Pas satisfait de ses résultats, Simon Fourcade a pensé plusieurs fois tout envoyer balader.
"J'attendais beaucoup mieux avec tous les progrès qu'il me semblait avoir réalisé et une préparation sans blessure. Mais mon problème cette saison, ce n'est pas mon physique, c'est ma tête. Mine de rien, j'ai 26 ans, je n'ai que trois podiums à mon actif, pas une victoire", rappelle l'ainé des frères Fourcade, 36e au classement général de la Coupe du monde.
L'hiver 2010-11 est "le pire de (sa) carrière", pas même éclairci par cette 4e place du 20 km de Ruhpolding en janvier.
"Cela a même été le moment le plus dur, car je collectionne les 4e places (notamment deux en Championnats du monde, NDLR). Tu commences à te demander si un jour, cela va finir par te sourire", souligne celui qui fut tout de même quadruple champion du monde chez les juniors.
Ce sentiment profond d'échec est exacerbé par le fait que son frère cadet, vice-champion olympique , joue des coudes avec Svendsen, Boe et Bjoerndalen, qu'Alexis Boeuf a remporté sa première Coupe du monde en février et que Vincent Jay est champion olympique de sprint.
Mais attention, Simon Fourcade n'est pas jaloux ni de son frère ni de ses coéquipiers, bien au contraire.
"Je suis super content pour eux, cela me fait plaisir qu'on ait un groupe fort. Ce que j'ai plus de mal à accepter, c'est mon manque de réussite", insiste-t-il.
"On m'a présenté comme le futur Raphaël Poirée, j'ai commencé à le croire, mais je savais au fond de moi que ma marge de progression n'était pas énorme, car j'ai toujours été un gros +bosseur+", rappelle-t-il.
"On essaie tous les jours de lui faire comprendre que ce n'est pas parce qu'il les voulait absolument que les choses allaient arriver. Il vit comme une injustice que son investissement ne soit pas récompensé", résume Stéphane Bouthiaux, l'entraîneur du groupe masculin.
Sa relation avec son frère n'a en tous cas pas souffert: "Ce n'est pas facile d'accepter qu'il est meilleur que moi, mais on reste très proche", insiste l'ainé.
"J'ai toujours été dans une sorte de confrontation avec les leaders français. Le leader c'est Martin et je n'ai pas envie d'être dans la confrontation avec mon frère. J'ai du mal à me trouver", rappelle-t-il.
Depuis son arrivée en Sibérie, Simon Fourcade a retrouvé cet esprit guerrier qui le caractérise: "Je me sens conquérant alors que j'ai subi la saison jusque là".
Partager un podium à Khanty Mansiysk avec son frère, l'un de leurs rêves communs, pourrait l'aider à se (re)trouver. Simon Fourcade, personnage très attachant, mériterait bien de connaitre à son tour une consécration, il le mérite. (avec AFP)
Photo : Nordic Focus
