Safari Rally
Kenya 2026
74e édition · 20 spéciales · 350 km chronométrés · Great Rift Valley · 12–15 mars 2026
SS1 Camp Moran 1 · 24,35 km
SS2 Mzabibu 1 · 8,86 km
Kengen Geothermal · Kedong
Camp Moran 2 · Mzabibu 2
Sleeping Warrior ×2
+ 2 secteurs techniques
Power Stage · 5 pts bonus
Podium final · après-midi
Des pluies torrentielles, Camp Moran transformée en champ de bataille boueux, et une Toyota qui s’envole dès la première spéciale. La Journée 1 du Safari Rally Kenya 2026 a posé un verdict net : Oliver Solberg est seul leader avec 33 secondes d’avance sur son coéquipier Elfyn Evans.
Solberg gère l’incontrôlable
La spéciale de Camp Moran (24,35 km), secteur décisif depuis le retour du Kenya au calendrier WRC, s’est avérée d’une complexité extrême jeudi après-midi. Piste sèche par intermittence, virage détrempé sans prévenir, gadoue et rochers à gérer au même centimètre carré. Le Suédois a su lire la route mieux que tout le monde et impose près d’une demi-minute d’avance sur Evans dès ce soir.
Evans handicapé mais présent
Le leader du championnat a survécu à une épreuve très particulière. Evans est tombé en panne de liquide lave-glace à mi-parcours, la boue bouchant intégralement son pare-brise. Son copilote Scott Martin a dû naviguer à l’aveugle pendant plusieurs kilomètres avant qu’une averse tardive ne sauve la mise. 33 secondes de retard dans ces conditions, c’est limité les dégâts — la Journée 2 sera une autre histoire.
Ogier 3e, Katsuta 4e sans intercom
Sébastien Ogier pointe 3e à plus d’une minute, ce qui pour le double vainqueur du Kenya ne ferme aucune porte sur 3 jours. L’anecdote du jour vient de Takamoto Katsuta : son intercom est tombé en panne avant SS1, contraignant son copilote Aaron Johnston à communiquer par signaux manuels tout au long de la spéciale. Malgré ce handicap absurde, le Japonais est 4e à seulement 1’15'' de Solberg. Hyundai s’en sort moins bien : Neuville 6e à 2’22'', déjà dans une position très délicate.
Boue, ornières, crevaisons, radiateur explosé, SS3 annulée et rencontres avec la faune sauvage : la Journée 2 du Safari Rally Kenya a tenu toutes ses promesses d’imprévisibilité. Oliver Solberg conserve de justesse la tête — 1 seconde d’avance sur Ogier — après une remontée fulgurante du nonuple champion dans l’après-midi.
SS3 annulée, le Kenya reprend ses droits
La journée a démarré dans le chaos. L’ES3 Camp Moran annulée avant le départ : des ornières trop profondes rendaient certains tronçons impraticables pour les véhicules de secours. Les équipages ont pris le départ directement sur Loldia (18,95 km). Dès les premiers mètres, Solberg a failli : un virage à droite raté l’envoie dans les buissons, une dizaine de secondes perdues. Il retrouve ensuite un rythme régulier.
Ogier signe les meilleurs temps de l’après-midi
La surface séchante de l’après-midi — qui révèle rochers acérés et ornières profondes — a joué en faveur d’Ogier. Le nonuple champion du monde a signé les meilleurs temps des ES7 et ES9, rogner l’avance de Solberg spéciale après spéciale. Le coup de grâce était une crevaison arrière droite pour Solberg en ES8 : environ 30 secondes perdues, sa Toyota gérée avec précaution jusqu’à l’arrivée. À Mzabibu (ES10), 1 seconde séparait les deux hommes.
Toyota monopolise le top 4 — sauf Katsuta, victime de malchance
Evans (3e, +20''5) a géré une journée délicate avec des problèmes d’équilibre sur sa GR Yaris. Pajari (4e) a réalisé l’une des meilleures performances du jour : remontée après un quasi-accident à Loldia, meilleur temps en ES5 Géothermique et ES6 Kedong, encore le plus rapide en ES10, malgré 20'' de pénalité pour retard à l’assistance. Katsuta (7e) est la victime du jour : double crevaison avant en ES7, contraint de terminer sans roue de secours.
Neuville et Fourmaux sauvent les meubles pour Hyundai
Neuville (5e, +1’46''1) a calé au freinage en ES4 puis dû réparer un radiateur endommagé avant de remonter. Fourmaux (6e) le suit à seulement 1''2. Les deux Hyundai à 1’46''–1’47'' du leader : la journée de samedi devra être la leur.
Après Monte-Carlo et la Suède — deux victoires Toyota, deux hivers —, le WRC change radicalement de décor. Direction la Great Rift Valley pour la 74e édition du Safari Rally : l'épreuve la plus imprévisible, la plus brutale et la plus spectaculaire du calendrier.
Toyota invaincu au Kenya depuis 2021 — peut-on les battre ici ?
La réponse tient en un chiffre : cinq. Cinq éditions du Safari Rally depuis son retour au calendrier WRC en 2021, cinq victoires Toyota. Une maîtrise absolue que les ingénieurs japonais semblent avoir gravée dans la GR Yaris. Rovanperä y a gagné deux fois, Ogier deux fois, Evans une fois en 2025. Cette saison, Elfyn Evans arrive en chef de file et en leader du championnat — deux victoires en deux rallyes pour Toyota : Solberg au Monte-Carlo, Evans en Suède.
Le retour d'Ogier — 9× champion du monde, 2× vainqueur au Kenya
Il avait manqué la Suède. Sébastien Ogier reprend le volant de sa Toyota GR Yaris pour l'épreuve africaine qu'il affectionne particulièrement. Le Gapençais a remporté le Safari en 2021 et 2023. En 2026, il retrouve un Kenya plus humide qu'à son habitude — les pluies récentes ont exposé davantage de rochers et creusé des ornières profondes sur plusieurs spéciales. Un régal pour un Ogier dont la gestion tactique des conditions reste unique dans le paddock WRC.
Hyundai dos au mur — l'Evo pour changer la donne
Deux premières manches décevantes, un retard qui s'accumule au championnat constructeurs : Hyundai arrive au Kenya avec la version évoluée de son i20 N Rally1, testée intensivement avant ce rendez-vous africain. Thierry Neuville, champion en titre, a besoin d'un résultat. La bonne nouvelle pour la marque coréenne : les ordres de départ leur sont favorables. Fourmaux et Neuville partent plus loin en tête, sur des pistes déjà balayées, potentiellement plus roulantes.
Les spéciales à ne pas manquer
Loldia (25 km, vendredi) : rapide, sinueuse, piégée par des rochers affleurants — c'est là que les écarts se font. Sleeping Warrior (samedi) : montée volcanique, passages techniques. Hell's Gate (dimanche) : final spectaculaire dans la gorge basaltique. Et pour finir, la Power Stage d'Oserengoni distribue 5 points bonus aux cinq premiers — souvent décisive dans une saison serrée.
