là. La vérité, c'est que je suis très fière de représenter l'Espagne. »
« Ce n'était pas une décision politique. En Russie, il est très difficile de s'entraîner pour devenir joueur de tennis professionnel.
Je devais m'entraîner au tennis à un endroit, puis passer deux heures dans les embouteillages pour faire ma préparation physique.
Je crois sincèrement que l'Espagne est le meilleur pays au monde pour disposer des structures nécessaires au développement d'un joueur de tennis professionnel. »
« Je suis née là-bas et une partie de ma famille y vit encore. Ma sœur y est toujours. Mais j'ai maintenant le sentiment que Barcelone est ma maison depuis très longtemps. C'est difficile d'expliquer exactement tout ce que je ressens car il y a tellement d'émotions mêlées. »
« Je pense que j'ai conservé ce côté russe de guerrière, cette volonté de toujours me battre pour obtenir ce que je veux.
Mais en Espagne, on sait beaucoup plus profiter de la vie et je pense que cela aide beaucoup au tennis. J
e crois que je deviens peu à peu plus espagnole, même si je me sens toujours comme un mélange des deux cultures. »
— Oksana Selekhmeteva, Roland-Garros 2026
