🎿 Biathlon · Siegfried Mazet · EDF 🇫🇷

Mazet  : «Les stages n'ont plus besoin d'être aussi longs. »

Quatre saisons de grands championnats prévus sous les 1 000 mètres en vue. L'entraîneur de l'équipe de France de biathlon, en stage à Ceillac, explique à l'IBU comment ce changement de paradigme modifie la planification estivale, et ce qui reste, lui, immuable.

Deux cycles olympiques à plus de 1 600 mètres (Beijing, Antholz), et maintenant trois saisons sur quatre, avec des grands championnats en dessous de 1 000 m. Ce basculement n'est pas anodin. Siegfried Mazet, l'entraîneur de l'équipe de France de biathlon en charge du tir, l'explique depuis Ceillac dans une interview accordée à l'IBU.

L'approche change radicalement, car les stages n'ont plus besoin d'être aussi longs. Auparavant, nous devions arriver bien plus tôt pour nous acclimater correctement avant les championnats en altitude. Siegfried Mazet — IBU

Le raisonnement est limpide : quand les Jeux ou les Mondiaux se tenaient à Antholz (1 700 m) ou à Beijing (1 700 m également pour les épreuves nordiques), il fallait arriver tôt, s'acclimater, souffrir. Désormais, Otepäa , Kontiolahti et le Grand-Bornand (JO 2030) ne requièrent pas les mêmes précautions.

Désormais, l'accent est mis sur le choix du lieu et la qualité du travail effectué sur place, plutôt que sur la préparation spécifique de compétitions comme les Jeux olympiques d'Antholz. Siegfried Mazet

Il pointe aussi une asymétrie structurelle entre les nations : pour la Norvège, dont les athlètes vivent et s'entraînent quasi au niveau de la mer, il fallait trois semaines d'altitude avant chaque grand rendez-vous en montagne.

Pour les Français, dont beaucoup vivent déjà à 1 200 m et skient à des altitudes supérieures, l'altitude est un environnement quotidien, pas un stress physiologique à gérer.

En France, de nombreux athlètes vivent déjà aux alentours de 1 200 mètres et skient régulièrement à des altitudes encore plus élevées. L'altitude fait simplement partie de leur environnement quotidien et ne justifie pas un entraînement spécifique. Siegfried Mazet

Ce changement de cycle ouvre aussi plus de flexibilité pour travailler l'intensité, dit-il. La liberté de choix des lieux de stage augmente  et avec elle, celle de varier les stimuli d'entraînement. Sur ce qui reste constant, Mazet est tranchant : tout compte, et chaque élément dépend des autres.

Tout compte. De bons skis ne servent à rien si on n'est pas en forme, tout comme une excellente condition physique ne compense pas une mauvaise préparation des skis. L'une de mes plus grandes priorités est de m'assurer que les athlètes soient déjà performants en janvier, car le succès avant les championnats engendre confiance et sérénité avant les courses aux médailles. Siegfried Mazet

Un message clair à décrypter : pas de pic unique réservé aux Mondiaux ou aux Jeux. La confiance se construit tout l'hiver. 

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