Le tennis avait fini par lui voler son plaisir. Tenailles dans le dos, incertitude permanente, peur de se réveiller diminué chaque matin. Stefanos Tsitsipas a passé plus d'une année à composer avec cette épreuve quotidienne.
À Madrid, ce lundi, il a aligné une troisième victoire consécutive sur le circuit ATP, sa première séquence du genre depuis plus de douze mois. En zone mixte, le Grec a parlé d'une chose simple : la joie retrouvée.
3e tour · Caja Mágica
Tsitsipas bat Daniel Mérida
Premier triplé hors compétition par équipes depuis avril 2025
La phrase qui résume sa nouvelle vie
Aujourd'hui, descendre sur le court me procure une grande joie. Il n'y a plus ce stress qui me faisait douter d'être assez en forme pour jouer. C'était une pensée qui me rongeait 24 heures sur 24, du matin au soir : je ne savais pas si j'allais me réveiller en sentant bien le lendemain. Stefanos Tsitsipas — zone mixte, Madrid
Le Grec n'enrobe pas. Le quotidien d'un joueur professionnel diminué, c'est l'incertitude permanente. Chaque réveil devient douloureux. Chaque entraînement, un test. Il a tenu douze mois dans cet état avant de retrouver la légèreté.
L'exemple Roland-Garros, pour mesurer le retour
Tsitsipas refuse de juger sa forme actuelle dans l'absolu. Il préfère se référer à un repère qu'il connaît bien : ses parcours Porte d'Auteuil, son jardin sur ocre.
Paris, c'est le tournoi sur terre le plus important du monde. J'ai revu mes matches d'il y a deux ou trois ans. J'étais vraiment content de ma manière de m'adapter à chaque adversaire. Quand j'avais affronté Alcaraz en quarts, j'avais bien joué : même en quarts, je sentais que le tennis était là. L'année où j'ai fait la finale, physiquement, j'étais un monstre. Je me souviens d'une sensation incroyable, et ça m'avait surpris parce que j'avais énormément travaillé pour y arriver. Stefanos Tsitsipas
Référence à sa finale Roland-Garros 2021, perdue face à Djokovic en cinq sets après avoir mené deux manches à zéro. Le pic physique de sa carrière. Et la grille de lecture qu'il utilise aujourd'hui pour mesurer son retour.
Le défi Ruud, l'une des affiches du jour
En 8e : Casper Ruud
Le Norvégien défend son titre madrilène acquis en 2025. Bilan H2H favorable à Tsitsipas, qui mène globalement leurs face-à-face directs. Mais Ruud arrive lancé, après avoir balayé Davidovich Fokina 6-3, 6-1 ce lundi. Tsitsipas annonce vouloir « le pousser dans ses limites ». Match prévu mardi soir.
Casper se sent très bien, ce tournoi lui plaît. L'important, ce sera de bien me préparer et de bien m'entraîner pour me trouver prêt pour un grand match comme celui-là. C'est un joueur formidable et il sait jouer sur cette surface, qui reste l'une de mes préférées. J'ai hâte de descendre sur le court, de bien jouer et de le pousser dans ses limites. Stefanos Tsitsipas
Son verdict sur Rafael Jodar : « hybride Zverev-Alcaraz »
Sur le phénomène Jodar, qui circule cette semaine partout dans Madrid, Tsitsipas pose un diagnostic technique précis.
Rafa est un grand talent, je le suis depuis un moment. Son style est un peu différent de celui d'Alcaraz, il est plus grand. Disons qu'il me rappelle un hybride entre Zverev et Carlos. Il a un excellent service. Stefanos Tsitsipas sur Rafael Jodar
Le clin d'œil à la cellule familiale
Détail révélateur, Tsitsipas a noté qui se trouvait dans le box de Jodar pendant le match contre Fonseca. Une seule personne : son père, comme lui qui a passé tellement de temps avec "Apostolos"
J'ai vu que dans son box, il n'y avait que son père. Sincèrement, ça m'a beaucoup plu. Ça montre beaucoup d'humilité. Faire les choses simples est parfois la meilleure approche. Personnellement, je ne suis pas favorable à un box trop fourni : seules quelques personnes te transmettent quelque chose d'important pendant le match. Le rôle du préparateur physique, c'est de te faire sentir bien. Le rôle du kiné, c'est de t'aider à récupérer. Mais le rôle le plus important sur le court, c'est celui de l'entraîneur. Moi, j'aime la synergie père-fils. Stefanos Tsitsipas