Comment expliquer que la France, nation sans la culture nordique viscérale de la Norvège ou de la Suède, écrase à ce point la planète biathlon, des Coupes du Monde à l'IBU Cup jusqu'aux Jeux Olympiques ?
Pour l'ancien biathlète Loïs Habert, la réponse est limpide : le staff tricolore a révolutionné son approche, laissant la concurrence bloquée dans le passé.
Et il balaie d'un revers de main toute suspicion malsaine : « Je mets ma main à couper qu'il n'y a aucun Français qui est dopé. »
Les rivaux bloqués dans la décennie précédente
Pour le consultant d'Eurosport, l'écart de niveau est avant tout méthodologique. Il a pu l'observer de ses propres yeux en accueillant des équipes étrangères dans son hôtel du Vercors.
« J'ai accueilli les Italiens et les Allemands, j'avais l'impression qu'ils s'entraînaient comme moi en 2012. Je me demande si on n’est pas, comme en vélo, dans un sport à deux étages.
Il y en a qui sont à la pointe de tout. Il y en a qui s'entraînent comme en 2012, à aligner des heures, à faire de la muscu.
Je pense que les Français sont ultra-bons sur la préparation physique, sur les méthodes d'entraînement, d'autres sont restées dans le siècle d'avant. »
Le miracle de la glisse : des fusées sous les pieds
L'autre facteur X, c'est évidemment le matériel. Loïs Habert n'en revient toujours pas de la transformation des techniciens tricolores.
Une supériorité qui a sauté aux yeux dès les premières courses olympiques.
«La différence, elle est énorme. Simon Fourcade me l'a confirmé.
Oui, ils avaient réellement un avantage sur la glisse, sur les neiges pas glacées où ça ne glissait pas beaucoup. »
La théorie des gains marginaux
L'analyse de Loïs Habert rappelle fortement la révolution du cyclisme britannique dans les années 2010.
Le biathlon français "gratte de partout" : nutrition, récupération, biomécanique, chimie des farts de glisse.
En accumulant tous ces micro-détails, la France a creusé un gouffre.
Les autres nations vont devoir se réinventer d'urgence si elles ne veulent pas jouer les figurantes pendant la prochaine décennie.