C'est une image qui restera gravée dans les mémoires de ces Jeux olympiques de Milan-Cortina. Atle Lie McGrath, leader après la première manche du slalom, voit son rêve d'or s'envoler dès les premières portes du second tracé.
Dépité, le Norvégien balance ses skis de rage et disparaît. Le monde le cherche, mais le skieur, le cœur en miettes, s'est isolé de longues minutes, seul, au fond d'une forêt bordant la piste.
Aujourd'hui, il sort de son silence.
Le vertige du vide et la quête de sens
Comment survivre à une telle désillusion ? Dans un message d'une rare profondeur, loin des habituelles déclarations formatées, le Norvégien a fendu l'armure.
« J'ai passé la semaine dernière à réfléchir beaucoup à la raison pour laquelle j'ai choisi de vivre la vie que je mène.
Tous les sacrifices que je fais, le temps passé loin de mes proches et toute la pression qui va avec.
Est-ce pour gagner des courses ou des médailles ? Non. Je le fais parce que ça me fait ressentir quelque chose. »

Une philosophie signée South Park
Pour exprimer ce maelström d'émotions allant du chagrin à la fierté, Lie McGrath a utilisé une référence pour le moins inattendue, citant le personnage de Butters :
« Je suis triste, mais en même temps je suis vraiment heureux que quelque chose puisse me faire sentir aussi triste. Ça me fait me sentir humain.
La thérapie par l'arbre : un message universel
Bouleversé par la vague de soutien massif qu'il a reçue, l'athlète norvégien va mieux.
Son effondrement psychologique en mondovision a paradoxalement touché le grand public en plein cœur, rappelant que derrière les machines à médailles se cachent des jeunes hommes vulnérables.
En guise de conclusion, le slalomeur a glissé un précieux conseil à ceux qui traversent une épreuve :
« Souvenez-vous, c'est normal de marcher dans les bois et de s'asseoir sous un arbre de temps en temps. Ça m'a fait me sentir beaucoup mieux. »
Une leçon de vie, à défaut d'une médaille d'or.

